jeudi 21 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2128285 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 2e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET MOCK, FREDERIC ASSOCIES (SELARL) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 décembre 2021, le syndicat Convergence sécurité municipale, représenté par Me Frédéric, demande au tribunal :
1°) d'annuler la note de la maire de Paris du 19 décembre 2019 portant " Modalités de récupération, de rémunération et de gestion des jours fériés ", ensemble la décision implicite de rejet née le 28 février 2021 du silence gardé par l'administration sur le recours gracieux exercé le 29 décembre 2020 ;
2°) de mettre à la charge de la maire de Paris une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le syndicat Convergence sécurité municipale soutient que la décision attaquée est entachée d'erreur de droit.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 septembre 2022, la maire de Paris conclut au rejet de la requête comme irrecevable pour tardiveté, subsidiairement au non-lieu à statuer et, subsidiairement, au rejet au fond.
Elle fait valoir que :
- le recours gracieux a été exercé plus d'un an après la date de la note contestée, et que ce recours a été implicitement rejeté le 1er mars 2021, la requête ayant été enregistrée le 29 décembre 2021 ;
- la note attaquée a été annulée par une note du 11 janvier 2022 ;
- le moyen soulevé par le syndicat Convergence sécurité municipale n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires,
- le décret n° 2005-542 du 19 mai 2005 relatif aux modalités de la rémunération ou de la compensation des astreintes et des permanences dans la fonction publique territoriale,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Coz,
- et les conclusions de Mme Belkacem, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Le syndicat Convergence sécurité municipale a demandé, par courriel du 29 décembre 2020, l'annulation de la note de la Ville de Paris du 19 décembre 2019 portant " Modalités de récupération, de rémunération et de gestion des jours fériés ", en tant qu'elle ne prévoit pas la rémunération des astreintes non effectuées par les inspecteurs de sécurité de la Ville de Paris en congé de maladie. Il demande au tribunal l'annulation de cette décision, ensemble celle du rejet implicite de son recours gracieux.
Sur le non-lieu à statuer :
2. Si la décision du 11 janvier 2022 portant règles de gestion relatives au temps de travail à la direction de la police municipale et de la protection " annule et remplace " les notes de service précédentes, dont celle du 19 décembre 2019, il ressort des termes mêmes de cette décision qu'elle procède en réalité à une abrogation pour l'avenir de ces notes antérieures, dont il n'est pas soutenu qu'elles n'auraient pas reçu exécution. Par suite il y a lieu de statuer.
Sur les conclusions à fin d'annulation, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
3. Aux termes l'article 2 du décret n° 2005-542 : " Une période d'astreinte s'entend comme une période pendant laquelle l'agent, sans être à la disposition permanente et immédiate de son employeur, a l'obligation de demeurer à son domicile ou à proximité afin d'être en mesure d'intervenir pour effectuer un travail au service de l'administration, la durée de cette intervention étant considérée comme un temps de travail effectif ainsi que, le cas échéant, le déplacement aller et retour sur le lieu de travail. / La permanence correspond à l'obligation faite à un agent de se trouver sur son lieu de travail habituel, ou un lieu désigné par son chef de service, pour nécessité de service, un samedi, un dimanche ou lors d'un jour férié ".
4. Par la note du 19 décembre 2019, le directeur de la prévention, de la sécurité et de la protection de la Ville de Paris a explicité les droits à récupération et rémunération des jours fériés travaillés des agents. Il en ressort que les inspecteurs de sécurité de la Ville de Paris sont astreints à travailler 13 week-ends et/ou jours fériés annuels, qui doivent être compris comme des permanences au sens des disposition rappelées au point précédent. Ces jours travaillés donnent droit à récupération et " un jour prévu travaillé dans ce cadre mais non effectué pour cause de maladie ou d'empêchement imprévu doit être reprogrammé ". Le requérant soutient que cette phrase méconnaît l'article 21 de la loi n° 83-634 aux termes duquel : " I.- Les fonctionnaires ont droit à :/ () - des congés pour raison de santé ; " et que les agents en congé doivent être considérés comme ayant accompli leur permanence.
