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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2300437

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2300437

jeudi 4 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2300437
TypeDécision
Formation6e Section - 3e Chambre
Avocat requérantBALME LEYGUES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 9 janvier, le 1er septembre 2023 et le 10 juin 2024, M. B A, représenté par Me Balme Leygues, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du 4 avril 2022 par laquelle le Centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière a rejeté sa demande d'autorisation d'exercice de la profession de médecin dans la spécialité médecine cardiovasculaire et lui a prescrit un parcours de consolidation des compétences ;

2°) d'enjoindre à la ministre du travail, de la santé et des solidarités de lui délivrer l'autorisation de plein exercice sollicitée dans un délai de 15 jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard, ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte, et de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire d'exercice ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'incompétence de l'auteur de l'acte ;

- elle est entachée d'un vice de procédure, en l'absence de communication de la composition de la commission régionale et de la commission nationale d'autorisation d'exercice et des avis rendus par ces commissions, ainsi qu'en l'absence de preuve que les membres ayant siégé dans ces commissions ont été régulièrement désignés, et en l'absence d'information des candidats sur les critères mis en œuvre pour évaluer leurs candidatures ;

- elle méconnaît l'égalité de traitement entre les candidats, en l'absence de critères précis d'appréciation ;

- elle est entachée de défaut de base légale, dès lors qu'aucune disposition n'oblige les candidats à effectuer un parcours de consolidation dans un centre hospitalier universitaire (CHU), ni à exercer dans plusieurs lieux d'affectation, ni d'avoir de lien établi avec le CHU de proximité, et qu'aucune obligation ne prévoit la réalisation d'un parcours de consolidation des compétences dans un CHU ;

- elle est entachée d'erreur de fait, dès lors qu'il est titulaire d'un diplôme interuniversitaire de cardiologie interventionnelle obtenu à l'université Paris Descartes en 2021, qu'il a effectué un stage de cardiologie interventionnelle pendant un an au sein d'un service validant pour la formation des internes du diplôme de spécialité de médecin cardiovasculaire et pour la formation des médecins stagiaires en cardiologie interventionnelle, qu'il a effectué 168 gardes en unité de soins intensifs cardiologiques, un millier d'échocardiographies, près de 1 500 actes en cardiologie interventionnelle, et qu'il a réalisé un stage de six mois en rythmologie diagnostique et interventionnelle au CHU Dijon Bourgogne ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation, dès lors qu'il n'a pas été tenu compte de ses dix années de pratique médicale, de ses diplômes interuniversitaires, de ses qualités professionnelles attestées par plusieurs médecins, et que la commission territoriale d'autorisation d'exercice pour la Guyane et la Martinique lui a délivré une autorisation d'exercice en faisant application des mêmes critères ;

- elle est entachée d'erreur de droit, dès lors qu'elle n'a pas déterminé le CHU d'affectation de son parcours de consolidation des compétences.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 7 juillet 2023, le 27 mars et le 28 mai 2024, le Centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière conclut au rejet de la requête et à la suppression de la phrase " Or ce document s'avère être un faux " du mémoire produit le 1er septembre 2023 par M. A sur le fondement de l'article L. 741-2 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la requête est irrecevable en raison de sa tardiveté ;

- elle est irrecevable en l'absence d'exposé précis des moyens en méconnaissance de l'article R. 411-1 du code de justice administrative ;

- les moyens de légalité externe insérés dans le mémoire du requérant du 1er septembre 2023 sont irrecevables, dès lors qu'il n'avait formulé aucun moyen de légalité externe contre la décision litigieuse avant l'expiration du délai de recours ;

- les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 2006-1640 du 21 décembre 2006 ;

- le décret n° 2020-1017 du 7 août 2020 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Doan,

- et les conclusions de M. Cicmen, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, de nationalité algérienne, a obtenu un diplôme national de docteur en médecine le 19 juillet 2011 à la faculté de médecine de l'université de Monastir, en Tunisie, ainsi qu'un diplôme de médecin spécialiste en cardiologie délivré par le ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique et le ministère de la santé tunisiens le 23 novembre 2012. M. A a ensuite obtenu, en France, un diplôme interuniversitaire d'échocardiographie en 2015, un diplôme interuniversitaire d'urgences et soins intensifs cardiologiques en 2016, un diplôme interuniversitaire de système cardiovasculaire et sport en 2020, un diplôme interuniversitaire de cardiologie interventionnelle en 2021 et un diplôme interuniversitaire de rythmologie et de stimulation cardiaque en 2021. Il a ensuite travaillé en qualité de faisant fonction d'interne au centre hospitalier de Lons-le-Saunier à partir du 29 juillet 2013, puis en qualité de praticien attaché associé à temps plein à compter du 29 juillet 2014. M. A a déposé le 25 mars 2021 une demande d'autorisation d'exercice de la profession de médecin dans la spécialité " médecine cardiovasculaire " auprès de l'agence régionale de santé de Bourgogne-Franche-Comté, sur le fondement des dispositions de l'article 83 de la loi du 21 décembre 2006 de financement de la sécurité sociale pour 2007 modifiée. Après examen par la commission régionale d'autorisation d'exercice, la commission nationale d'autorisation d'exercice a émis un avis défavorable à cette demande le 18 février 2022. Par une décision du 4 avril 2022, le Centre national de gestion a rejeté sa demande, en prescrivant un parcours de consolidation des compétences consistant en l'accomplissement de deux années de fonctions hospitalières à temps plein sous le statut de praticien associé au sein d'un service de cardiologie agréé pour la formation des internes du diplôme d'études spécialisées (DES) de la matière, dont un jour par semaine dans un centre hospitalier universitaire (CHU). M. A a contesté cette décision par un recours gracieux reçu le 7 juillet 2022 qui a été implicitement rejeté. Par la présente requête, M. A sollicite l'annulation de la décision du 4 avril 2022 portant refus d'autorisation d'exercice.

Sur les fins de non-recevoir soulevées en défense :

2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ". Aux termes de l'article L. 411-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision administrative peut faire l'objet, dans le délai imparti pour l'introduction d'un recours contentieux, d'un recours gracieux ou hiérarchique qui interrompt le cours de ce délai. / Lorsque dans le délai initial du recours contentieux ouvert à l'encontre de la décision, sont exercés contre cette décision un recours gracieux et un recours hiérarchique, le délai du recours contentieux, prorogé par l'exercice de ces recours administratifs, ne recommence à courir à l'égard de la décision initiale que lorsqu'ils ont été l'un et l'autre rejetés ".

3. Le Centre national de gestion soutient que la requête est tardive, dès lors que la décision du 4 avril 2022 a été notifiée par courrier recommandé le 12 avril 2022 avec les voies et délais de recours, et qu'il n'a reçu le recours gracieux du requérant que le 7 juillet 2022, soit au-delà du délai de deux mois suivant la notification de la décision du 4 avril 2022. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, et notamment de l'attestation de la Poste produite par le requérant, que le recours gracieux a été réceptionné par le Centre national de gestion le 13 juin 2022 à 9 heures 42, la date du 7 juillet 2022 correspondant seulement à son enregistrement au " département concours - coaching - mobilité développement professionnel " du centre. Dans ces conditions, le recours gracieux a été réceptionné dans le délai de deux mois après la notification de la décision attaquée, et a été de nature à proroger le délai de recours contentieux. Par suite, la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de la requête doit être écartée.

4. En second lieu, aux termes de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. / L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours ".

5. Si le Centre national de gestion soutient que la requête de M. A est dépourvue de moyens précis, le requérant soutient, dans sa requête initiale, que la décision litigieuse " montre clairement la méconnaissance du contenu du dossier soumis pour l'évaluation de mes compétences en médecine cardiovasculaire par omission ou de façon volontaire ", de sorte qu'il doit être regardé comme ayant soulevé un moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation. La fin de non-recevoir doit, par suite, être écartée.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

6. Aux termes du IV de l'article 83 de la loi du 21 décembre 2006 de financement de la sécurité sociale pour 2007 : " B.-Par exception au sixième alinéa du I de l'article 60 de la loi n° 99-641 du 27 juillet 1999 précitée et au huitième alinéa du I de l'article 69 de la loi n° 2002-73 du 17 janvier 2002 précitée, les médecins titulaires d'un diplôme, certificat ou autre titre obtenu dans un Etat non membre de l'Union européenne ou non partie à l'accord sur l'Espace économique européen et permettant l'exercice de la profession dans le pays d'obtention de ce diplôme, certificat ou titre, présents dans un établissement entre le 1er octobre 2018 et le 30 juin 2019 et ayant exercé des fonctions rémunérées, en tant que professionnel de santé, pendant au moins deux ans en équivalent temps plein depuis le 1er janvier 2015 se voient délivrer une attestation permettant un exercice temporaire, sous réserve du dépôt d'un dossier de demande d'autorisation d'exercice avant le 30 juin 2021 ou au plus tard trois mois après la date de cessation de l'état d'urgence sanitaire déclaré par l'article 4 de la loi n° 2020-290 du 23 mars 2020 d'urgence pour faire face à l'épidémie de covid-19, le cas échéant prolongé dans les conditions prévues par cet article. " , aux termes de l'article 5 du décret du 7 août 2020 portant application du IV et du V de l'article 83 de la loi n° 2006-1640 du 21 décembre 2006 de financement de la sécurité sociale pour 2007 et relatif à l'exercice des professions de médecin, chirurgien-dentiste, sage-femme et pharmacien par les titulaires de diplômes obtenus hors de l'Union européenne et de l'Espace économique : " I. -L'instruction préalable des demandes d'autorisation d'exercer la profession de médecin est assurée par la commission régionale d'autorisation d'exercice mentionnée au IV de l'article 83 de la loi du 21 décembre 2006 susvisée. Cette commission est constituée par spécialité et composée comme suit : 1° Le directeur général de l'agence régionale de santé ou son représentant, président ; 2° Deux membres et deux suppléants désignés par le président du conseil régional de l'ordre des médecins ; 3° Deux membres et deux suppléants désignés par le ou les directeurs de la ou des unités de formation et de recherche (UFR) ou composantes au sens de l'article L. 713-4 du code de l'éducation assurant la formation médicale dans le ressort de l'agence régionale de santé, parmi les personnels enseignants et hospitaliers titulaires de la spécialité concernée ou les enseignants titulaires de médecine générale, rattachés à ces UFR ou composantes. Les membres de la commission sont nommés par le directeur général de l'agence régionale de santé. II. - La commission examine, au regard de ce qui est attendu pour l'exercice de chaque spécialité, les connaissances, aptitudes et compétences que le candidat a acquises au cours de la formation initiale et dans le cadre de l'expérience professionnelle et de la formation continue, ainsi que les autres éléments ressortant du dossier de demande d'autorisation d'exercice. La commission régionale peut auditionner les candidats. Le candidat est convoqué avec un préavis d'au moins quinze jours par le président de la commission concernée, par tout moyen donnant date certaine à la réception de cette convocation. III. - La commission émet une proposition établie au moyen d'un formulaire dont le modèle est fixé par arrêté du ministre chargé de la santé. Cette proposition consiste soit à délivrer une autorisation d'exercice, soit à rejeter la demande du candidat, soit à prescrire un parcours de consolidation des compétences. Dans le cas où un parcours de consolidation des compétences est proposé, le nombre, la durée, qui ne peut être supérieure à celle du troisième cycle des études de médecine de la spécialité concernée, et la nature des stages à réaliser, ainsi que les formations théoriques complémentaires, éventuelles sont précisés. Le directeur général de l'agence régionale de santé transmet le dossier de demande d'autorisation du candidat ainsi que la proposition de la commission au directeur général du Centre national de gestion en vue de son examen par la commission nationale d'autorisation d'exercice compétente. " Aux termes de l'article 6 du même décret : " A l'issue de l'instruction par la commission régionale, la demande d'autorisation est soumise pour avis à la commission nationale d'autorisation d'exercice prévue au I de l'article L. 4111-2 ou à l'article L. 4221-12 du code de la santé publique. Pour les candidats à l'autorisation d'exercer la profession de médecin, la commission examine le dossier du candidat et la proposition formulée par la commission régionale d'autorisation d'exercice mentionnée au IV de l'article 83 de la loi du 21 décembre 2006 susvisée. Elle évalue les compétences de l'intéressé au regard des attendus de l'exercice de la spécialité. " Enfin, aux termes de l'article 7 de ce décret : " Au vu de l'avis de la commission nationale d'autorisation d'exercice, et au plus tard le 31 décembre 2022, le directeur général du Centre national de gestion, au nom du ministre de la santé, se prononce sur les demandes d'autorisation d'exercice mentionnées au B du IV et au V de l'article 83 de la loi du 21 décembre 2006 susvisée. Le silence gardé par l'autorité administrative pendant douze mois à compter la réception du dossier complet vaut refus de délivrer l'autorisation d'exercice. Le directeur général du Centre national de gestion, au nom du ministre chargé de la santé, prend, pour chaque candidat et au vu de l'avis de la commission nationale, une décision d'autorisation d'exercice ou de rejet de la demande ou une décision prescrivant l'accomplissement d'un parcours de consolidation des compétences. Dans ce dernier cas, la décision précise la nature et la durée des stages, ainsi que, le cas échéant, les formations théoriques, nécessaires à l'accomplissement du parcours de consolidation des compétences. Elle affecte le candidat dans une subdivision et un centre hospitalier universitaire, dans la limite de ses capacités d'accueil en lien avec le parcours de consolidation des compétences ".

7. La décision attaquée a refusé la délivrance de l'autorisation d'exercice sollicitée par M. A et lui a prescrit l'accomplissement d'un parcours de consolidation des compétences. Toutefois, en se bornant à indiquer que M. A devait s'inscrire à l'université en phase 3 de la formation initiale des étudiants de troisième cycle, et à l'inviter à transmettre un engagement d'accueil ainsi qu'une convention de mise à disposition de son établissement employeur avec un CHU, sans l'affecter dans une subdivision et un CHU, le Centre national de gestion a méconnu les dispositions précitées de l'article 7 du décret du 7 août 2020. Si le centre fait valoir qu'il revient, en application de l'article 8 de ce décret, au directeur général de l'agence régionale de santé de veiller à l'exécution du parcours de consolidation des compétences et d'affecter le candidat au sein d'un service agréé, cette circonstance n'est pas de nature à l'exonérer de son obligation d'affecter le candidat dans une subdivision et un CHU.

8. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision du 4 avril 2022 doit être annulée.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

9. La présente annulation implique seulement que le Centre national de gestion réexamine la demande de M. A dans un délai qu'il convient de fixer à trois mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

10. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge du Centre national de gestion la somme de 1 500 euros à verser à M. A en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 4 avril 2022 est annulée.

Article 2 : Il est enjoint au Centre national de gestion de réexaminer la demande de M. A dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L'Etat versera à M. A une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au Centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière.

Délibéré après l'audience du 20 juin 2024, à laquelle siégeaient :

- M. Delesalle, président,

- M. Pény, premier conseiller,

- M. Doan, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2024.

Le rapporteur,

R. Doan

Le président,

H. Delesalle La greffière,

A. Cardon

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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