vendredi 11 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2211255 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 5e Section - 4e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET MAOUCHE, DE FOLLEVILLE AVOCATS (AARPI) |
Vu les procédures suivantes :
I.- Par une ordonnance n° 463157 du 16 mai 2022, enregistrée le 19 mai 2022 au greffe du tribunal sous le n° 2211255, le président de la section du contentieux du Conseil d'État a transmis au tribunal de Paris, en application de l'article R. 351-1 du code de justice administrative, la requête présentée par M. B A.
Par cette requête, enregistrée au secrétariat du contentieux du Conseil d'État le 13 avril 2022, et des mémoires, enregistrés le 28 mars 2022 au greffe du tribunal administratif de Dijon, le 15 mai 2022 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, les 31 mars, 1er, 5, 10 et 12 avril 2022 au greffe du tribunal administratif de Poitiers et les 19 et 25 mai, 12 juillet, 19 septembre, 20 octobre, 12 et 21 novembre et 8 et 11 décembre 2022, un mémoire récapitulatif, enregistré le 4 février 2023 et un nouveau mémoire, enregistré le 6 février 2023, M. A, représenté par Me Clémence de Folleville, avocate, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 4 février 2022 par laquelle le ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse a rejeté sa demande de relèvement de l'incapacité professionnelle, résultant de sa révocation prononcée en 2003, à être employé dans un établissement de l'enseignement du second degré ou tout établissement de formation accueillant un public d'âge scolaire ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse de le relever de sa révocation et de prononcer sa réintégration, après consultation éventuelle de la commission administrative paritaire académique compétente ;
3°) d'annuler la décision du 28 février 2022 par laquelle le ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse a refusé de l'admettre à concourir à la session 2022 du concours externe de l'agrégation d'anglais.
Il soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- le ministre ne s'étant prononcé que sur la demande de relèvement de l'incapacité résultant de sa révocation, sans examiner et statuer sur le relèvement de la peine disciplinaire de révocation prononcée à son encontre, la décision attaquée du 4 février 2022 est entachée d'une erreur de droit ;
- ayant été, en l'absence de toute condamnation pénale postérieure à celle de 2003, réhabilité de plein droit et sa révocation étant fondée sur sa seule condamnation pénale, le ministre a entaché sa décision d'erreur de droit en refusant le relèvement de la sanction de révocation en raison de faits contraires à la probité et aux mœurs, ce motif ne figurant pas dans cette décision de révocation ;
- compte-tenu de la réhabilitation de plein droit intervenue au titre du code pénal et de l'absence de tout élément nouveau qui justifierait le maintien de la sanction disciplinaire prise vingt ans plus tôt, la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision de refus d'admission à concourir du 28 février 2022 est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision de rejet de sa demande de relèvement du 4 février 2022.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 9 novembre et 7 décembre 2022, le ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les conclusions de la requête tendant à l'annulation, d'une part, des lettres de la rectrice de l'académie de Dijon du 18 juin et du 24 novembre 2021, qui constituent des actes préparatoires insusceptibles de recours, et, d'autre part, de la décision du 28 février 2022, qui n'est pas produite, sont irrecevables.
- les moyens soulevés par M. A au soutien de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision du 4 février 2022 sont inopérants ou ne sont pas fondés.
Par une décision du président du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Paris du 19 octobre 2022, M. A a été admis à l'aide juridictionnelle totale.
II.- Par une ordonnance n° 471279 du 3 avril 2023, enregistrée le 6 avril 2023 au greffe du tribunal sous le n° 237813, le président de la section du contentieux du Conseil d'État a transmis au tribunal de Paris, en application de l'article R. 312-1 du code de justice administrative, la requête présentée par M. B A.
Par cette requête, enregistrée au secrétariat du contentieux du Conseil d'État le 13 février 2023, et des mémoires, enregistrés le 23 mars 2023 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat et les 29 avril, 4 mai, 12 et 22 novembre et 7 décembre 2023, 10, 11, 27 et 31 janvier, 26 et 27 mars et 3 mai 2024, M. A demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 20 décembre 2022 par laquelle le ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse a refusé de l'admettre à concourir à la session 2023 de l'agrégation interne d'anglais ;
2°) d'annuler la liste des candidats déclarés admis à ce concours le 28 avril 2023 ;
3°) d'annuler la décision du 4 janvier 2024 par laquelle le ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse a refusé de l'admettre à concourir à la session 2024 de l'agrégation interne d'anglais ;
4°) d'annuler la liste des candidats déclarés admissibles à ce concours le 26 mars 2024 ;
5°) d'enjoindre au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse de faire corriger ses copies de la session 2020 de l'agrégation externe et, le cas échéant, de le déclarer admissible à la session 2024 de l'agrégation interne, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
6°) d'annuler la liste des candidats déclarés admis à ce concours le 3 mai 2024.
