mardi 13 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2200283 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | MOULOUADE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés, les 6 janvier et 9 juin 2022, M. A B, représenté par Me Moulouade, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 29 novembre 2021 par lequel la préfète des Hautes-Alpes lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il serait susceptible d'être éloigné ;
2°) d'enjoindre à la préfète des Hautes-Alpes, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " sous astreinte de 10 euros par jour de retard à compter de la décision à intervenir ou à titre subsidiaire de procéder au réexamen de sa situation administrative selon les mêmes conditions ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à son conseil au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ou à défaut de lui verser cette somme en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que :
- l'arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente ;
- il est entaché d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- la commission du titre de séjour aurait dû être saisie ;
- cet arrêté est entaché d'erreur de fait ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 avril 2022, la préfète des Hautes-Alpes conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale a été accordée à M. B par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 13 avril 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991,
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant Bangladais, né le 13 mars 1979, a sollicité le 27 mai 2021 son admission exceptionnelle au séjour en qualité de salarié. Par un arrêté du 29 novembre 2021, la préfète des Hautes-Alpes lui a refusé la délivrance de ce titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourrait être éloigné. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de ces décisions.
2. En premier lieu, l'arrêté contesté a été signé par M. Cédric Verline, secrétaire général de la préfecture des Hautes-Alpes, qui avait reçu de la préfète des Hautes-Alpes, par arrêté du 31 août 2020, publié au recueil administratif spécial n° 05-2020-178 du même jour, délégation à l'effet de signer toute décision relevant des attributions de l'Etat dans le département, à l'exception des réquisitions de la force armées, des arrêtés de conflit et déclinatoires de compétence et de la réquisition du comptable. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.
3. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la préfète des Hautes-Alpes n'aurait pas procédé à un examen de la situation personnelle de M. B.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. ".
5. M. B fait valoir qu'il réside en France depuis plus de dix ans à la date de la décision contestée. Toutefois, l'intéressé n'établit pas par les pièces qu'il produit, le caractère habituel et ininterrompu de sa présence sur le territoire français, en particulier, au titre des années 2015 pour laquelle le requérant se borne à produire une attestation de domiciliation à Marseille et 2016 au titre de laquelle sont uniquement versées au dossier l'attestation d'aide médicale d'Etat émis en janvier 2016 et un examen médical daté du mois de juillet 2016. Dans ces conditions, faute pour le requérant de justifier de plus de dix ans de présence en France, la préfète des Hautes-Alpes n'était pas tenue de saisir préalablement la commission du titre de séjour. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.
6. L'intéressé fait ensuite valoir que l'arrêté attaqué mentionne de manière erronée qu'il n'a produit aucun document de nature à attester de sa présence en France pour les années 2020 et 2021 et produit dans le cadre de la présente instance, notamment, des avis d'impositions établis en 2020 au titre des années 2016 et 2019, des relevés bancaires mentionnant des mouvements au titre de l'année 2020 ainsi que plusieurs prescriptions médicales et des courriers administratifs au titre de l'année 2021. Toutefois, compte tenu de ce qui a été dit au point 5, ces éléments sont sans incidence sur la légalité de l'arrêté attaqué dès lors qu'ils ne permettent pas à eux seuls d'établir la continuité du séjour de l'intéressé depuis plus de dix ans à la date de cet arrêté. Par suite le moyen tiré de l'erreur de fait ne peut qu'être écarté.
7. En quatrième lieu, M. B, se prévaut de la durée de son séjour sur le territoire français et de son insertion sociale et professionnelle. Toutefois, ainsi qu'il a été dit au point 5 l'intéressé n'établit pas la continuité de son séjour sur le territoire français et ne produit aucun élément de nature à démontrer qu'il exerce actuellement une activité professionnelle. En outre l'intéressé ne démontre pas avoir noué des attaches familiales sur le territoire français. Dans ces conditions, en rejetant la demande de M. B au motif qu'il ne faisait pas état de motifs exceptionnels ou de circonstances humanitaires justifiant son admission exceptionnelle au séjour, la préfète des Hautes-Alpes n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
8. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger () qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de la vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard de motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ".
9. M. B se prévaut d'une ancienneté de plus de 10 ans et de son intégration sociale et professionnelle sur le territoire français. Toutefois, ainsi qu'il a été dit aux points 5 et 7 de ce jugement, M. B n'établit pas la continuité de son séjour sur le territoire français. En outre, l'intéressé est célibataire et sans charge de famille et n'est pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine. Dans ces conditions, il n'est pas fondé à soutenir que la préfète des Hautes-Alpes aurait porté une atteinte disproportionnée au respect de sa vie privée et familiale. Par suite, les moyens tirés de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'erreur manifeste d'appréciation au regard de sa vie privée et familiale doivent être écartés pour les mêmes motifs.
10. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 29 novembre 2021, par lequel la préfète des Hautes-Alpes a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par voie de conséquence ses conclusions aux fins d'injonction sont également rejetées et M. B étant la partie perdante à l'instance ses conclusions relatives au remboursement des frais d'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète des Hautes-Alpes.
Délibéré après l'audience du 30 août 2022, à laquelle siégeaient :
M. Laloye, président,
Mme Roussier, première conseillère,
M. Théoleyre, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 septembre 2022.
La rapporteure,
S. C
Le président,
P. LaloyeLa greffière,
K. Bak-Piot
La République mande et ordonne à la préfète des Hautes-Alpes en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2200283/6-
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026