mercredi 12 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2211726 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET CORMIER, BADIN (SELARL) |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête, enregistrée le 25 mai 2022, sous le numéro 2211726, et deux mémoires, enregistrés le 14 novembre 2022 et le 17 mars 2023, ce dernier n'ayant pas fait l'objet d'une communication, M. B D, représenté par Me Tisler, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 18 janvier 2022 par laquelle le président de l'université Paris II Panthéon-Assas a refusé de renouveler son contrat de chargé d'enseignant vacataire ;
2°) de mettre à la charge de l'université Paris II Panthéon-Assas une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- cette décision présente le caractère d'une sanction disciplinaire déguisée ;
- elle a été prise au terme d'une procédure irrégulière dès lors que la procédure disciplinaire prévue par le code de l'éducation n'a pas été respectée ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- il n'a pas pu faire valoir utilement ses observations sur les faits qui lui étaient reprochés ;
- elle est entachée d'erreurs de fait ;
- il a déposé une plainte et le procureur de la République a ordonné une enquête ;
- elle n'est justifiée par aucun motif tiré de l'intérêt du service ou de sa manière de servir ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle est constitutive d'une discrimination quant à son orientation sexuelle ;
- elle porte atteinte au principe constitutionnel d'indépendance des enseignants-chercheurs et méconnaît l'article L. 952-2 du code de l'éducation, le motif réel de non-renouvellement de son contrat résidant dans la volonté de remettre en cause les choix pédagogiques de l'équipe de M. A ;
- elle est entachée d'un détournement de pouvoir.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 juillet 2022, l'université Paris II-Panthéon Assas, représentée par Me Badin, conclut au rejet de la requête de M. D et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à sa charge au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête de M. D est irrecevable dès lors qu'il s'agit d'une mesure d'organisation du service public de l'enseignement supérieur et que la décision attaquée ne constitue pas une mesure disciplinaire ;
- les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.
II. Par une requête, enregistrée le 27 mai 2022, sous le numéro 2211823, et deux mémoires, enregistrés le 14 novembre 2022 et le 17 mars 2023, ce dernier n'ayant pas fait l'objet d'une communication, M. B D, représenté par Me Tisler, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions des 24 juin, 20 juillet et 30 août 2021 par lesquelles le président de l'université Paris II Panthéon-Assas a refusé de renouveler son contrat de chargé d'enseignant vacataire au titre de l'année universitaire 2021-2022 ;
2°) de mettre à la charge de l'université Paris II Panthéon-Assas une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision de non-renouvellement de son contrat présente le caractère d'une sanction disciplinaire déguisée ;
- elle a été prise au terme d'une procédure irrégulière dès lors que la procédure disciplinaire prévue par le code de l'éducation n'a pas été respectée ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- il n'a pas pu faire valoir utilement ses observations sur les faits qui lui étaient reprochés ;
- elle est entachée d'erreurs de fait, l'université n'apportant aucun élément matériel permettant de justifier de la décision de non-renouvellement de son contrat ;
- il a déposé une plainte et le procureur de la République a ordonné une enquête ;
- les faits qui lui sont reprochés et leur gravité sont insuffisants pour justifier cette décision et ne sont pas suffisamment vraisemblables ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle n'est justifiée par aucun motif tiré de l'intérêt du service ou de sa manière de servir ;
- elle est constitutive d'une discrimination quant à son orientation sexuelle ;
- elle porte atteinte au principe constitutionnel d'indépendance des enseignants-chercheurs et méconnaît l'article L. 952-2 du code de l'éducation, le motif réel de non-renouvellement de son contrat résidant dans la volonté de remettre en cause les choix pédagogiques de l'équipe de M. A ;
- elle est entachée d'un détournement de pouvoir.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 juillet 2022, l'université Paris II Panthéon-Assas, représentée par Me Badin, conclut au rejet de la requête de M. D et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à sa charge au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête de M. D est irrecevable dès lors qu'il s'agit d'une mesure d'organisation du service public de l'enseignement supérieur et que la décision attaquée ne constitue pas une mesure disciplinaire ;
- les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- le décret n° 87-889 du 29 octobre 1987 relatif aux conditions de recrutement et d'emploi de vacataires pour l'enseignement supérieur ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Sueur, greffière d'audience :
- le rapport de M. C,
- les conclusions de M. Lamy, rapporteur public,
- les observations de Me Tisler, représentant M. D,
- et les observations de Me Badin, représentant l'université Paris II-Panthéon Assas.