Il soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- lui ayant été notifiée le 24 décembre 2022, deux jours après qu'il a été mis fin aux fonctions de son signataire par un décret du 22 décembre 2022 publié au Journal officiel de la République française le 23 décembre 2023, la décision du 20 décembre 2022 est entachée d'incompétence ratione temporis ; en tout état de cause le ministre ne saurait prouver que l'acte, posté le 23 décembre 2022, a bien été signé le 20 décembre 2022, ni soutenir l'existence d'un vide juridique pendant deux jours dès lors qu'il aurait pu être signé par son adjointe ;
- en raison de la mention de l'interdiction d'enseigner dans des établissements du premier degré, elle est entachée d'incompétence négative et méconnaît les dispositions de l'article 4 du décret n° 72-580 du 4 juillet 1972 relatif au statut particulier des professeurs agrégés de l'enseignement du second degré qui ne leur permettent pas d'exercer leurs fonctions dans les établissements d'enseignement primaire mais seulement dans les établissements d'enseignement secondaire que sont les collèges et les lycées, et leurs permettant en outre être détachés dans l'enseignement supérieur et les établissements d'enseignement pour adultes ;
- la motivation des décisions de refus d'admission à concourir pour les sessions de 2020 et 2021, avec laquelle celle de la décision attaquée ne saurait différer, étant fondée non sur une incrimination disciplinaire mais à tort sur la qualification pénale retenue pour le condamner, qui jugeait inutile toute interdiction d'exercer devant des mineurs et qui, désormais effacée du bulletin n° 2 de son casier judiciaire, ne saurait être invoquée, il n'est pas, en tout état de cause, frappé d'une interdiction absolue d'exercer, pouvant exercer ses fonctions dans des établissements de formation pour adultes et des établissement de l'enseignement supérieur ;
- le seul texte applicable aux conditions à remplir pour être candidat aux concours étant celui de l'article 20 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat lequel renvoie aux conditions générales prévues par les articles 5 et 5 bis du titre Ier du statut général et à celles prévues par le statut particulier du corps auquel il est postulé au plus tard à la date de la première épreuve, il ne saurait y avoir manquement à l'ordre public statutaire ;
- le motif de son refus d'admission à concourir n'ayant pas été déclaré légal, il a intérêt à agir contre la liste des candidats déclarés admis à la session 2023 du concours interne de l'agrégation d'anglais ;
- lui ayant été notifiée le 10 janvier 2024, après qu'il a été mis fin à ses fonctions par un décret du 9 janvier 2024 publié au Journal officiel de la République française le 10 janvier 2024 en même temps qu'il a été nommé Premier ministre, la décision du 4 janvier 2024, signée par délégation du ministre de l'éducation nationale, est entachée d'incompétence ratione temporis de sa signataire ;
- le ministre ne pouvait préjuger de la recevabilité de sa candidature à la session 2024 du concours interne de l'agrégation d'anglais qui s'apprécie jusqu'à la date de publication des résultats d'admission ;
- il est en droit de prétendre à bénéficier des dispositions à titre dérogatoire permettant de le nommer agrégé stagiaire dans l'enseignement supérieur ;
- l'administration ne saurait arguer qu'il ne justifie pas d'un intérêt à agir contre les opérations et les résultats de la session 2024 du concours interne de l'agrégation d'anglais.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 22 novembre 2023 et 26 mars 2024, le ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les moyens soulevés par M. A au soutien de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision du 20 décembre 2022 sont inopérants ou ne sont pas fondés ;
- les conclusions tendant à l'annulation de la délibération du jury fixant la liste des candidats admis à la session 2023 du concours interne de l'agrégation d'anglais doivent être rejetées par voie de conséquence du rejet des conclusions tendant à l'annulation de la décision du 20 décembre 2022 ;
- les conclusions tendant à l'annulation des décisions relatives à la session 2024 du concours interne de l'agrégation d'anglais, ne présentant pas un lien suffisant avec celles relatives à la session 2023, sont irrecevables ;
- les moyens soulevés par M. A au soutien de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision du 20 décembre 2022 sont inopérants ou ne sont pas fondés.
