LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2121260

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2121260

mardi 13 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2121260
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6e Section - 2e Chambre
Avocat requérantDE KERSAUSON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête et des mémoires, enregistrés sous le no 2121260, les 6 octobre 2021, 9 novembre 2021, 2 juin 2022, 26 septembre 2022 et 20 décembre 2022, M. A B, représenté par Me de Kersauson, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 6 août 2021 de la secrétaire générale de l'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) en tant, d'une part, qu'elle s'est considérée être son autorité hiérarchique au sens du III de l'article 25 octies de la loi n° 83-634 du 12 juillet 1983 modifiée portant droits et obligations des fonctionnaires et, d'autre part, lui a imposé des réserves non justifiées et disproportionnées, ensemble la décision du 23 août 2021 rejetant son recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- sa requête est recevable ;

- les décisions attaquées sont entachées de l'incompétence de leur auteur ;

- les décisions attaquées sont entachées d'une erreur de droit et d'un détournement de procédure, en premier lieu, dès lors qu'elles sont fondées sur un motif non prévu par les textes, en second lieu, dès lors que l'INSEE s'est cru lié par l'avis du déontologue des ministères financiers ;

- les décisions attaquées sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation dès lors que les réserves qu'elles énoncent sont disproportionnées au regard des risques de conflit d'intérêts qu'elles ont pour objet de prévenir.

Par deux mémoires en défense, enregistré les 1er septembre et 5 décembre 2022, le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- à titre principal, la requête est irrecevable dès lors qu'en premier lieu, le requérant n'a pas intérêt à agir contre les décisions attaquées dès lors que celles-ci lui sont favorables et ne lui font pas grief, et, en second lieu, que les dispositions de la décision du 6 août 2021 forment un ensemble indivisible dont une annulation partielle ne peut être poursuivie ;

- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Vu l'ordonnance du 28 mars 2023 fixant la clôture de l'instruction au 12 avril 2023.

Vu la note en délibéré présentée par M. B enregistrée au tribunal le 31 mai 2023.

II. Par une ordonnance du 10 novembre 2021, enregistrée le 10 novembre 2021 au greffe du tribunal administratif de Paris sous le no 2124062, le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a transmis au tribunal de Paris la requête présentée par M. A B.

Par cette requête, enregistrée le 5 octobre 2021 au greffe du tribunal administratif de Cergy-Pontoise, M. A B, représenté par Me de Kersauson, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 6 août 2021 de la secrétaire générale de l'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) en tant, d'une part, qu'elle s'est considérée être son autorité hiérarchique au sens du III de l'article 25 octies de la loi n° 83-634 du 12 juillet 1983 modifiée portant droits et obligations des fonctionnaires et, d'autre part, lui a imposé des réserves non justifiées et disproportionnées, ensemble la décision du 23 août 2021 rejetant son recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- les décisions attaquées sont entachées de l'incompétence de leur auteur ;

- les décisions attaquées sont entachées d'une erreur de droit, en premier lieu, dès lors qu'elles sont fondées sur un motif non prévu par les textes, en second lieu, dès lors que l'INSEE s'est cru lié par l'avis du déontologue des ministères financiers ;

- les décisions attaquées sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation dès lors que les réserves qu'elles énoncent sont disproportionnées au regard des risques de conflit d'intérêts qu'elles ont pour objet de prévenir.

Par un mémoire en défense, enregistré le 1er septembre 2022, le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- à titre principal, la requête est irrecevable dès lors qu'en premier lieu, le requérant n'a pas intérêt à agir contre la décision attaquée dès lors que celle-ci lui est favorable et ne lui fait pas grief, et, en second lieu, les dispositions de la décision du 6 août 2021 forment un ensemble indivisible dont une annulation partielle ne peut être poursuivie ;

- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 28 mars 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 12 avril 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983,

- le décret n° 85-986 du 16 septembre 1985,

- le décret n° 2020-69 du 30 janvier 2020,

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Laloye,

- les conclusions de M. Guérin-Lebacq, rapporteur public,

- et les observations de Me de Kersauson, représentant M. B.

