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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2125446

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2125446

vendredi 10 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2125446
TypeOrdonnance
PublicationC
Avocat requérantBORDESSOULE DE BELLEFEUILLE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I- Par une requête et des mémoires enregistrés les 29 novembre 2021, 22 avril 2022 et 7 juin 2023, M. A B, représenté par Me Bordessoule de Bellefeuille, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 21 octobre 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a rejeté son recours administratif préalable obligatoire formé devant la commission des recours militaires contre l'arrêté du 2 décembre 2020 portant inscription au tableau d'avancement au titre de l'année 2021 du personnel sous-officier de gendarmerie du cadre général de la gendarmerie pour la zone de défense et de sécurité ;

2°) d'enjoindre à l'autorité compétente de procéder à son inscription au tableau d'avancement au titre de l'année 2021 du personnel sous-officier de gendarmerie du cadre général de la gendarmerie pour la zone de défense et de sécurité de Paris, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours, sous la même astreinte ;

3) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 400 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense enregistré le 10 mai 2023, le ministre de l'intérieur et de l'outre-mer conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir à titre principal que le tribunal administratif de Paris n'est pas territorialement compétent dès lors que la décision attaquée, qui porte sur un tableau d'avancement, a été prise par le général de corps d'armée commandant la région de gendarmerie d'Ile-de-France et la gendarmerie pour la zone de défense et de sécurité de Paris ayant son siège à Maisons-Alfort dans le Val-de-Marne.

II- Par une requête enregistrée le 15 juin 2021, A B, représenté par Me Bordessoule de Bellefeuille, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a rejeté son recours administratif préalable obligatoire formé devant la commission des recours militaires contre l'arrêté du 2 décembre 2020 portant inscription au tableau d'avancement au titre de l'année 2021 du personnel sous-officier de gendarmerie du cadre général de la gendarmerie pour la zone de défense et de sécurité ;

2°) d'enjoindre à l'autorité compétente de procéder à son inscription au tableau d'avancement au titre de l'année 2021 du personnel sous-officier de gendarmerie du cadre général de la gendarmerie pour la zone de défense et de sécurité de Paris, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours, sous la même astreinte ;

3) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 400 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense enregistré le 10 mai 2023, le ministre de l'intérieur et de l'outre-mer conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir à titre principal que le tribunal administratif de Paris n'est pas territorialement compétent dès lors que la décision attaquée qui porte sur un tableau d'avancement a été prise par le général de corps d'armée commandant la région de gendarmerie d'Ile-de-France et la gendarmerie pour la zone de défense et de sécurité de Paris ayant son siège à Maisons-Alfort dans le Val-de-Marne.

Vu les pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Les requêtes n°s 2125446 et 2112753, présentées par un même requérant, M. B, ont fait l'objet d'une instruction commune et présentent à juger des questions semblables. Par suite, il y a lieu de les joindre pour les transmettre au tribunal compétent par une seule et même ordonnance.

2. Aux termes de l'article R. 351-3 du code de justice administrative : " Lorsqu'une cour administrative d'appel ou un tribunal administratif est saisi de conclusions qu'il estime relever de la compétence d'une juridiction administrative autre que le Conseil d'Etat, son président, ou le magistrat qu'il délègue, transmet sans délai le dossier à la juridiction qu'il estime compétente. () ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 312-1 du même code : " Lorsqu'il n'en est pas disposé autrement par les dispositions de la section 2 du présent chapitre ou par un texte spécial, le tribunal administratif territorialement compétent est celui dans le ressort duquel a légalement son siège l'autorité qui, soit en vertu de son pouvoir propre, soit par délégation, a pris la décision attaquée () ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 312-12 du même code : " Tous les litiges d'ordre individuel, y compris notamment ceux relatifs aux questions pécuniaires, intéressant les fonctionnaires ou agents de l'Etat et des autres personnes ou collectivités publiques, ainsi que les agents ou employés de la Banque de France, relèvent du tribunal administratif dans le ressort duquel se trouve le lieu d'affectation du fonctionnaire ou agent que la décision attaquée concerne. / () / Si cette décision a un caractère collectif (tels notamment les tableaux d'avancement, les listes d'aptitude, les procès-verbaux de jurys d'examens ou de concours, les nominations, promotions ou mutations présentant entre elles un lien de connexité) et si elle concerne des agents affectés ou des emplois situés dans le ressort de plusieurs tribunaux administratifs, l'affaire relève de la compétence du tribunal administratif dans le ressort duquel siège l'auteur de la décision attaquée.". Aux termes de l'article R. 221-3 du même code : " Le siège et le ressort des tribunaux administratifs sont fixés comme suit : / () /Melun : Seine-et-Marne, Val-de-Marne ; / () ".

3. Par les présentes requêtes, M. B demande notamment au tribunal l'annulation de l'arrêté du 2 décembre 2020 portant inscription au tableau d'avancement au titre de l'année 2021 du personnel sous-officier de gendarmerie du cadre général de la gendarmerie pour la zone de défense et de sécurité. Il ressort des pièces du dossier que cet arrêté a un caractère collectif et a été signé par le général de corps d'armée commandant de la région de gendarmerie d'Ile-de-France et la gendarmerie pour la zone de défense et de sécurité de Paris, laquelle a son siège à Maisons-Alfort dans le Val-de-Marne. Il suit de là que, ainsi que fait valoir en défense le ministre de l'intérieur et des outre-mer et en application des dispositions précitées de l'article R. 312-12 du code de justice administrative, que le tribunal administratif de Paris n'est pas territorialement compétent pour connaître de ces deux requêtes. Dès lors, il y a lieu, en application des dispositions précitées de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, de transmettre les dossiers des requêtes de M. B au tribunal administratif de Melun.

O R D O N N E:

Article 1er : Les dossiers des requêtes n°s 2125446 et n° 2112753 de M. B sont transmis au tribunal administratif de Melun.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au président du tribunal administratif de Melun, à M. A B, au ministre des armées et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Fait à Paris, le 10 novembre 2023.

La vice-présidente de la 5ème section

S. AUBERT

La République mande et ordonne au ministre des armées et au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.-2112753

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