Par un courrier du 23 septembre 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce que le recteur, après avoir constaté que M. A n'avait pas la qualité de fonctionnaire, était tenu, pour ce motif, de refuser son admission à concourir aux sessions 2023 et 2024 du concours interne de l'agrégation et de ce que, par suite, les moyens de la requête, autres que ceux tendant à contester l'existence de cette situation, doivent être écartés comme inopérants.
M. A a répondu à ce moyen par des mémoires enregistrés les 23, 24, 25 et 26 septembre 2024.
III.- Par une ordonnance n° 471777 du 3 avril 2023, enregistrée le 6 avril 2023 au greffe du tribunal sous le n° 2307817, le président de la section du contentieux du Conseil d'État a transmis au tribunal de Paris, en application de l'article R. 312-1 du code de justice administrative, la requête présentée par M. B A.
Par cette requête, enregistrée au secrétariat du contentieux du Conseil d'État le 28 février 2023, et des mémoires, enregistrés le 27 février 2023 au greffe du tribunal administratif de Poitiers, les 1er et 9 mars 2023 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat et les 2 mai, 30 juin, 8, 12, 16 et 17 septembre, 11, 12 et 14 novembre 2023, 17 et 18 janvier, 19 février, 4 et 30 mars, 3, 8 et 24 avril, 21 mai, 28 juin, 29 juillet et 22 août 2024, M. A demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 3 février 2023 par laquelle le ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse a refusé de l'admettre à concourir à la session 2023 de l'agrégation externe d'anglais ;
2°) d'annuler la liste des candidats déclarés admis à ce concours le 30 juin 2023 ;
3°) d'annuler la décision du 12 janvier 2024 par laquelle la ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse, des sports et des jeux olympiques et paralympiques a refusé de l'admettre à concourir à la session 2024 de l'agrégation externe d'anglais ;
4°) d'annuler la liste des candidats déclarés admis à ce concours le 28 juin 2024.
5°) sous réserve de l'injonction qui lui sera faite de saisir la commission paritaire administrative nationale, d'enjoindre à la ministre de l'éducation nationale de faire corriger ses copies de la session 2020 de l'agrégation externe et, le cas échéant, de le déclarer rétroactivement et à titre conservatoire, admissible à la session 2020 pour subir les épreuves d'admission de la session 2025, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir.
Il soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- la décision du 3 février 2023, notifiée le 6 février 2023, entre en contradiction avec la convocation pour les épreuves d'admissibilité notifiée le 3 février 2023 ;
- la date à laquelle la recevabilité d'une candidature peut être examinée en premier lieu est celle de la proclamation des résultats d'admissibilité et au plus tard celle de la nomination du candidat en qualité de professeur agrégé stagiaire ;
- la décision est entachée d'incompétence négative constitutive d'une erreur de droit, les dispositions de l'article 4 du décret n° 72-580 du 4 juillet 1972 permettant aux lauréats d'exercer leurs fonctions dans l'enseignement supérieur et dans les établissements de formation pour adultes ;
- sa condamnation a été effacée par sa réhabilitation de plein droit intervenue en 2008 et il a été autorisé à concourir de 2017 à 2019 ;
- il a intérêt à agir contre l'ensemble des opérations de la session 2023 du concours externe de l'agrégation, sa requête en annulation du refus de relèvement de son incapacité résultant de sa révocation, dont le jugement est toujours pendant, étant en état d'être jugée ;
- ayant été signée par délégation de la ministre de l'éducation nationale après qu'il a été mis fin à ses fonctions par un décret du 9 janvier 2024 publié au Journal officiel de la République française le 10 janvier 2024, avant l'entrée en vigueur de la nomination de la nouvelle ministre de l'éducation nationale par un décret du 11 janvier 2024 publié le 12 janvier 2024 et avant qu'une éventuelle nouvelle délégation de signature ait pu entrer en vigueur, la décision du 12 janvier 2024 est entachée d'incompétence ratione temporis de sa signataire ;
- la date à laquelle la recevabilité d'une candidature peut être examinée en premier lieu est celle de la proclamation des résultats d'admissibilité et au plus tard la date de la nomination du candidat en qualité de professeur agrégé stagiaire ;
- la décision est entachée d'incompétence négative constitutive d'une erreur de droit, les dispositions de l'article 4 du décret n° 72-580 du 4 juillet 1972 permettant aux lauréats d'exercer leurs fonctions dans l'enseignement supérieur et dans les établissements de formation pour adultes ;
