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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2214661

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2214661

vendredi 16 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2214661
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4e Section - 3e Chambre
Avocat requérantSINGH

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête accompagnée de pièces complémentaires enregistrées le 7 juillet et le 7 septembre et le 15 novembre 2022, M. N'zi Charles B, représenté par Me Singh, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 20 juin 2022 par lequel le préfet de police lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans ;

3°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée ou familiale " ou " salarié " ou une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler à temps plein et de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros, à verser à Me Singh, en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.

Il soutient que :

- la décision de refus de titre a été signée par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;

- elle a été prise au terme d'une procédure irrégulière dès lors que l'agent ayant consulté le fichier du traitement des antécédents judiciaires ne disposait pas d'une habilitation pour ce faire et que la consultation du fichier ne peut aboutir à une décision défavorable qu'après la saisine préalable, pour complément d'information, des services de la police nationale ou des unités de gendarmerie nationale ;

- elle méconnaît les articles L. 412-5 et L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que la menace à l'ordre public n'est pas avérée ;

- elle méconnaît l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- l'obligation de quitter le territoire français est illégale du fait de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour qu'elle assortit ;

- elle été signée par une autorité incompétente ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision de refus d'octroi d'un délai de départ volontaire est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision d'interdiction de retour sur le territoire français méconnaît l'article

L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle porte atteinte au droit au respect de la vie privée et familiale du requérant et méconnaît ainsi les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision fixant le pays de renvoi : est illégale du fait de l'illégalité de la décision d'obligation de quitter le territoire français qu'elle assortit

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

Par un mémoire en défense enregistré le 2 août 2022, le préfet de police conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- le moyen tiré de l'exception d'illégalité soulevé à l'encontre de la décision fixant le pays de renvoi est inopérant ;

- les autres moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Des pièces complémentaires ont été produite pour M. B, enregistrées le 28 novembre et le 1er décembre 2022, qui n'ont pas été communiquées.

Par une décision du 12 juillet 2022 M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention franco-ivoirienne relative à la circulation et au séjour des personnes du 21 septembre 1992 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendu au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. C ;

- et les observations de Me Singh, représentant M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. N'zi Charles B, ressortissant ivoirien né le 17 décembre 2002, est entré en France le 12 octobre 2018 selon ses déclarations. Il a demandé son admission au séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 20 juin 2022, le préfet de police a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays à destination duquel il est éloigné et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. M. B demande l'annulation de cet arrêté.

Sur le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire :

2. Par une décision du 12 juillet 2022 M.B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Dès lors, ses conclusions tendant à son admission à titre provisoire à cette aide sont devenues sans objet et il n'y a pas lieu d'y statuer.

Sur de la décision de refus de titre de séjour :

3. En premier lieu, l'arrêté du 20 juin 2022 a été signé par M. D E, sous-préfet hors classe, sous-directeur du séjour et de l'accès à la nationalité, qui disposait d'une délégation de signature à cette fin, consentie par un arrêté du préfet de police du 27 septembre 2021, régulièrement publiée au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de police de Paris le même jour. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué manque en fait.

4. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont le préfet de police a fait application. Il mentionne également, avec suffisamment de précisions, les circonstances de fait sur lesquelles son auteur s'est fondé. Ainsi, à leur seule lecture, M. B est en mesure de connaitre les motifs de la décision prise à son encontre. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.

5. En troisième lieu, il ne ressort pas des termes de l'arrêté attaqué que celui-ci a été pris sans examen suffisant de la situation personnelle du requérant.

6. En quatrième lieu, d'une part, il ressort des pièces du dossier, notamment de l'arrêté du 16 février 2022 modifiant l'arrêté du 30 septembre 2021 portant habilitation des agents de la délégation à l'immigration pour l'accès aux données à caractère personnel contenues dans certains traitements de données automatisés, que M. D E a accès aux données figurant dans le système de traitement des antécédents judiciaires. D'autre part, aucune disposition légale ou réglementaire n'impose à l'autorité administrative refusant un titre de séjour la saisine préalable pour complément d'information de la police nationale ou des unités de gendarmerie nationale. Il suit de là que le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.

7. En cinquième lieu, les dispositions de l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne sont applicables que pour les demandes de titres de séjour prévues aux articles L. 425-4 ou L. 425-10 ainsi qu'à la délivrance de la carte de résident et de la carte de résident portant la mention " résident de longue durée -UE ". Il suit de là, et en tout état de cause, que M. B, qui a déposé une demande de titre sur le fondement des dispositions de l'article L. 425-4 du même code, ne peut utilement soutenir que le préfet de police aurait méconnu cette disposition.

8. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, " A titre exceptionnel, l'étranger qui a été confié à l'aide sociale à l'enfance ou du tiers digne de confiance entre l'âge de seize ans et l'âge de dix-huit ans et qui justifie suivre depuis au moins six mois une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle peut, dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire, se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ", sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de cette formation, de la nature de ses liens avec sa famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil ou du tiers digne de confiance sur l'insertion de cet étranger dans la société française. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. ". Aux termes de l'article L. 432-1 du même code, " La délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public. ".