Considérant ce qui suit :

1. La requête enregistrée au greffe du tribunal administratif de Paris le 11 novembre 2021 sous le n° 2124062 constitue un doublon de l'affaires n° 2121260, enregistrées au greffe du tribunal administratif de Paris le 6 octobre 2021. En conséquence, il y a lieu de procéder à la radiation de la requête n° 2124062 des registres du greffe du tribunal administratif de Paris.

2. M. B, administrateur de l'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) depuis le 1er juillet 2008, a été placé en position de détachement à l'Autorité de la concurrence et y a exercé en dernier lieu les fonctions d'adjoint au chef du service économique du 1er janvier 2016 au 31 août 2021. Il a saisi, par courrier du 7 juin 2021, la présidente de l'Autorité de la concurrence d'une demande d'autorisation d'exercice d'une activité privée. Par courrier du même jour, M. B a présenté une demande, auprès de l' INSEE, de réintégration anticipée, pour ordre, dans la perspective d'un départ dans une entreprise privée à partir du 1er septembre 2021 et une demande de mise en disponibilité pour convenances personnelles à compter de cette même date. Par décision du 6 juillet 2021, la présidente de l'Autorité de la concurrence a autorisé M. B à exercer l'activité envisagée de directeur en charge du suivi des dossiers concurrence au sein de la société Mapp, sous réserve qu'il s'abstienne de faire état de toute information non-publique connue dans le cadre des fonctions (sans limite de durée), d'intervenir dans les dossiers connus dans le cadre des fonctions jusqu'au 1er septembre 2024, de rechercher des informations non-publiques auprès de l'Autorité jusqu'au 1er septembre 2024, de contacter, dans le cadre professionnel et à son initiative, les agents de l'Autorité qui étaient sous son autorité hiérarchique lorsqu'il exerçait les fonctions d'adjoint au chef économiste, jusqu'au 1er septembre 2024. A la demande du directeur général de l'INSEE et de la secrétaire générale du ministère de l'économie, des finances et de la relance, le référent déontologue ministériel a rendu un avis, le 28 juillet 2021, selon lequel les fonctions étaient compatibles sous la condition de s'abstenir de toute action sur des dossiers visés dans ses motifs pendant trois ans, de s'abstenir à son initiative de tout contact professionnel avec l'Autorité et ses services jusqu'au 31 août 2024, et de s'abstenir de faire état d'informations non-publiques dont il aurait eu à connaître durant ses fonctions à l'Autorité de la concurrence ou de rechercher de telles informations auprès de l'Autorité et de ses services. Par décision du 6 août 2021, la secrétaire générale de l'INSEE a accepté la demande de disponibilité de M. B, avec les réserves de s'abstenir de faire état de toute information non-publique connue dans le cadre de ses fonctions (sans limite de durée), s'abstenir d'intervenir dans les dossiers connus dans le cadre de ses fonctions, jusqu'au terme du délai de trois ans à dater du dernier acte de sa part ou, à défaut, de la décision de l'Autorité de la concurrence sur ces dossiers, de s'abstenir de rechercher des informations non-publiques auprès de l'Autorité jusqu'au 1er septembre 2024, de s'abstenir de tout contact professionnel avec l'Autorité de la concurrence et de ses services jusqu'au 1er septembre 2024, sans empêcher l'Autorité de rechercher son contact au cas où elle l'estimerait nécessaire. Par courriel du 9 août 2021, M. B a présenté un recours administratif gracieux contre cette décision. Par décision du 23 août 2021, ce recours a été rejeté. M. B a saisi le juge des référés du tribunal d'une demande de suspension de ces deux décisions. Par ordonnance du 19 octobre 2021, le juge des référés du tribunal a rejeté sa requête au motif qu'aucun des moyens qu'il soulevait n'était de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de ces décisions. Par la présente requête, M. B doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 6 août 2021 par laquelle la secrétaire générale de l'INSEE a autorisé l'exercice de l'activité privée envisagée en tant, d'une part, qu'elle s'est considérée être son autorité hiérarchique au sens du III de l'article 25 octies de la loi n° 83-634 du 12 juillet 1983 modifiée portant droits et obligations des fonctionnaires et, d'autre part, lui a imposé des réserves non justifiées et disproportionnées, ensemble la décision du 23 août 2021 rejetant son recours gracieux.