- sa condamnation a été effacée par sa réhabilitation de plein droit intervenue en 2008 et il a été autorisé à concourir de 2017 à 2019 ;
- la décision méconnaît le champ d'application de l'article L. 911-5 du code de l'éducation dans sa version applicable au 3 septembre 2003.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 10 novembre 2023 et 29 mars et 25 juillet 2024, le ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les moyens soulevés par M. A au soutien de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision du 3 février 2023 sont inopérants ou ne sont pas fondés ;
- les conclusions tendant à l'annulation de la délibération du jury fixant la liste des candidats admis à la session 2023 du concours externe de l'agrégation d'anglais doivent être rejetées par voie de conséquence du rejet des conclusions tendant à l'annulation de la décision du 20 décembre 2022 ;
- les conclusions tendant à l'annulation des décisions relatives à la session 2024 du concours interne de l'agrégation d'anglais, ne présentant pas un lien suffisant avec celles relatives à la session 2023, sont irrecevables ;
- les moyens soulevés par M. A au soutien de ses conclusions tendant à l'annulation de ces décisions sont inopérants ou ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code général de la fonction publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 72-580 du 4 juillet 1972 ;
- le décret n° 72-581 du 4 juillet 1972 ;
- le décret n° 2005-850 du 27 juillet 2005 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Julinet, premier conseiller ;
- les conclusions de M. Degand, rapporteur public ;
- et les observations de M. A.
Des notes en délibéré présentées par M. A ont été enregistrées le 30 septembre et les 1er, 2, 4, 6 et 8 octobre 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Par sa requête n° 2211255, M. A demande l'annulation de la décision du 4 février 2022 par laquelle le ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse a rejeté sa demande de relèvement de ses déchéances et incapacités à être employé dans un établissement d'enseignement du second degré ou tout établissement de formation accueillant un public d'âge scolaire et de la décision du 28 février 2022 par laquelle le ministre a refusé de l'admettre à concourir à la session 2022 du concours externe de l'agrégation d'anglais. Par sa requête n° 2307813, il demande l'annulation de la décision du 20 décembre 2022 par laquelle le ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse a refusé de l'admettre à concourir à la session 2023 du concours interne de l'agrégation d'anglais, de la délibération du jury du 28 avril 2023 fixant la liste des candidats admis à ce concours, de la décision du 4 janvier 2024 par laquelle le ministre a refusé de l'admettre à concourir à la session 2024 du concours interne de l'agrégation d'anglais, de la délibération du jury du 26 mars 2024 fixant la liste des candidats admissibles à ce concours et de la délibération du jury du 3 mai 2024 en fixant la liste des candidats admis et d'enjoindre à la ministre de l'éducation nationale de faire corriger ses copies de la session 2020 de l'agrégation externe et, le cas échéant, de le déclarer admissible à la session 2024 du concours interne. Par sa requête n° 2307817, il demande l'annulation de la décision du 3 février 2023 par laquelle le ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse a refusé de l'admettre à concourir à la session 2023 du concours externe de l'agrégation d'anglais, de la délibération du jury du 30 juin 2023 fixant la liste des candidats admis à ce concours, de la décision du 12 janvier 2024 par laquelle la ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse, des sports et des jeux olympiques et paralympiques a refusé de l'admettre à concourir à la session 2024 du concours interne de l'agrégation d'anglais et de la délibération du jury du 28 juin 2024 fixant la liste des candidats admis à ce concours et, sous réserve de l'injonction qui lui sera faite de saisir la commission paritaire administrative nationale, d'enjoindre à la ministre de l'éducation nationale de faire corriger ses copies de la session 2020 de l'agrégation externe et, le cas échéant, de le déclarer rétroactivement et à titre conservatoire, admissible à la session 2020 pour subir les épreuves d'admission de la session 2025.
2. Les requêtes susvisées nos 2211255, 2307813 et 2307817, présentées par M. A, présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Par suite, il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.
