jeudi 21 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2223647 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 2e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | CAYLA DESTREM |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 novembre 2022, M. C B, représenté par Me Cayla-Destrem, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 13 septembre 2022 par lequel la maire de Paris a prononcé sa mise à la retraite pour invalidité à compter du 1er octobre 2022 ;
2°) d'enjoindre à la Ville de Paris de prononcer sa mise en retraite pour invalidité liée à une maladie professionnelle ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) le cas échéant, si le tribunal s'estime insuffisamment informé, d'ordonner avant-dire droit qu'il soit procédé à une expertise sur son état de santé afin de déterminer si l'une de ses pathologies serait imputable au service ou de nature à lui ouvrir droit à un congé de longue durée ;
4°) de mettre à la charge de la Ville de Paris la somme de 2 000 euros au titre des frais liés au litige.
M. B soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'incompétence ;
- il n'a pas été prévenu de la possibilité de consulter son dossier médical ;
- la composition de la commission de réforme était irrégulière ;
- il n'a pas été informé de la possibilité de saisir le comité médical supérieur ;
- il n'avait pas épuisé ses droit à congé de maladie ni à disponibilité d'office ;
- la Ville de Paris aurait dû tenter de le reclasser.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 novembre 2023, la Ville de Paris conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique,
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires,
- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 pris pour l'application de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux,
- le décret n°2003-1306 du 26 décembre 2003 relatif au régime de retraite des fonctionnaires affiliés à la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales,
- l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Coz,
- les conclusions de Mme Belkacem, rapporteure publique,
- et les observations de Mme A, pour la Ville de Paris.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B, conducteur d'automobile de la Ville de Paris depuis le 16 décembre 2002, devenu chef d'équipe conducteur automobile au 1er janvier 2010, puis chef d'équipe conducteur automobile principal au 1er janvier 2017, a été placé en congé de longue maladie à compter du 10 janvier 2020. A la suite d'une demande de M. B, la Ville de Paris l'a placé en retraite pour invalidité avec effet au 1er octobre 2022. M. B demande l'annulation de cette décision.
2. Si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de cette décision ou s'il a privé les intéressés d'une garantie.
3. Aux termes de l'article 27 de l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière : " Il est créé auprès du préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, deux commissions de réforme compétentes respectivement : / () / 1° Pour les personnels affiliés à la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales relevant de l'article 118 de la loi du 26 janvier 1984 susvisée ; ". En vertu des dispositions de l'article 30 du même arrêté, la commission de réforme comprend notamment " () / - deux praticiens de médecine générale, membres du comité médical dont relève l'agent, auxquels est adjoint, pour les cas relevant de sa compétence, un médecin spécialiste, qui participe aux délibérations mais ne participe pas aux votes / () ".
4. Il résulte de ces dispositions que doit être présent, au sein de la commission de réforme appelée à statuer sur la demande de retraite imputable pour maladie imputable au service formulée par un agent, en plus des deux praticiens de médecine générale, un médecin spécialiste de la pathologie invoquée par l'agent qui, s'il participe aux échanges de la commission, ne prend pas part au vote de son avis. La garantie qui résulte de ces dispositions constitue pour l'agent le fait que la commission de réforme soit éclairée par un médecin spécialiste de sa pathologie.
5. M. B est affecté depuis la fin des années 2000 de douleurs récurrentes des genoux, dont l'intensité a crû et l'a conduit à être placé en congé de longue maladie. Un arthroscanner du genou droit réalisé le 12 février 2019 a révélé une fissure cartilagineuse profonde de secteur portant du condyle externe et une fissure radiaire partielle incomplète de la corne postérieure du ménisque interne, et l'arthroscanner du genou gauche du 19 février 2019 a conclu à une érosion irrégulière cartilagineuse patellaire-externe de grade 3 et à une fissure radiaire complète de la corne postérieure du ménisque interne. Il est constant qu'aucun médecin spécialiste des pathologies dont souffre M. B n'était présent lors de la réunion de la commission de réforme qui a émis un avis sur sa situation. Il ne ressort pas des pièces du dossier que la commission aurait disposé de certificats médicaux suffisamment précis pour se prononcer sur l'imputabilité au service des pathologies dont souffre M. B sans la présence d'un tel spécialiste. Dans ces conditions, M. B est fondé, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, ni d'ordonner une expertise, à obtenir l'annulation de la décision attaquée.
6. Le présent jugement implique uniquement que la Ville de Paris statue de nouveau sur la demande de M. B, dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la Ville de Paris la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté de la maire de Paris du 13 septembre 2022 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint à la Ville de Paris de réexaminer la demande de M. B dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La Ville de Paris versera à M. B la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et à la Ville de Paris.
Délibéré après l'audience du 7 mars 2024 à laquelle siégeaient :
M. Fouassier, président,
M. Coz, premier conseiller,
Mme Arnaud, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mars 2024.
Le rapporteur,
Y. COZ
Le président,
C. FOUASSIER
La greffière,
C. EL HOUSSINE
La République mande et ordonne au préfet de la région d'Île-de-France, préfet de Paris, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision./2-3
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2517378
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé l'arrêté préfectoral refusant un titre de séjour et ordonnant l'éloignement d'un ressortissant malien. La juridiction a estimé que le préfet avait commis une erreur manifeste d'appréciation en ne tenant pas suffisamment compte de l'ancienneté et de la stabilité de l'insertion professionnelle du requérant, qui justifiait une admission exceptionnelle au séjour au titre de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le tribunal a enjoint au préfet de réexaminer la situation du requérant dans un délai de quinze jours.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2519184
Le Tribunal administratif de Paris a annulé l'arrêté du préfet de police refusant un titre de séjour et imposant une obligation de quitter le territoire à M. B..., un ressortissant algérien. La juridiction a retenu que la décision était entachée d'une erreur de droit, notamment en méconnaissant l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que l'article 7 de l'accord franco-algérien, en ne tenant pas compte de la situation professionnelle ancienne et régulière du requérant. Le tribunal a enjoint au préfet de réexaminer la demande de titre de séjour dans un délai de deux mois.
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Le Tribunal administratif de Paris a été saisi d'un recours pour excès de pouvoir contre le refus de renouvellement d'un titre de séjour, l'obligation de quitter le territoire français (OQTF) et la fixation du pays de renvoi. Le requérant invoquait notamment des vices de procédure, une incompétence de l'autorité signataire, une insuffisance de motivation et une méconnaissance de ses droits au titre de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. Le tribunal a rejeté la demande de communication du dossier médical, estimant qu'elle relevait d'une procédure distincte, et a annulé les trois décisions attaquées pour vice de procédure, en raison de l'absence de communication au requérant de l'avis médical sur lequel elles se fondaient, méconnaissant ainsi les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
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Le Tribunal Administratif de Paris a statué sur un recours en excès de pouvoir visant l'annulation d'un arrêté préfectoral refusant un titre de séjour et ordonnant la reconduite à la frontière d'un ressortissant sénégalais. La juridiction a jugé que, l'intéressé n'ayant pas obtenu la reconnaissance de la nationalité française par le tribunal judiciaire, le refus de titre de séjour était légalement fondé. Toutefois, elle a annulé la décision pour erreur de droit, considérant que le préfet n'avait pas examiné la demande à l'aune des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'accord franco-sénégalais du 23 septembre 2006, qui prévoient une admission exceptionnelle au séjour pour motifs humanitaires.
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