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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2125390

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2125390

mardi 15 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2125390
TypeOrdonnance
Avocat requérantSCHINAZI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 29 novembre 2021, Mme A B, représentée par Me Schinazi, doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôts sur les revenus et prélèvements sociaux, en droits et pénalités, auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2010, 2013 et 2014 ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 6 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les impositions contestées ne sont pas fondées et que l'administration a méconnu le principe du respect des droits de la défense.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 mars 2022, le directeur de la direction nationale des vérifications de situations fiscales conclut au rejet de la requête en faisant valoir, à titre principal, qu'elle est irrecevable et, à titre subsidiaire, qu'elle n'est pas fondée.

Il fait notamment valoir que la requérante n'a formulé aucune réclamation préalable auprès de l'administration fiscale.

Par une lettre en date du 18 septembre 2024, dont le conseil de la requérante a accusé réception le même jour, le tribunal a mis en demeure Mme B, en application des dispositions combinées des articles R. 412-1 du code de justice administrative et R. 200-1 du livre des procédures fiscales, de régulariser sa requête en produisant la décision de l'administration des impôts statuant sur la réclamation qu'elle avait dû lui présenter, conformément à l'article R. 190-1 du livre des procédures fiscales, ou, en l'absence de réponse de sa part, la copie de sa réclamation et de la pièce justifiant de la date du dépôt de cette demande auprès de l'administration.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; ".

2. L'article R. 190-1 du livre des procédures fiscales dispose que : " Le contribuable qui désire contester tout ou partie d'un impôt qui le concerne doit d'abord adresser une réclamation au service territorial, selon le cas, de la direction générale des finances publiques ou de la direction générale des douanes et droits indirects dont dépend le lieu de l'imposition ". L'article L. 199 du même livre prévoit que : " () les décisions rendues par l'administration sur les réclamations contentieuses et qui ne donnent pas entière satisfaction aux intéressés peuvent être portées devant le tribunal administratif () ". Il résulte de ces dispositions que le tribunal administratif ne peut être saisi que si une réclamation contentieuse, préalable obligatoire à la saisine du juge, a été adressée au service des impôts.

3. En l'espèce, Mme B demande la décharge des cotisations supplémentaires d'impôts sur les revenus et prélèvements sociaux, en droits et pénalités, auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2010, 2013 et 2014. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction, ainsi que le soutient d'ailleurs l'administration en défense, que sa requête ait été précédée d'une réclamation préalable, au sens des dispositions de l'article R. 190-1 du livre des procédures fiscales, auprès du service des impôts, dès lors que la lettre en date du 21 septembre 2021, de son conseil, adressé à la direction nationale des vérifications de situations fiscales, est antérieure à la date de mise en recouvrement des rehaussements d'impôts contestés, le 31 octobre 2021. Par suite, cette requête, qui ne peut être régularisée, est manifestement irrecevable et doit être rejetée en application des dispositions précitées.

O R D O N N E:

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C B et au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie.

Fait à Paris, le 15 octobre 2024.

Le président de la 1ère section,

J.C. TRUILHÉ

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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