Deux notes en délibéré, présentées pour M. D, ont été enregistrées le 6 avril 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Par un courrier électronique du 24 juin 2021, le président de l'université Paris II Panthéon-Assas a informé le directeur du centre universitaire de Melun de cette université que le contrat de vacataire de M. D, chargé d'enseignement au sein de ce centre depuis 2008 et exerçant les fonctions de chargé de travaux dirigés, ne serait pas renouvelé pour la rentrée universitaire de septembre 2021-2022. Le 15 juillet 2021, M. D a sollicité un rendez-vous avec le président de l'université qui, par un courrier du 20 juillet 2021, a rejeté cette demande. Par un courrier du 30 août 2021, le président de cette université a confirmé à M. D que son contrat de vacataire ne serait pas renouvelé pour l'année 2021-2022, dans l'attente des conclusions d'une enquête administrative le concernant. Par un courrier du 18 janvier 2022, le président de cette université a refusé de renouveler son contrat d'enseignant vacataire. M. D demande au tribunal d'annuler les décisions des 24 juin, 20 juillet et 30 août 2021 et du 18 janvier 2022.
Sur la jonction :
2. Les requêtes susvisées présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 952-1 du code de l'éducation : " Sous réserve des dispositions de l'article L. 951-2, le personnel enseignant comprend des enseignants-chercheurs appartenant à l'enseignement supérieur, d'autres enseignants ayant également la qualité de fonctionnaires, des enseignants associés ou invités et des chargés d'enseignement. / () / Les chargés d'enseignement apportent aux étudiants la contribution de leur expérience. Cette expérience peut être constituée par une fonction élective locale. Les chargés d'enseignement doivent exercer une activité professionnelle principale en dehors de leur activité d'enseignement ou une fonction exécutive locale. Ils sont nommés pour une durée limitée par le président de l'université, sur proposition de l'unité intéressée, ou le directeur de l'établissement. En cas de perte d'emploi, les chargés d'enseignement désignés précédemment peuvent voir leurs fonctions d'enseignement reconduites pour une durée maximale d'un an. / () ".
4. Aux termes de l'article 1 du décret du 29 octobre 1987 visé ci-dessus : " Les établissements publics d'enseignement supérieur relevant du ministre de l'éducation nationale peuvent faire appel pour des fonctions d'enseignement, dans les disciplines autres que médicales et odontologiques, à des chargés d'enseignement vacataires et, dans toutes les disciplines, à des agents temporaires vacataires, dans les conditions définies par le présent décret. ". Aux termes de l'article 2 de ce même décret : " Les chargés d'enseignement vacataires sont des personnalités choisies en raison de leur compétence dans les domaines scientifique, culturel ou professionnel, qui exercent, en dehors de leur activité de chargé d'enseignement, une activité professionnelle principale consistant :- soit en la direction d'une entreprise ;- soit en une activité salariée d'au moins neuf cents heures de travail par an ;- soit en une activité non salariée à condition d'être assujetties à la taxe professionnelle ou de justifier qu'elles ont retiré de l'exercice de leur profession des moyens d'existence réguliers depuis au moins trois ans. () Si les chargés d'enseignement vacataires perdent leur activité professionnelle principale, ils peuvent néanmoins continuer leurs fonctions d'enseignement pour une durée maximale d'un an. ". Aux termes de l'article 4 du même décret : " Dans les établissements publics d'enseignement supérieur relevant du ministre chargé de l'enseignement supérieur, les personnels régis par le présent décret sont engagés pour effectuer un nombre limité de vacations. Ils sont recrutés par le président ou le directeur de l'établissement après avis du conseil académique ou de l'organe compétent pour exercer les attributions mentionnées au IV de l'article L. 712-6-1 du code de l'éducation, siégeant en formation restreinte aux enseignants-chercheurs et personnels assimilés et, le cas échéant, sur proposition du directeur de l'unité de formation et de recherche./ Les vacations attribuées pour chaque engagement en application du présent décret ne peuvent excéder l'année universitaire. / Lorsqu'ils n'assurent que des vacations occasionnelles, les personnels régis par le présent décret sont engagés par le chef d'établissement sur proposition du directeur de l'unité de formation et de recherche. ".
