mercredi 21 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2225248 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | CABINET DELVOLVE & TRICHET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires en réplique, enregistrés le 6 décembre 2022, le 15 décembre 2022 et le 16 décembre 2022, Mme B C, représentée par
la SERARL Teissonniere Topaloff Lafforgue Andreu et Associés, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 1er juillet 2022 du ministre des armées, notifié le 29 juillet 2022, portant mutation dans l'intérêt du service de Mme C, aide-soignante de l'institution nationale des invalides, du centre des pensionnaires en service de nuit vers le centre de réhabilitation post-traumatique en service de jour, ensemble l'arrêté du 4 juillet 2022 du directeur de l'institution nationale des invalides portant suppression de sa nouvelle bonification indiciaire, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions ;
2°) de mettre à la charge de l'institution nationale des invalides la somme de
2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme C soutient que :
Sur l'urgence :
- la décision portant changement d'affectation en service de jour l'empêche de s'occuper de sa mère âgée qui nécessite une aide quotidienne et qui n'a pas les ressources suffisantes pour faire appel à une tierce personne ;
- son fils ne peut s'occuper de la prise en charge de sa grand-mère depuis la rentrée universitaire ;
- la décision portant suppression de sa bonification indiciaire lui enlève le bénéfice de la somme de 170 euros, ce qui rend sa situation précaire ;
Sur l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées :
- la décision portant changement d'affectation a été prise en l'absence de saisine du comité technique paritaire ;
- elle a été prise de façon expéditive, sans communication du dossier personnel ;
- elle est entachée d'une erreur de droit en tant qu'elle a été prise en considération de la personne et non dans l'intérêt du service.
Par un mémoire en défense et des pièces complémentaires, enregistrés les 15 et
16 décembre 2022, l'institution nationale des invalides, représentée par le cabinet d'avocats au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation, Mes Delvolé et Trichet, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que la condition d'urgence n'est pas satisfaite, que le changement d'affectation litigieux ne fait pas grief et que les moyens soulevés par Mme B C ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier,
- la requête enregistrée le 28 septembre 2022 sous le numéro 2220185 par laquelle Mme C demande l'annulation des décisions attaquées.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Gros, vice-président de section, pour statuer sur les demandes de référé, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 16 décembre 2022 en présence de Mme Toubi, greffière d'audience, M. A a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Macouillard, représentant Mme C, absente, qui reprend et développe ses écritures ;
- les observations de Me Delvolvé, représentant l'institution nationale des invalides, qui reprend et développe ses écritures, exposant notamment que la mesure de mutation dans l'intérêt du service a été prise en vertu de la jurisprudence sur les dissensions non disciplinaires existant au sein d'un service.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C occupe depuis mars 2011 le poste d'aide-soignante civile de l'institution nationale des invalides de Paris, au sein du centre des pensionnaires, en service de nuit. Le 1er juillet 2022, elle a fait l'objet d'une décision de changement d'affectation d'office dans l'intérêt du service au centre de réhabilitation post-traumatique en service de jour. Le
4 juillet 2022, elle a fait l'objet, en conséquence de ce changement d'affectation, d'une décision de suppression de sa nouvelle bonification indiciaire. Par la présente instance,
Mme C demande au juge des référés la suspension de l'exécution de ces deux décisions.
Sur la fin de non-recevoir :
2. La décision attaquée de changement d'affectation de service de nuit en service de jour de Mme C fait grief en ce qu'elle emporte un changement substantiel de ses conditions de travail.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () "
En ce qui concerne l'urgence :
4. La condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient ainsi au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. Enfin, l'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
5. Mme C justifie de l'urgence qu'il y a à suspendre les décisions en litige dans la mesure où le passage du travail de nuit au travail de jour constitue une modification substantielle de ses conditions de travail et qui a, en l'espèce, des conséquences suffisamment graves et immédiates sur sa vie familiale. En effet, ce changement l'empêche de continuer à pouvoir s'occuper pendant la journée de sa mère âgée et dépendante. Il n'est pas sérieusement contesté que c'est suite à l'accident vasculaire cérébrale de sa mère en 2009 qu'elle a commencé à travailler en horaires de nuit et non pour des raisons de pures convenances personnelles. La circonstance que Mme C a formé son recours pour excès de pouvoir juste avant l'expiration du délai de recours de deux mois est en l'espèce sans incidence sur l'appréciation de la condition d'urgence. Il en va de même s'agissant de la durée d'un peu plus de deux mois entre la formation de son recours pour excès de pouvoir le 28 septembre 2022 et celle de son référé-suspension le 6 décembre 2022, dès lors que ce décalage peut s'expliquer, d'une part, par le fait que son fils pouvait assurer un relais pour la prise en charge de sa grand-mère jusqu'à sa rentrée universitaire, et, d'autre part, par le fait que Mme C était en arrêt de travail et pouvait de ce fait s'occuper de sa mère. Il résulte que ce qui précède que la condition d'urgence est remplie.
En ce qui concerne les moyens propres à créer un doute sérieux :
6. Il résulte de l'instruction que, le 13 juin 2022, Mme C est intervenue au cours d'une réunion de consultation des soignants, en tant que représentante syndicale, pour s'opposer à un projet de réorganisation des services. Le 16 juin 2022, elle a fait l'objet d'un entretien au cours duquel il lui a été reproché son attitude au sein de son service, tant avec ses collègues qu'à l'égard des pensionnaires. Le 1er juillet 2022, elle a fait l'objet d'un changement d'affectation dans l'intérêt du service afin de remédier à ces difficultés relationnelles et non pas, comme cela a été confirmé à la barre, en application de la réforme contestée des horaires. Si l'on rapproche, d'une part, cette proximité dans le temps entre son intervention syndicale, son entretien et son changement d'affectation et, d'autre part, l'absence d'élément probant de la réalité des problèmes relationnels dont il ne lui a jamais été fait reproche pendant plus de onze ans au centre des pensionnaires, le moyen tiré de l'existence d'une sanction disciplinaire déguisée, aggravée de discrimination syndicale, est de nature, en l'état de l'instruction, à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée de mutation dans l'intérêt du service, ainsi que de celle de la décision subséquente retirant les dix points de NBI de l'ancien emploi.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
7. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
8. Les dispositions précitées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle aux conclusions présentées à ce titre par l'institution nationale des invalides contre Mme C qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance de référé. Il y a lieu en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'institution nationale des invalides la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, au titre des frais exposés par Mme C et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution des décisions attaquées du 1er juillet 2022 et du 4 juillet 2022 est suspendue.
Article 2 : L'institution nationales des invalides versera à Mme B C la somme de 1 500 au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions présentées par l'institution nationale des invalides au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B C et à l'institution nationale des invalides.
Fait à Paris, le 21 décembre 2022.
Le juge des référés,
L. A
La République mande et ordonne au ministre des armées, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026