jeudi 1 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2127343 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | IVANOVIC FAUVEAU |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête et un mémoire, enregistrés sous le n° 2127343 le 20 décembre 2021 et le 17 janvier 2022, M. B A, représenté par Me Fauveau Ivanovic, demande au tribunal :
1°) de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler la décision du 20 octobre 2021 du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) portant cessation des conditions matérielles d'accueil ;
3°) d'enjoindre au directeur général de l'OFII de le rétablir dans son droit aux conditions matérielles d'accueil et de lui verser l'allocation de demandeur d'asile à titre rétroactif dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'OFII la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que ce dernier renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Il soutient que :
- la décision attaquée n'est pas suffisamment motivée ;
- elle est entachée de vices de procédure dès lors, d'une part, que l'intéressé n'a pas été informé dans une langue qu'il comprend de ses droits et obligations et, d'autre part, qu'il n'a pas fait l'objet d'un examen préalable de sa situation de vulnérabilité ;
- elle traduit un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard de sa vulnérabilité ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation et d'une erreur de fait dès lors qu'il a répondu à toutes les convocations des autorités chargées de l'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 mai 2023, l'OFII conclut au non-lieu à statuer sur la requête.
Il fait valoir que les conditions matérielles d'accueil du requérant ont été rétablies.
L'instruction a été rouverte le 12 mai 2023.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 8 février 2022.
II. Par une requête, enregistrée sous le n° 2208919 le 18 avril 2022, M. B A, représenté par Me Sangue, demande au tribunal :
1°) de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler la décision du 14 mars 2022 du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) portant refus de rétablissement des conditions matérielles d'accueil ;
3°) d'enjoindre au directeur général de l'OFII de le rétablir dans son droit aux conditions matérielles d'accueil ;
4°) de mettre à la charge de l'OFII la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que ce dernier renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors qu'il n'avait pas été déclaré en fuite dans le cadre de l'exécution de l'arrêté de transfert qui le visait ;
- elle traduit un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 mai 2023, l'OFII conclut au non-lieu à statuer sur la requête.
Il fait valoir que les conditions matérielles d'accueil du requérant ont été rétablies.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 27 juin 2022.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rezard, rapporteur,
- les conclusions de Mme Privet, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Le 31 mars 2021, M. A, ressortissant afghan né le 16 octobre 1996, a déposé une demande d'asile auprès de la préfecture de police. Le même jour, il a accepté le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par un arrêté du 28 mai 2021, le préfet de police a décidé son transfert aux autorités roumaines en vue de l'examen de sa demande d'asile. Par décision du 20 octobre 2021, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a cessé de le faire bénéficier des conditions matérielles d'accueil. M. A a sollicité leur rétablissement. Par décision du 14 mars 2022, le directeur général de l'OFII a rejeté cette demande. M. A demande l'annulation de ces deux décisions.
Sur la jonction :
2. Les requêtes n° 2127343 et n° 2208919 visées ci-dessus présentent à juger des questions connexes. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
3. M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale dans les deux instances par décisions du 8 février 2022 et du 27 juin 2022. Il n'y a pas lieu, par suite, de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
4. Il ressort des pièces du dossier que le 10 mai 2022 le directeur général de l'OFII a rétabli les conditions matérielles d'accueil au bénéfice de M. A, de manière rétroactive depuis le 20 octobre 2021, date à laquelle il les avait suspendues, en lui versant une somme de 3 095,60 euros correspondant à la régularisation du versement de l'allocation pour demandeur d'asile au titre de la période écoulée depuis cette date. Il ressort également des pièces du dossier que le requérant a bénéficié mensuellement de l'allocation pour demandeur d'asile à compter du mois de mai 2022 et jusqu'à la notification de la décision du 16 juin 2022 du directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) lui ayant reconnu la qualité de réfugié. Ainsi, la décision du 10 mai 2022 doit être regardée comme ayant retiré les décisions attaquées des 20 octobre 2021 et 14 mars 2022 par lesquelles le directeur général de l'OFII avait respectivement décidé la cessation des conditions matérielles d'accueil de M. A et refusé leur rétablissement. Il est constant que la décision du 10 mai 2022 est devenue définitive. Dans ces conditions, il n'y a plus lieu de se prononcer sur les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. A contre les décisions des 20 octobre 2021 et 14 mars 2022.
Sur les frais liés à l'instance :
5. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'OFII la somme de 1 000 euros à verser à Me Fauveau Ivanovic et la somme de 1 000 euros à verser à Me Sangue, sous réserve qu'ils renoncent à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu d'admettre M. A, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les requêtes n° 2127343 et n° 2208919 de M. A.
Article 3 : L'OFII versera à Me Fauveau Ivanovic la somme de 1 000 euros sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 4 : L'OFII versera à Me Sangue la somme de 1 000 euros sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration, à Me Fauveau Ivanovic et à Me Sangue.
Copie en sera adressée au bureau de l'aide juridictionnelle.
Délibéré après l'audience du 17 mai 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Amat, présidente,
M. Rezard, premier conseiller,
Mme Guglielmetti, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er juin 2023.
Le rapporteur,
A. Rezard
La présidente,
N. Amat
La greffière,
P. Tardy-Panit
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
2-2208919
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026