Sur la requête n° 2211255 :
3. Aux termes du II de l'article L. 911-5 du code de l'éducation, dans sa rédaction issue de l'article 48 de la loi n° 2019-791 du 26 juillet 2019 applicable au litige : " Est incapable de diriger un établissement d'enseignement du premier ou du second degré ou tout établissement de formation accueillant un public d'âge scolaire, qu'il soit public ou privé, ou d'y être employée, toute personne qui, ayant exercé dans un établissement d'enseignement ou de formation accueillant un public d'âge scolaire, a été révoquée ou licenciée en application d'une sanction disciplinaire prononcée en raison de faits contraires à la probité et aux mœurs ". Aux termes du I de l'article L. 911-5-1 du même code, créé par l'article 5 de l'ordonnance n° 2014-691 du 26 juin 2014 et entré en vigueur le 1er septembre 2015, applicable à la date de la décision attaquée du 4 février 2022 : " Les membres de l'enseignement public ou privé peuvent, par décision du ministre chargé de l'éducation, être relevés des déchéances ou incapacités résultant des décisions disciplinaires ayant prononcé à leur encontre l'interdiction du droit d'enseigner ou la suspension du droit de diriger un établissement d'enseignement privé. / Le bénéfice de cette disposition est étendu aux professeurs de l'enseignement public secondaire, pour les déchéances ou incapacités résultant de leur révocation ou de leur suspension par les conseils disciplinaires. / Un décret en Conseil d'Etat détermine les modalités d'organisation de la procédure de relèvement ". Aux termes de l'alinéa 3 de l'article R. 911-93 dudit code : " La décision qui prononce le relèvement indique seulement que le ministre chargé de l'éducation relève l'intéressé de telle peine disciplinaire prévue par l'article L. 911-5-1 et prononcée antérieurement contre lui, ainsi que des incapacités et déchéances qui avaient pu en résulter ".
4. En premier lieu, il résulte des dispositions législatives précitées de l'article L. 91151 du code de l'éducation que la procédure de relèvement qu'elles instituent porte sur les seules déchéances et incapacités résultant de décisions disciplinaires et non sur ces décisions elles-mêmes, les dispositions réglementaires des articles R. 911-91 à R. 911-93 relatives aux seules modalités d'organisation de cette procédure n'ayant ni pour objet ni pour effet d'en modifier le champ d'application. Par suite, le moyen tiré de ce que le ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse n'a pas statué sur le relèvement de la sanction disciplinaire de révocation prononcée à l'encontre de M. A est sans incidence sur la légalité de sa décision du 4 février 2022 et doit, dès lors, être écarté comme inopérant.
5. En deuxième lieu il en résulte également, d'une part, que la procédure de relèvement qu'elles instituent ne porte pas sur les incapacités résultant de condamnations pénales prévues par le 1° du I de l'article L. 911-5 du code de l'éducation et, d'autre part, qu'il appartient à l'autorité compétente d'apprécier, sous le contrôle du juge, si les faits ayant valu une révocation à un professeur de l'enseignement public secondaire sont contraires à la probité ou aux mœurs. Or, il résulte des pièces du dossier que la décision du 3 septembre 2003 par laquelle M. A a été révoqué pour faute grave incompatible avec son maintien dans ses fonctions d'enseignant est fondée, non sur sa condamnation pénale mais sur les seuls faits, constatés par le juge pénal et reconnus par M. A, d'atteintes sexuelles sur un mineur de moins de quinze ans et que, pour refuser de faire droit à la demande de relèvement, le ministre, dont il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il se serait cru en situation de compétence liée, s'est fondé sur ces faits, qui sont contraires à la probité ou aux mœurs. Par suite, M. A ne peut utilement se prévaloir de sa réhabilitation de plein droit intervenue en 2008, en application des dispositions de l'article 133-13 du code pénal, et de l'effacement de sa condamnation du bulletin n° 2 du casier judiciaire. Dès lors, il n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée du 4 février 2022 est entachée d'une erreur de droit.