5. Cependant l'agent placé en congé pour maladie bénéficie de son traitement dans les conditions prévues par les lois et règlements, les jours de permanence faisant pour leur part l'objet d'une récupération ultérieure. Par suite, la circonstance que l'agent placé en congé ne puisse bénéficier d'une telle récupération à son retour n'est pas de nature à méconnaître son droit à congé. Dans ces conditions, la décision attaquée n'a pas pour conséquence de priver les inspecteurs de la sécurité de la Ville de Paris de leurs droits à congé.
6. Par ailleurs, si le requérant soutient qu'aucun dispositif n'est prévu pour que le jour de permanence non effectué génère des droits à réduction du temps de travail, il résulte de ce qui précède que cette astreinte n'ayant pas été réalisée, l'agent ne peut en tout état de cause pas bénéficier de réduction du temps de travail.
7. Il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé, par les moyens qu'il invoque, à obtenir l'annulation de la décision attaquée. Ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent par suite également être rejetées, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée par la Ville de Paris.
D E C I D E :
Article 1er : La requête du syndicat Convergence sécurité municipale est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié au syndicat Convergence sécurité municipale et à la maire de Paris.
Délibéré après l'audience du 7 mars 2024 à laquelle siégeaient :
M. Fouassier, président,
M. Coz, premier conseiller,
Mme Arnaud, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mars 2024.
Le rapporteur,
Y. COZ
Le président,
C. FOUASSIER
La greffière,
C. EL HOUSSINE
La République mande et ordonne au préfet de la région d'Ile-de-France, préfet de Paris, en ce qui le concerne et à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision./2-3
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2517378
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé l'arrêté préfectoral refusant un titre de séjour et ordonnant l'éloignement d'un ressortissant malien. La juridiction a estimé que le préfet avait commis une erreur manifeste d'appréciation en ne tenant pas suffisamment compte de l'ancienneté et de la stabilité de l'insertion professionnelle du requérant, qui justifiait une admission exceptionnelle au séjour au titre de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le tribunal a enjoint au préfet de réexaminer la situation du requérant dans un délai de quinze jours.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2519184
Le Tribunal administratif de Paris a annulé l'arrêté du préfet de police refusant un titre de séjour et imposant une obligation de quitter le territoire à M. B..., un ressortissant algérien. La juridiction a retenu que la décision était entachée d'une erreur de droit, notamment en méconnaissant l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que l'article 7 de l'accord franco-algérien, en ne tenant pas compte de la situation professionnelle ancienne et régulière du requérant. Le tribunal a enjoint au préfet de réexaminer la demande de titre de séjour dans un délai de deux mois.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2522990
Le Tribunal administratif de Paris a été saisi d'un recours pour excès de pouvoir contre le refus de renouvellement d'un titre de séjour, l'obligation de quitter le territoire français (OQTF) et la fixation du pays de renvoi. Le requérant invoquait notamment des vices de procédure, une incompétence de l'autorité signataire, une insuffisance de motivation et une méconnaissance de ses droits au titre de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. Le tribunal a rejeté la demande de communication du dossier médical, estimant qu'elle relevait d'une procédure distincte, et a annulé les trois décisions attaquées pour vice de procédure, en raison de l'absence de communication au requérant de l'avis médical sur lequel elles se fondaient, méconnaissant ainsi les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2201394
Le Tribunal Administratif de Paris a statué sur un recours en excès de pouvoir visant l'annulation d'un arrêté préfectoral refusant un titre de séjour et ordonnant la reconduite à la frontière d'un ressortissant sénégalais. La juridiction a jugé que, l'intéressé n'ayant pas obtenu la reconnaissance de la nationalité française par le tribunal judiciaire, le refus de titre de séjour était légalement fondé. Toutefois, elle a annulé la décision pour erreur de droit, considérant que le préfet n'avait pas examiné la demande à l'aune des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'accord franco-sénégalais du 23 septembre 2006, qui prévoient une admission exceptionnelle au séjour pour motifs humanitaires.
07/04/2026