vendredi 1 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2211802 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Section 8 - Chambre 2 |
| Avocat requérant | KADOCH |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 23 mai 2022, enregistrée le 23 mai 2022 au greffe du tribunal, le président du tribunal administratif d'Orléans a transmis au tribunal administratif de Paris la requête présentée par M. B A.
Par une requête, enregistrée au greffe du tribunal administratif d'Orléans le 27 avril 2022, M. A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 25 avril 2022 par lequel le préfet du Loir-et-Cher l'a obligé à quitter le territoire français, lui a refusé l'octroi d'un délai de départ volontaire et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné.
Il soutient que :
- il n'a pas bénéficié d'un interprète professionnel lors de son audition et n'a donc pas compris ce qu'il signait et n'a pu valablement présenter ses observations ;
- il est inséré professionnellement et a des attaches sur le territoire français, en particulier sa concubine.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 juin 2022, le préfet du Loir-et-Cher, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme C en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les observations de Me Kadoch, représentant de M. A, absent, qui soutient en outre que l'arrêté méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et qu'il est entaché d'un vice de procédure dès lors qu'il n'a pas bénéficié des services d'un interprète lors de son audition et de la notification de l'arrêté.
- le préfet de Loir-et-Cher n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant serbe né le 9 août 1999, est entré en France, selon ses déclarations, en 2017. Par un arrêté du 25 avril 2022, le préfet du Loir-et-Cher l'a obligé à quitter le territoire français, lui a refusé l'octroi d'un délai de départ volontaire et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné. M. A, demande au tribunal d'annuler ces décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 141-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'un étranger fait l'objet d'une décision de refus d'entrée en France, de placement en rétention ou en zone d'attente, de retenue pour vérification du droit de circulation ou de séjour ou de transfert vers l'Etat responsable de l'examen de sa demande d'asile et qu'il ne parle pas le français, il indique au début de la procédure une langue qu'il comprend. Il indique également s'il sait lire. / Ces informations sont mentionnées sur la décision de refus d'entrée, de placement ou de transfert ou dans le procès-verbal prévu au premier alinéa de l'article L. 813-13. Ces mentions font foi sauf preuve contraire. La langue que l'étranger a déclaré comprendre est utilisée jusqu'à la fin de la procédure. / Si l'étranger refuse d'indiquer une langue qu'il comprend, la langue utilisée est le français. ". Aux termes de l'article L. 813-5 du même code : " L'étranger auquel est notifié un placement en retenue en application de l'article L. 813-1 est aussitôt informé, dans une langue qu'il comprend ou dont il est raisonnable de supposer qu'il la comprend, des motifs de son placement en retenue, de la durée maximale de la mesure et du fait qu'il bénéficie des droits suivants : 1° Etre assisté par un interprète ; () ".
3. M. A soutient que son droit d'être entendu n'a pas été effectif dès lors que l'interprète qui l'a assisté, qui n'est pas inscrit sur une liste des interprètes et n'est pas professionnel, a mal traduit le procès-verbal d'audition et le sens de l'arrêté contesté. S'il résulte des dispositions précitées que l'étranger, qui ne parle pas le français, doit être informé de ses droits, notamment à bénéficier d'un interprète, en revanche, aucune disposition n'impose, lorsque l'interprète est présent lors de l'audition, qu'il figure sur une liste préétablie. Il ressort en l'espèce du procès-verbal d'audition, que, dans le cadre de sa retenue administrative, M. A a été informé, par le truchement d'un interprète en langue serbe qu'il a déclaré comprendre, de l'ensemble de ses droits, et notamment de la possibilité de bénéficier de l'assistance d'un interprète et d'un avocat. Il a d'ailleurs décliné l'assistance d'un avocat et seulement fait part de son souhait d'être assisté par un interprète. Il ressort en outre de ce même procès-verbal, que les réponses aux questions qui lui ont été posées, lors de sa retenue administrative, sont cohérentes. Enfin, il n'est nullement fait mention dans ce procès-verbal d'une quelconque difficulté de compréhension avec l'interprète qui l'a assisté. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir que son droit à être entendu préalablement à la décision contestée a été méconnu.
4. En deuxième lieu, les conditions de notification d'un acte administratif étant sans incidence sur sa légalité, M. A ne saurait utilement soutenir que l'arrêté litigieux lui aurait été irrégulièrement notifié en l'absence d'un interprète professionnel.
5. En troisième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). ".
6. Il ressort des pièces du dossier que M. A est en couple avec une ressortissante française depuis deux ans et demi sans justifier d'une vie commune avec elle et qu'il travaille en tant que menuisier à temps partiel depuis le 7 janvier 2022. En outre, il n'établit pas être dépourvu de liens dans son pays d'origine où il a vécu, à tout le moins jusqu'à l'âge de 18 ans et où il déclare être retourné depuis son entrée sur le territoire français. Dans ces conditions, eu égard au caractère récent de sa présence et des conditions de son séjour en France, le préfet du Loir-et-Cher n'a pas porté au droit au respect de la vie privée et familiale de l'intéressé, garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels l'obligation de quitter le territoire français a été prise.
7. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet du Loir-et-Cher du 25 avril 2022.
D É C I D E:
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet du Loir-et-Cher.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er juillet 2022.
La magistrate désignée,
A. CASTERALa greffière,
D. TOUPILLIER
La République mande et ordonne au préfet du Loir-et-Cher en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2211802/8-
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026