6. En dernier lieu, aux termes de l'article 4 du décret du 4 juillet 1972 relatif au statut particulier des professeurs certifiés : " Les professeurs certifiés participent aux actions d'éducation, principalement en assurant un service d'enseignement dans les établissements du second degré et dans les établissements de formation. Dans ce cadre, ils assurent le suivi individuel et l'évaluation des élèves et contribuent à les conseiller dans le choix de leur projet d'orientation. / () / Ils peuvent également assurer certains enseignements dans des établissements d'enseignement supérieur ". Il en résulte que les professeurs certifiés ont vocation à assurer leur service principalement dans les établissements du second degré, même s'ils peuvent également l'assurer dans des établissements de formations et exceptionnellement dans des établissements d'enseignement supérieur. En outre, si l'article 5 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires alors applicable subordonne l'accès à la fonction publique à l'absence d'incompatibilité des mentions portées au bulletin n° 2 du casier judiciaire avec l'exercice des fonctions, l'autorité compétente peut légalement apprécier si le comportement de l'intéressé est de nature à établir que ce dernier présente les garanties requises pour exercer les fonctions auxquelles il postule. Par suite, il ne fait pas obstacle à ce que l'autorité compétente refuse de relever un professeur certifié précédemment révoqué des déchéances ou incapacités résultant de cette révocation si elle a connaissance de faits reprochés à ce dernier, compte tenu de la nature des fonctions que les professeurs certifiés ont vocation à exercer, des obligations qui leur incombent ainsi qu'à la nécessité d'assurer le bon fonctionnement du service public de l'éducation nationale et de préserver sa réputation.
7. Compte tenu non seulement des faits d'atteintes sexuelles sur un mineur de moins de quinze ans pour lesquels M. A a été révoqué mais également des faits postérieurs révélant l'insuffisance de sa réflexion sur ce que doit être le positionnement d'un enseignant et les obligations déontologiques qui lui incombent, aussi bien dans le cadre du service qu'en dehors de ce dernier, et de l'insuffisance de sa réinsertion professionnelle et sociale depuis sa révocation, malgré l'ancienneté des faits ayant justifié la révocation et l'absence de réitération de faits de même nature, le ministre a pu, sans commettre d'erreur de droit ni entacher sa décision d'erreur d'appréciation, estimer que de tels agissements, eu égard à leur nature et à leur gravité, sont incompatibles avec la nature des fonctions et des obligations qui incombent aux professeurs certifiés et ainsi refuser de relever M. A des déchéances ou incapacités résultant de cette révocation.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision du 4 février 2022 doivent être rejetées. Par suite, le moyen tiré de l'illégalité de la décision du 28 février 2022 de refus d'admission à concourir à la session 2022 du concours externe de l'agrégation d'anglais par voie de conséquence de l'illégalité de la décision du 4 février 2022 doit être écarté et, dès lors, les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 28 février rejetées.
9. Il résulte de tout ce qui précède que la requête n° 2211255 de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles à fin d'injonction.
Sur la requête n° 2307813 :
10. D'une part, aux termes de l'article L. 325-3 du code général de la fonction publique, applicable à la date des décisions attaquées du 20 décembre 2022 et du 4 janvier 2024 par lesquelles le ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse a refusé d'admettre M. A à concourir aux sessions 2023 et 2024 de l'agrégation interne d'anglais : " Les concours internes sont ouverts : / 1° Aux fonctionnaires relevant de la fonction publique au sein de laquelle ils sont organisés ; / (). / Les candidats mentionnés aux 1° () doivent être en activité, en détachement, en congé parental ou accomplir le service national ". Aux termes de l'article L. 325-25 du même code : " Les candidats aux concours doivent remplir les conditions prévues au titre Ier et au présent titre ainsi que par le statut particulier du corps auquel ils postulent à la date de la première épreuve (), sauf dispositions contraires prévues par le statut particulier du corps concerné ". Aux termes de l'article 5-3 du décret du 4 juillet 1972 relatif au statut particulier des professeurs agrégés de l'enseignement du second degré : " () / Peuvent se présenter au concours interne les fonctionnaires de l'Etat (). / L'ensemble de ces conditions s'apprécient à la date de publication des résultats d'admissibilité aux concours ". D'autre part, aux termes de l'article L. 221-8 du code des relations entre le public et l'administration : " Sauf dispositions législatives ou réglementaires contraires ou instituant d'autres formalités préalables, une décision individuelle expresse est opposable à la personne qui en fait l'objet au moment où elle est notifiée ". Aux termes enfin de l'article L. 4 du code des juridictions administratives : " Sauf dispositions législatives spéciales, les requêtes n'ont pas d'effet suspensif s'il n'en est autrement ordonné par la juridiction ".
11. Il ressort des pièces du dossier que M. A, ancien professeur certifié d'anglais, a été révoqué par un arrêté du 3 septembre 2003 devenu définitif et que, par une décision du 4 février 2022, sa demande de relèvement des déchéances et incapacités résultant de cette révocation a été rejetée. Si cette dernière décision, dont M. A a demandé l'annulation par sa requête n° 2211255 sur laquelle il n'avait pas encore été statué, n'était pas devenue définitive à la date à laquelle les décisions attaquées du 20 décembre 2022 et du 4 février 2024 ont été prises, il résulte des dispositions précitées de l'article L. 4 du code de justice administrative que cette requête n'a pas d'effet suspensif. Par suite, cette décision était exécutoire et, en application des dispositions précitées de l'article L. 221-8 du code des relations entre le public et l'administration, opposable à M. A. Il en résulte qu'à la date à laquelle les décisions du 20 décembre 2022 et du 4 février 2024 ont été prises comme à celles de la première épreuve et de la publication des résultats d'admissibilité des sessions 2023 et 2024 du concours interne de l'agrégation d'anglais, il ne remplissait pas la condition d'être fonctionnaire. Par suite, le ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse était tenu de refuser, pour ce motif, de l'admettre à concourir. Dès lors, eu égard à la situation de compétence liée dans laquelle il se trouvait, les autres moyens, relatifs à la compétence de l'auteur de l'acte et au second motif de rejet mentionné dans les décisions du 20 décembre 2022 et du 4 février 2024 sont sans incidence sur la légalité de ces décisions et doivent être écartés comme inopérants.
12. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête tendant à l'annulation des décisions du ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse du 20 décembre 2022 et du 4 février 2024 doivent être rejetées.
13. Il résulte de tout ce qui précède que, si M. A a demandé à se présenter aux sessions 2023 et 2024 du concours interne de l'agrégation, l'admission à concourir lui a été légalement refusée. Il s'ensuit que, contrairement à ce qu'il soutient, il ne justifie pas d'un intérêt pour agir contre les opérations de ces concours et leurs résultats. Par suite, les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la délibération du jury du 28 avril 2023 fixant la liste des candidats admis à la session 2023 du concours interne de l'agrégation et des délibérations du jury du 26 mars 2024 fixant la liste des candidats admissibles et du 3 mai 2024 fixant la liste des candidats admis à la session 2024 de ce concours doivent être rejetées comme irrecevables.
14. Il résulte de tout ce qui précède que la requête n° 2307813 de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles à fin d'injonction.
Sur la requête n° 2307817 :
15. En premier lieu, aux termes de l'article L. 325-25 du code général de la fonction publique, applicable à la date des décisions attaquées du 3 février 2023 et du 12 janvier 2024 par lesquelles le ministre chargé de l'éducation nationale a refusé d'admettre M. A à concourir aux sessions 2023 et 2024 du concours externe de l'agrégation d'anglais : " Les candidats aux concours doivent remplir les conditions prévues au titre Ier et au présent titre ainsi que par le statut particulier du corps auquel ils postulent à la date de la première épreuve (), sauf dispositions contraires prévues par le statut particulier du corps concerné ". Aux termes de l'article 5-3 du décret du 4 juillet 1972 relatif au statut particulier des professeurs agrégés de l'enseignement du second degré : " () / L'ensemble de ces conditions s'apprécient à la date de publication des résultats d'admissibilité aux concours ". Il résulte de ces dispositions que la circonstance qu'un candidat a été convoqué aux épreuves d'admissibilité du concours de l'agrégation ne suffit pas à elle seule à révéler l'existence d'une décision de l'autorité administrative reconnaissant qu'il remplit les conditions requises pour concourir.
16. Il ressort des pièces du dossier que M. A a été convoqué aux épreuves d'admissibilité de la session 2023 du concours externe de l'agrégation le 3 février 2023. Toutefois, il résulte des dispositions rappelées ci-dessus que cette circonstance ne suffit pas à établir que l'autorité administrative a pris une décision reconnaissant qu'il remplissait les conditions requises pour concourir. Il ne ressort pas des pièces du dossier qu'une telle décision a été prise. Dès lors, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision du 3 février 2023 par laquelle le ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse a refusé de l'admettre à participer aux épreuves du concours au motif qu'il ne remplissait pas l'une des conditions requises constitue le retrait d'une décision antérieure d'admission à concourir.
17. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux mentionnés au point 11, à la date à laquelle les décisions du 3 février 2023 et du 12 février 2024 ont été prises comme à celles de la première épreuve et de la publication des résultats d'admissibilité des sessions 2023 et 2024 du concours externe de l'agrégation, M. A n'avait pas été relevé des déchéances et incapacités résultant de sa révocation. En outre, aux termes du II de l'article L. 911-5 du code de l'éducation : " Les demandes en relèvement formées en vertu du I ne peuvent être présentées qu'après un délai minimum écoulé depuis la notification des décisions définitives. / Le délai est de deux ans pour une suspension, une interdiction ou une exclusion temporaires. / Il est de cinq ans pour une interdiction ou une exclusion ayant un caractère perpétuel. / Lorsque la demande a été rejetée, après examen au fond, elle ne peut être présentée de nouveau qu'après un délai égal au premier délai exigé ". Il résulte de ces dispositions que le relèvement des déchéances et incapacités des professeurs de l'enseignement secondaire résultant de leur révocation ne peut être accordé que sur demande expresse de l'intéressé et qu'après le rejet d'une telle demande, une nouvelle demande ne peut être présentée avant l'expiration d'un délai de cinq ans à compter, en l'espèce, de la notification de la décision du 4 février 2022. Par suite, le ministre chargé de l'éducation nationale était tenu de refuser, pour ce motif, d'admettre M. A à concourir aux sessions 2023 et 2024 du concours externe de l'agrégation. Dès lors, eu égard à la situation de compétence liée dans laquelle il se trouvait, les autres moyens, qui ne tendent pas à contester l'existence de cette situation, sont sans incidence sur la légalité des décisions du 3 février 2023 et du 12 février 2024 et doivent être écartés comme inopérants.
18. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision du ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse du 3 février 2023 et de la décision de la ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse, des sports et des jeux olympiques et paralympiques du 12 janvier 2024 doivent être rejetées.
19. Il résulte de tout ce qui précède que, si M. A a demandé à se présenter aux sessions 2023 et 2024 du concours externe de l'agrégation, l'admission à concourir lui a été légalement refusée. Il s'ensuit que, contrairement à ce qu'il soutient, il ne justifie pas d'un intérêt pour agir contre les opérations de ces concours et leurs résultats. Par suite, les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la délibération du jury du 30 juin 2023 fixant la liste des candidats admis à la session 2023 du concours externe de l'agrégation et de la délibération du jury du 28 juin 2024 fixant la liste des candidats admis à la session 2024 de ce concours doivent être rejetées comme irrecevables.
20. Il résulte de tout ce qui précède que la requête n° 2307817 de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles à fin d'injonction.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes nos 2211255, 2307813 et 2307817 de M. A sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la ministre de l'éducation nationale.
Délibéré après l'audience du 27 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Aubert, présidente,
M. Julinet, premier conseiller,
M. Medjahed, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 octobre 2024.
Le rapporteur,
S. JULINET
La présidente,
S. AUBERTLa greffière,
A. LOUART
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Nos 2211255, 2307813, 2307817
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2304140
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de Mme A, agent contractuel, qui contestait une retenue sur son traitement de 250 euros pour un indu de prime exceptionnelle liée à la pandémie. La requérante invoquait un défaut de motivation et une faute de l'administration, mais le tribunal a jugé que la décision de retenue était fondée sur l'article 37-1 de la loi du 12 avril 2000 et le décret n° 2020-570 du 14 mai 2020. Il a estimé que l'administration avait établi le bien-fondé de l'indu, car Mme A ne remplissait pas les conditions pour bénéficier de la prime, et qu'aucune faute n'était caractérisée. Les conclusions indemnitaires et subsidiaires ont également été rejetées.
25/09/2025
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2305883
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé le compte rendu d'entretien professionnel de Mme B..., capitaine de police, établi le 23 janvier 2023 au titre de l'année 2017. La requérante soutenait notamment que l'évaluation avait été réalisée par une autorité incompétente et sans entretien préalable. Le tribunal a fait droit à sa demande en se fondant sur l'autorité de la chose jugée attachée à un précédent jugement du 25 mars 2022, qui avait déjà annulé un premier compte rendu pour les mêmes motifs (absence d'entretien et évaluation partielle). La décision s'appuie sur les dispositions de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 et du décret n° 2010-888 du 28 juillet 2010 relatifs à l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires.
25/09/2025
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2307997
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B A, réserviste opérationnel, qui demandait l'annulation de la décision du 18 janvier 2023 de la commission de recours de l'invalidité lui refusant une pension militaire d'invalidité pour une affection non imputable au service. Le tribunal a jugé que M. A n'apportait pas la preuve, exigée par les articles L. 121-1 et suivants du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre, que son infirmité était directement causée par l'exercice de ses fonctions de réserviste. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions de la requête, incluant la demande de pension et celle au titre des frais de justice.
25/09/2025