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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2201236

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2201236

lundi 9 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2201236
TypeDécision
PublicationC
Formation2e Section - 2e Chambre
Avocat requérantCABINET THOUVENIN, COUDRAY ET GREVY (SCP)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, un mémoire complémentaire, un mémoire en réplique et un mémoire de production enregistrés le 17 janvier 2022, le 8 février 2023, le 10 juillet 2023 et le 24 juillet 2023, M. C B, représenté par la SCP Thouvenin, Coudray et Grévy, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le directeur général de l'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) a rejeté sa demande tendant à la requalification du poste qu'il occupe, ainsi que la décision implicite par laquelle le directeur général de l'AP-HP a rejeté sa demande tendant à la requalification de son contrat d'engagement comme praticien attaché associé en contrat d'engagement en qualité de chargé de mission recherche niveau 3, exerçant le métier d'ingénieur de recherche hospitalier senior ;

2°) d'enjoindre à l'AP-HP de requalifier son contrat d'engagement comme praticien attaché associé en contrat d'engagement de chargé de mission recherche niveau 3, exerçant le métier d'ingénieur de recherche hospitalier senior ;

3°) de mettre à la charge de l'AP-HP une somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que les fonctions qu'il exerce sont au nombre de celles dévolues à un chargé de mission recherche niveau 3, exerçant le métier d'ingénieur de recherche hospitalier senior.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 juin 2023, l'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris conclut, à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête pour tardiveté, et, à titre subsidiaire, au rejet de la requête au fond.

Elle soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 11 juillet 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 4 août 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Errera,

- les conclusions de M. Lahary, rapporteur public,

- et les observations de M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. C B, docteur en pharmacie, qualifié en oncologie, exerçait depuis le 1er janvier 2005, dans le cadre de contrats à durée déterminée successifs, les fonctions de praticien attaché associé au centre des maladies du sein, rattaché au service d'oncologie médicale de l'hôpital Saint-Louis, relevant de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP). Par courrier en date du 30 août 2021, M. B a sollicité de la direction des affaires médicales du groupe hospitalo-universitaire (GHU) AP-HP Nord - Université Paris Cité, auquel appartient l'hôpital Saint-Louis, la requalification de son poste et de son contrat de praticien attaché associé en poste et en contrat d'ingénieur de recherche hospitalier. Cette demande est restée sans réponse. Par un autre courrier, en date du 28 octobre 2021, M. B a réitéré, auprès du directeur général de l'AP-HP, sa demande de requalification. Cette demande est également restée sans réponse. M. B demande au tribunal d'annuler ces décisions implicites et d'enjoindre à l'AP-HP de requalifier son contrat d'engagement.

2. M. B soutient qu'il existe une inadéquation entre son statut de praticien attaché associé et les tâches qui lui ont été confiées dans le cadre des contrats au titre desquels il est employé depuis 2004. Il soutient que les fonctions qu'il exerce sont au nombre de celles qui sont normalement dévolues à un chargé de mission recherche niveau 3, exerçant le métier d'ingénieur de recherche hospitalier senior.

3. Aux termes des dispositions de l'article R. 6152-632 du code de la santé publique, dans sa version alors en vigueur : " Peuvent être recrutés comme praticiens attachés associés les praticiens qui, ne remplissant pas les conditions indiquées aux 1° et 2° de l'article R. 6152-602, ont achevé leurs études médicales, odontologiques ou pharmaceutiques et qui, en outre, remplissent les conditions de diplôme, de titre et de formation fixées par arrêté conjoint des ministres chargés de la santé et de l'enseignement supérieur. / Les praticiens attachés associés participent à l'activité de l'établissement public de santé sous la responsabilité directe du responsable de la structure dans laquelle ils sont affectés ou de l'un de ses collaborateurs médecin, chirurgien, odontologiste ou pharmacien. À ce titre, ils peuvent exécuter des actes médicaux ou pharmaceutiques de pratique courante. / Ils peuvent être appelés à collaborer à la continuité des soins et à la permanence pharmaceutique organisée sur place, en appui des personnels médicaux du service statutairement habilités à participer à la continuité des soins et à la permanence pharmaceutique et sous leur responsabilité. Ils ne sont pas autorisés à effectuer des remplacements. / Dans les conditions prévues aux deux alinéas précédents, ils peuvent être appelés à répondre aux besoins hospitaliers exceptionnels et urgents survenant en dehors de leurs obligations de service. "

4. À l'appui de ses conclusions, M. B se borne à verser, notamment, un document intitulé " guide de gestion des personnels contractuels exerçant des métiers de la recherche clinique et de l'innovation ", dans une version qui n'est en vigueur que depuis le 1er février 2019, et au sein duquel se trouve une fiche sommaire consacrée aux ingénieurs d'étude hospitaliers. M. B ne produit, à l'appui de sa requête, pas le moindre travail d'analyse argumenté et précis, consistant à comparer précisément, d'une part, les tâches qui lui ont été confiées et, d'autre part, celles qui relèvent du périmètre d'activité d'un ingénieur d'étude hospitalier. M. B n'indique pas même quels sont les textes statutaires dont relèvent les ingénieurs d'étude hospitaliers. Par ailleurs, l'AP-HP indique en défense, sans être sérieusement contredite à cet égard, que plusieurs des affirmations contenues dans la requête de M. B sont erronées. Ainsi, alors que M. B soutient exercer son activité au centre des maladies du sein, rattaché au service d'oncologie médicale de l'hôpital Saint-Louis, il ressort des pièces du dossier, et notamment d'un courrier électronique du professeur D, chef de service du service de sénologie (qui est la nouvelle dénomination du centre des maladies du sein), en date du 11 octobre 2022, que M. B ne travaille plus au sein de ce centre " depuis au moins l'année 2015 ". Dans ce courrier électronique, le professeur D indique que l'activité en recherche clinique de M. B au centre des maladies du sein a pris fin lorsque cette activité a été reprise par le Centre d'investigations et de recherche clinique en oncologie (CIRCO) de l'hôpital Saint-Louis, et que M. B n'a plus exercé aucune activité au sein du service depuis. En outre, l'AP-HP indique également, sans être davantage sérieusement contredite par M. B, que ce dernier a produit un faux à l'appui de sa requête. Il ressort en effet des pièces du dossier que M. B a produit un document non signé, présenté comme une attestation du docteur A, responsable du centre des maladies du sein, en date du 4 juin 2021, et dans lequel le docteur A atteste de la présence de M. B dans son service depuis 2004, et " réitére [s]a recommandation de M. B au poste d'ingénieur de recherche hospitalier ". Or, par une attestation en date du 17 octobre 2022, produite au dossier, le docteur A certifie ne pas être l'auteur du document daté du 4 juin 2021, relève qu'il n'est pas signé, et indique en outre que le papier à en-tête ne correspond pas à celui normalement utilisé par son service. M. B reconnaît, dans son mémoire du 8 février 2023, que le docteur A n'a effectivement pas signé ce document, et suggère que le docteur A a vraisemblablement entendu réitérer ce qu'il énonçait dans un document du 5 février 2013, " sans avoir eu matériellement le temps d'y apposer sa signature ". Le docteur A a effectivement établi une attestation en faveur de M. B le 5 février 2013, mais ce document est ancien de près de dix ans et a été établi dans un contexte où M. B travaillait effectivement auprès du docteur A. Dans ces conditions, au regard de l'insuffisance de l'argumentation contenue dans les écritures de M. B, de l'absence d'éclaircissement de sa situation par les explications qu'il a apportées à l'audience à laquelle il s'est rendu seul sans être accompagné par son conseil, et de la circonstance, non sérieusement contestée par lui, qu'il a produit un faux document à l'appui de sa requête, le moyen soulevé par le requérant doit être regardé comme n'étant pas assorti de précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé.

5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que la requête de M. B ne peut qu'être rejetée en toutes ses conclusions.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et à l'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris

Délibéré après l'audience du 22 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Sorin, président,

M. Errera, premier conseiller,

Mme Abdat, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 octobre 2023.

Le rapporteur,

A. ERRERALe président,

J. SORINLa greffière,

B. CHAHINE

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

2/2-

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