9. M. B conteste les troubles à l'ordre public qui lui sont reprochés par le préfet de police, qui ne démontre pas qu'il se serait rendu coupable de faits délictueux le 19 août 2020 pour usage de faux en écriture, altération frauduleuse de la vérité dans un récit et escroquerie, ni des faits de viol pour lesquels il aurait été placé en garde à vue le 2 février 2022. Il suit de là que les motifs par lesquels le préfet de police a opposé à ce dernier le fait qu'il pouvait constituer une menace à l'ordre public sont entachés d'erreur d'appréciation.

10. Toutefois, pour rejeter la demande, le préfet de police s'est également fondé sur la circonstance que le requérant ne démontrait pas le caractère réel et sérieux du suivi de la formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle. Il ressort de l'instruction que M. B a manqué d'assiduité au premier semestre de l'année scolaire 2021/2022. En outre, il ressort de la note sociale du 7 septembre 2022 que M. B s'est inscrit à une autre formation que celle pour laquelle il avait fait sa première demande de titre de séjour, ce qui démontre une certaine instabilité de son parcours scolaire, ce que confirment les deux lettres de soutien de ses professeurs. Il suit de là que le préfet de police aurait pris la même décision s'il s'était fondée sur ce seul motif.

11. En septième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 9, le préfet de police n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni commis d'erreur manifeste d'appréciation.

12. En huitième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. B a déposé une demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de cette disposition est inopérant.

13. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. ()".

14. M. B fait valoir qu'il a quitté son pays d'origine, la Côte-d'Ivoire, pour rejoindre la France à l'âge de quinze ans, alors qu'il était en conflit avec la famille d'accueil à laquelle sa mère l'avait confié. Toutefois, il ne ressort pas des pièces versées au dossier que le requérant, célibataire et sans enfant à charge, a construit en France des relations d'une intensité particulière depuis son arrivée en 2018. En outre, M. B ne démontre pas une intégration particulière au sein de la société française. Dans ces conditions, le préfet n'a pas porté au droit de M. B au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels la décision attaquée a été prise. Il n'a ainsi méconnu ni les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni commis d'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de M. B.

15. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision de refus de titre de séjour attaquée.

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

16. En premier lieu, il résulte de ce qui est dit aux points 3 à 15 que la décision de refus de titre de séjour n'est pas illégale. Il suit de là que M. B n'est pas fondé à soutenir que son illégalité prive de base légale la décision portant obligation de quitter le territoire français.

17. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 3, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.

18. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 14, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.

19. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français attaquée.

Sur la décision refusant le délai de départ volontaire :

20. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. / Elle peut prolonger le délai accordé pour une durée appropriée s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. L'étranger est informé par écrit de cette prolongation. ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code, " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / 2° L'étranger s'est vu refuser la délivrance ou le renouvellement de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour au motif que sa demande était manifestement infondée ou frauduleuse ; / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ".

21. Ainsi qu'il a été dit au point 9, le préfet de police n'établit pas la réalité des faits d'atteinte à l'ordre public reprochés à M. B, qui les conteste. Il suit de là que le préfet de police, en refusant d'accorder un délai de départ à M. B, a méconnu les dispositions précitées.

Surla décision d'interdiction de retour sur le territoire français :

22. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour.

Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. "

23. Il résulte de ce qui a été dit aux points 20 et 21 que la décision refusant à M. B un délai de départ volontaire est illégale. Il suit de là que M. B est fondé à soutenir que la décision d'interdiction de retour sur le territoire français, prise par le préfet de police en raison de l'absence de délai de départ volontaire ainsi que le prévoient les dispositions précitées de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, doit être annulée.

Sur la décision fixant le pays de renvoi :

24. En premier lieu, il résulte de ce qui est dit aux points 16 à 19 que la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas illégale. Il suit de là que M. B n'est pas fondé à soutenir que son illégalité prive de base légale la décision fixant le pays de renvoi.

25. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".

26. En se bornant à faire valoir que les décisions attaquées méconnaissent les stipulations précitées dès lors qu'il serait soumis à une situation d'isolement en cas de retour en Côte-d'Ivoire, M. B n'établit pas la réalité des risques auxquels il serait personnellement exposé en cas de retour dans son pays d'origine. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

27. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision fixant le pays de renvoi attaquée.

28. Il résulte de tout ce qui précède que M. B est seulement fondé à demander l'annulation des décisions du 20 juin 2022 par laquelle le préfet de police lui refusé un délai de départ volontaire et lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant un délai de trois ans et, par voie de conséquence, celle en vertu de laquelle il a fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen.

Sur les frais liés au litige :

28. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à verser à Me Singh par application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique sous réserve de la part de cette avocate de renoncer à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridique.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu à statuer sur les conclusions tendant à l'admission à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Les décisions du 20 juin 2022 par lesquelles le préfet de police a refusé à M. B un délai de départ volontaire, lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant un délai de trois ans et en vertu de laquelle il a fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen sont annulées.

Article 3 : L'Etat versera la somme de 1 000 euros à Me Singh au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative et par application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve de la part de cette avocate de renoncer à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridique.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. N'zi Charles B, au préfet de police et à Me Singh.

Délibéré après l'audience du 2 décembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Simonnot, président,

M. Grandillon, premier conseiller,

M. Paret, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 décembre 2022.

Le rapporteur,

F. C

Le président,

J.-F. SIMONNOT La greffière,

S. RAHMOUNI

La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

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