5. Il résulte des dispositions particulières précitées que les contrats passés par les établissements publics d'enseignement supérieur relevant du ministre chargé de l'enseignement supérieur en vue de recruter des chargés d'enseignement sont conclus pour une durée déterminée, le cas échéant renouvelable. Ces dispositions qui dérogent aux règles générales applicables aux agents contractuels de la fonction publique, permettent aux étudiants de recevoir un enseignement fondé sur la pratique professionnelle concrète des personnes ainsi recrutées en qualité de chargé d'enseignement et implique nécessairement que ces derniers exercent une activité professionnelle principale différente de l'activité d'enseignement.
6. Il résulte également de ces dispositions qu'un chargé d'enseignement vacataire qui a été recruté par un contrat à durée déterminée ne bénéficie pas d'un droit au renouvellement de son contrat. Toutefois, l'administration ne peut légalement décider, au terme de son contrat, de ne pas le renouveler, que pour un motif tiré de l'intérêt du service. Un tel motif s'apprécie au regard des besoins du service ou des considérations tendant à la personne de l'agent. Dès lors qu'elles sont de nature à caractériser un intérêt du service justifiant le non renouvellement du contrat, la circonstance que des considérations relatives à la personne de l'agent soient par ailleurs susceptibles de justifier une sanction disciplinaire ne fait pas obstacle, par elle-même, à ce qu'une décision de non renouvellement du contrat soit légalement prise, pourvu que l'intéressé ait alors été mis à même de faire valoir ses observations.
7. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que pour refuser le renouvellement du contrat de vacation de M. Coursimault, le président de l'université Paris II-Assas s'est fondé sur quatre signalements d'étudiants auprès de la cellule " Réagir Assas " dénonçant un comportement inapproprié du requérant à leur égard et sur la circonstance qu'il aurait introduit une arme à feu dans l'enceinte de l'université.
8. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que, après ces signalements, la cellule " Réagir Assas " a entendu leurs auteurs et en a rendu compte au président de l'université qui, par un courrier électronique du 24 juin 2021 a informé le directeur centre universitaire de Melun que l'intéressé ne serait pas renouvelé dans ses fonctions de chargé de travaux dirigés pour l'année universitaire 2021-2022. Il ressort également des pièces du dossier que, par un courrier du 15 juillet 2021, M. D a sollicité un rendez-vous auprès du président de cette université, lequel lui a répondu par un courrier du 20 juillet 2021 qu'il serait entendu par la commission d'enquête administrative spécialement créée. Le 7 septembre 2021, M. D a été convoqué devant cette commission d'enquête administrative et a été entendu le 5 octobre 2021. Le 3 janvier 2022, M. D a de nouveau adressé un courrier au président de l'université Paris II Panthéon-Assas. Il suit de là que le moyen tiré de ce que M. D n'aurait pas été mis à même de faire valoir ses observations manque en fait et doit être écarté.
9. En deuxième lieu, d'une part, il ressort des pièces du dossier et des témoignages concordants de plusieurs étudiants et du directeur du centre universitaire de Melun que M. D a pu adopter un comportement qualifié de " malsain " pendant ses cours et lorsqu'il tentait de nouer avec certains étudiants des relations en dehors du strict cadre universitaire et pédagogique, qu'il faisait état des relations privilégiées qu'il entretenait avec le responsable de l'enseignement qui l'avait recruté, également directeur du centre universitaire de Melun de l'université Paris II-Panthéon Assas, lequel, au demeurant, a admis qu'il était " très proche, souvent trop proche des étudiants ", comportement révélé notamment par des messages d'ordre privé échangés avec un étudiant. Outre cette familiarité entretenue avec certains étudiants, le directeur du centre universitaire a relevé que M. D avait pu se prendre en photo dans son bureau, alors qu'il était absent, et lors de rencontres d'ordre privé avec ce dernier, photographies qu'il a ensuite pu publier sur des réseaux sociaux. D'autre part, il ressort également de ces témoignages que le requérant pouvait s'abstenir de faire des retours à ses étudiants quant à certains de leurs travaux personnels et de dispenser ses cours à partir des documents élaborés par le responsable de l'enseignement qu'il avait en charge. Il suit de là, et alors même que certains étudiants et certains membres du personnel de l'université avaient une opinion favorable de l'enseignement et du comportement de M. Coursimault, le président de l'université Paris II Panthéon-Assas a pu, sans entacher ses décisions d'erreurs de fait et, au regard des aptitudes pédagogiques et relationnelles et de la réserve attendues d'un chargé d'enseignement intervenant à l'université, sans commettre d'erreurs manifestes d'appréciation, décider dans l'intérêt du service que le contrat de M. D ne serait pas renouvelé.
10. En troisième lieu, il résulte de ce qui précède que les décisions portant refus de renouvellement de son contrat de vacation, alors même qu'elles ont été prises pour des motifs tirés du comportement de M. D, ont été prises dans l'intérêt du service. Les pièces du dossier ne font aucunement ressortir qu'elles auraient eu pour objet de sanctionner le comportement de M. D, la commission d'enquête ayant elle-même conclu que les éléments réunis paraissaient insuffisants pour déclencher une procédure disciplinaire, et auraient ainsi revêtu le caractère de sanctions déguisées, ni qu'elles seraient entachées de détournement de pouvoir.
11. En quatrième lieu, une décision de non renouvellement à son terme d'un contrat à durée déterminée d'un agent public, même prise pour des raisons tirées de la manière de servir de l'intéressé, n'est pas au nombre des décisions qui doivent être motivées. Par suite, et dès lors que, ainsi qu'il vient d'être dit, les décisions attaquées ne sont pas constitutives de sanctions disciplinaires déguisées, le moyen tiré de qu'elles seraient insuffisamment motivées, et le moyen tiré de ce qu'elles auraient été adoptées en méconnaissance des dispositions du code de l'éducation relatives à la procédure disciplinaire, sont inopérants et doivent être écartés.
12. En cinquième lieu, aux termes de l'article 6 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, alors applicable : " () Aucune distinction, directe ou indirecte, ne peut être faite entre les fonctionnaires en raison de leurs opinions politiques, syndicales, philosophiques ou religieuses, de leur origine, de leur orientation sexuelle ou identité de genre, de leur âge, de leur patronyme, de leur situation de famille, de leur état de santé, de leur apparence physique, de leur handicap ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie ou une race. () ". Il appartient au juge administratif, dans la conduite de la procédure inquisitoire, de demander aux parties de lui fournir tous les éléments d'appréciation de nature à établir sa conviction. Cette responsabilité doit, dès lors qu'il est soutenu qu'une mesure a pu être empreinte de discrimination, s'exercer en tenant compte des difficultés propres à l'administration de la preuve en ce domaine et des exigences qui s'attachent aux principes à valeur constitutionnelle des droits de la défense et de l'égalité de traitement des personnes. S'il appartient au requérant qui s'estime lésé par une telle mesure de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer une atteinte à ce dernier principe, il incombe au défendeur de produire tous ceux permettant d'établir que la décision attaquée repose sur des éléments objectifs étrangers à toute discrimination. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si la décision contestée devant lui a été ou non prise pour des motifs entachés de discrimination, se détermine au vu de ces échanges contradictoires.
13. En l'espèce, si le directeur du centre universitaire de Melun de l'université Paris II-Panthéon Assas a attesté que le président de la commission d'enquête administrative l'avait interrogé sur l'orientation sexuelle de M. D, cette seule circonstance, pour regrettable qu'elle soit, ne permet pas à elle seule de démontrer que les décisions attaquées ont été prises en raison de cette orientation.
14. En dernier lieu, d'une part, M. D, qui n'avait pas le statut d'enseignant-chercheur, ne peut utilement soutenir que ces décisions porteraient atteinte au principe constitutionnel d'indépendance des enseignants-chercheurs et méconnaîtraient l'article L. 952-2 du code de l'éducation. D'autre part, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que ces décisions auraient eu pour objet de remettre en cause les choix pédagogiques du directeur du centre universitaire de Melun de l'université Paris II-Panthéon Assas, en violation de ce principe et de ces dispositions.
15. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense par l'université Paris II Panthéon-Assas, que les conclusions des requêtes de M. D doivent être rejetées.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'université Paris II Panthéon-Assas, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, les sommes demandées par M. D au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Par ailleurs, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. D les sommes demandées par l'université Paris II Panthéon-Assas au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes de M. D sont rejetées.
Article 2 : Les conclusions présentées par l'université Paris II Panthéon-Assas au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B D et à l'université Paris II Panthéon-Assas.
Délibéré après l'audience du 29 mars 2023 à laquelle siégeaient :
- Mme Riou, présidente,
- M. Gandolfi, premier conseiller,
- Mme Abdat, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 12 avril 2023.
Le rapporteur,
G. C
La présidente,
C. Riou La greffière,
L. Sueur
La République mande et ordonne au ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°s 2211726, 2211823
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026