3. Aux termes du III de l'article 25 octies de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, dans sa rédaction applicable au litige : " III. - Le fonctionnaire cessant définitivement ou temporairement ses fonctions saisit à titre préalable l'autorité hiérarchique dont il relève afin d'apprécier la compatibilité de toute activité lucrative, salariée ou non, dans une entreprise privée ou un organisme de droit privé ou de toute activité libérale avec les fonctions exercées au cours des trois années précédant le début de cette activité. / Pour l'application du premier alinéa du présent III, est assimilé à une entreprise privée tout organisme ou toute entreprise exerçant son activité dans un secteur concurrentiel conformément aux règles du droit privé. / Lorsque l'autorité hiérarchique a un doute sérieux sur la compatibilité de l'activité envisagée avec les fonctions exercées par le fonctionnaire au cours des trois années précédant le début de cette activité, elle saisit pour avis, préalablement à sa décision, le référent déontologue. Lorsque l'avis de ce dernier ne permet pas de lever ce doute, l'autorité hiérarchique saisit la Haute Autorité. ". Aux termes de l'article 24 du décret du 30 janvier 2020 : " Lorsque la demande d'autorisation d'exercice d'une activité privée émane d'un agent occupant un emploi n'entrant pas dans le champ de l'article 2, l'autorité hiérarchique examine si cette activité risque de compromettre ou de mettre en cause le fonctionnement normal, l'indépendance ou la neutralité du service, de méconnaître tout principe déontologique mentionné au chapitre IV de la loi du 13 juillet 1983 susvisée ou de placer l'intéressé dans la situation de commettre l'infraction prévue à l'article 432-13 du code pénal. / L'agent fournit toutes les informations utiles sur le projet d'activité envisagée. Lorsque l'autorité compétente estime ne pas disposer de toutes les informations lui permettant de statuer, elle invite l'intéressé à compléter sa demande dans un délai maximum de quinze jours à compter de la réception de celle-ci. / La décision de l'autorité dont relève l'agent peut comporter des réserves visant à assurer le respect des obligations déontologiques mentionnées au premier alinéa et le fonctionnement normal du service. ".

4. Les décisions attaquées autorisant l'exercice d'une activité privée sous réserves sont indivisibles dès lors que l'autorisation d'exercice de l'activité privée n'est accordée que sous la condition nécessaire et suffisante des réserves émises. Le requérant confirme expressément en réplique qu'il souhaite la seule annulation de ces réserves imposées pour l'exercice d'une activité privée dans le cadre de sa disponibilité. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en défense doit être accueillie.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B ne peut qu'être rejetée, y compris par voie de conséquence en ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête enregistrée sous le no 2124062 est radiée des registres du greffe du tribunal administratif de Paris.

Article 2 : La requête de M. B enregistrée sous le n° 2121260 est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique et au directeur général de l'Institut national de la statistique et des études économiques.

Délibéré après l'audience du 30 mai 2023, à laquelle siégeaient :

M. Laloye, président,

Mme Pestka, première conseillère,

M. Théoleyre, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juin 2023.

Le président-rapporteur,

P. Laloye

L'assesseure la plus ancienne,

M. PestkaLa greffière,

K. Bak-Piot

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Nos 2121260/6-2 et 2124062/6-

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions