jeudi 16 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2127778 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | MEKARBECH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 décembre 2021, M. E C, représenté par Me Mekarbech, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 8 octobre 2019 par laquelle la directrice générale de l'office national des anciens combattants et victime de guerre (ONACVG) à refuser de lui reconnaître la qualité de combattant ;
2°) d'enjoindre à la directrice générale de l'ONACVG, à titre principal, de lui délivrer la carte de combattant avec versement rétroactif de ses droits et, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa demande, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'office national des anciens combattants et victimes de guerre le versement à Me Mekarbech d'une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve pour celui-ci de renoncer à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle, en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- sa requête est recevable dès lors que le délai de recours a été interrompu par une demande d'aide juridictionnelle et que la décision du bureau d'aide juridictionnelle ne lui a pas été notifiée régulièrement, de sorte que le délai de recours contentieux à commencer à courir à compter de la date de la notification de la décision auprès de son avocat, soit le 22 octobre 2021 au plus tôt ;
- la décision attaquée est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- elle est entachée d'une erreur de fait.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 janvier 2022, la directrice générale de l'office national des anciens combattants et victimes de guerre conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. A C ne sont pas fondés.
M. A C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 6 octobre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991,
- l'arrêté du 14 décembre 1976 relatif à l'application de l'article R. 227, dernier alinéa, du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre,
- l'arrêté du 30 mars 1994 portant approbation de la délibération du 23 mars 1994 de la commission d'experts auprès du ministre des anciens combattants et victimes de guerre instituée par la loi no 74-1044 du 9 décembre 1974,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Peny,
- et les conclusions de M. Abrahami, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. D A C, né le 8 décembre 1940 à Tipaza en Algérie, a demandé le 3 juin 2019, au service des anciens combattants et victimes de guerre près l'ambassade de France en Algérie, la reconnaissance de la qualité d'ancien combattant. L'office français des anciens combattants et victimes de guerre (ONACVG) a rejeté sa demande par une décision du 8 octobre 2019 dont M. A C demande l'annulation.
2. En premier lieu, si le requérant soutient que la décision est insuffisamment motivée, il ressort des termes mêmes de la décision que celle-ci comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et est donc suffisamment motivée. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision de l'ONACVG doit être écarté.
3. En second lieu, aux termes de l'article L. 311-1 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre : " Ont vocation à la qualité de combattant les militaires des armées françaises qui ont participé à la guerre 1939-1945, aux guerres d'Indochine et de Corée, à la guerre d'Algérie et aux combats en Tunisie et au Maroc, les membres des forces supplétives françaises, les personnes civiles qui, en vertu des décisions des autorités françaises, ont participé aux opérations au sein d'unités françaises, ainsi que les Français ayant pris une part effective aux combats aux côtés de l'armée républicaine espagnole durant la guerre civile. / La reconnaissance de la qualité de combattant dans les conditions prévues par le présent chapitre donne lieu à l'attribution de la carte du combattant. ". L'article R. 311-9 du même code dispose que : " I. - Sont considérés comme combattants les militaires des armées françaises, les personnes civiles qui, en vertu des décisions des autorités françaises, ont participé aux opérations au sein d'unités françaises et les membres des forces supplétives françaises mentionnés au II qui ont participé aux opérations effectuées en Afrique du Nord jusqu'au 2 juillet 1962 inclus : () 3 En Algérie, à compter du 31 octobre 1954. / II. - Sont considérées comme combattants au sens du I les personnes : / 1° Qui ont appartenu pendant trois mois, consécutifs ou non, à une unité combattante ou à une des formations supplétives énumérées par décret et assimilées à une unité combattante ; / 2 Qui ont appartenu à une unité ayant connu, pendant leur temps de présence, neuf actions de feu ou de combat ; / 3 Qui ont pris part à cinq actions de feu ou de combat ; / 4° Qui ont été évacuées pour blessure reçue ou maladie contractée en service, alors qu'elles appartenaient à une unité combattante ou à une formation assimilée sans condition de durée de séjour dans cette unité ou formation ; / 5 Qui ont reçu une blessure assimilée à une blessure de guerre quelle que soit l'unité ou la formation à laquelle elles ont appartenu, sans condition de durée de séjour dans cette unité ou formation ; / 6 Qui ont été détenues par l'adversaire et privées de la protection des conventions de Genève. ". L'article R. 311-13 du même code prévoit que : " Une durée des services d'au moins quatre mois dans l'un ou l'autre des pays mentionnés au I de l'article R. 311-9 est reconnue équivalente à la participation aux actions de feu ou de combat exigée au 2 du II du même article, y compris lorsque ces services se sont poursuivis au-delà du 2 juillet 1962 dès lors qu'ils n'ont connu aucune interruption. ". En vertu de l'article R. 311-17 de ce code : " Peuvent également prétendre à la carte du combattant les personnes qui ont fait l'objet d'une citation individuelle avec croix, délivrée au titre de l'une des opérations mentionnées aux articles R. 311-1 à R. 311-14. / Cette citation doit avoir été homologuée si elle a été obtenue au titre de la guerre de 1939-1945. " Par ailleurs, par équivalence aux actions de feu ou de combat, les arrêtés du 14 décembre 1976, du 9 avril 1980 et du 22 août 1983 fixent les conditions dans lesquelles les personnes obtenant un nombre de points au moins égal à trente, attribués selon leurs mérites et leur parcours militaire, peuvent obtenir la carte du combattant. L'arrêté du 30 mars 1994 permet à ce titre d'attribuer aux personnels militaires et civils ayant stationné en Afrique du Nord jusqu'au 2 juillet 1962 un quota de quatre points par trimestre de présence effective sur ces territoires, avec un maximum de vingt points.
4. Il ressort des pièces du dossier, notamment de l'extrait des services établi le 11 janvier 2022 par le centre des archives du personnel militaire (CAPM), que M. A C a servi en qualité d'appelé du contingent, du 16 mai 1961 au 27 mai 1961, au centre de sélection n°10 en Algérie, puis en France métropolitaine, du 28 mai 1961 au 25 juin 1962, au centre d'instruction du train n°153 et au centre de sélection n°1, et enfin, du 26 juin 1962 au 30 juillet 1962, en permission libérable sur le territoire algérien. Le centre de sélection numéro 10 ne figure pas sur la liste des unités combattantes établie par les autorités militaires. Par suite, le requérant ne peut justifier d'aucun jour de service en unité combattante. En outre, ses services en France métropolitaine ont été effectués sur un territoire hors conflit et il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il aurait été blessé en conflit ou serait titulaire d'une citation homologuée au sens de l'article R. 311-17 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre. Enfin, s'il peut bénéficier, en vertu des arrêtés susvisés du 14 décembre 1976 et du 30 mars 1994, de huit points sur les trente requis pour obtenir la carte de combattant, correspondant à un quota de quatre points par trimestre passés en service en Algérie, ces points sont insuffisants pour lui ouvrir droit à la reconnaissance de la qualité de combattant. Par suite, M. A C n'est pas fondé à soutenir que l'office national des anciens combattants et victimes de guerre, en refusant de lui reconnaître la qualité de combattant, aurait entaché sa décision d'une erreur de fait.
5. Il résulte de tout ce qui précède que M. A C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 8 octobre 2019 par laquelle la directrice générale de l'office national des anciens combattants et victimes de guerre a refusé de lui reconnaître la qualité de combattant. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter ses conclusions à fin d'annulation et d'injonction, ainsi que celles présentées sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de El C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A C et à la directrice générale de l'Office national des anciens combattants et victime de guerre.
Délibéré après l'audience du 2 février 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Versol, présidente,
M. Doan, premier conseiller,
M. Pény, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 février 2023.
Le rapporteur,
A. Pény
La présidente,
F. Versol La greffière,
A. Cardon
La république mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/6-3
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026