LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2301383

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2301383

mardi 22 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2301383
TypeDécision
PublicationC
Formation2e Section - 1re Chambre
Avocat requérantHALPERN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 19 janvier 2023, le 24 mars 2024 et le 14 mai 2024, Mme A B, représentée par Me Mekarbech, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 1er août 2022 par laquelle la caisse des écoles Paris Centre a rejeté sa demande d'allocation d'aide au retour à l'emploi ;

2°) d'enjoindre à la caisse des écoles Paris Centre de lui verser les allocations d'aide au retour à l'emploi qui lui sont dues, assortie des intérêts au taux légal, à compter du 14 septembre 2017 ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au bénéfice de Me Mekarbech au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Elle soutient que :

- la décision contestée est entachée d'incompétence ;

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle a droit au bénéfice de l'allocation d'aide au retour à l'emploi et sa demande n'est pas entachée de prescription ;

- elle remplit la condition d'aptitude physique.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 21 avril 2023, le 19 avril 2024 et le 24 mai 2024, la caisse des écoles Paris Centre, représentée par Me Halpern conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- c'est à bon droit qu'elle a rejeté la demande d'allocation d'aide au retour à l'emploi présentée par Mme B comme prescrite en application des dispositions de l'article 44 du règlement d'assurance chômage annexé au décret n° 2019-797 relatif au régime d'assurance chômage ;

- les moyens invoqués par Mme B ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 24 mai 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 7 juin 2024.

Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle à hauteur de 25 % par une décision du 14 novembre 2022.

Par un courrier du 11 septembre 2024, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7-3 du code de justice administrative, que le tribunal était

susceptible d'enjoindre d'office à la caisse des écoles Paris Centre de réexaminer dans un délai de deux mois la demande d'allocation d'aide au retour à l'emploi présentée par Mme B.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code du travail ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- le décret n° 2019-797 du 26 juillet 2019 et le règlement d'assurance chômage qui y est annexé ;

- le décret n° 2020-741 du 16 juin 2020 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Laforêt,

- les conclusions de M. Halard, rapporteur public,

- les observations de Me Mekarbech, représentant Mme B,

- et les observations de Me Halpern, représentant la caisse des écoles de Parie Centre.

Une note en délibéré, présentée pour la caisse des écoles Paris Centre, a été enregistrée le 9 octobre 2024.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B a été employée comme agent contractuel de la restauration scolaire pour la caisse des écoles Paris 1er (désormais caisse des écoles Paris Centre) à compter du 1er septembre 2004 et jusqu'à son licenciement pour inaptitude physique à compter du 31 mai 2017. Le 14 septembre 2017, elle a demandé à Pôle emploi de procéder à son inscription comme demandeuse d'emploi et de lui verser l'allocation d'aide au retour à l'emploi. Par un courrier du 7 septembre 2021, Pôle emploi l'a informée que sa demande d'allocation relevait de la compétence de la caisse des écoles Paris Centre et lui a indiqué les documents et informations à transmettre à son ancien employeur pour l'instruction de sa demande. Par courrier du 21 septembre 2021, Mme B a donc présenté une demande d'allocation d'aide au retour à l'emploi à la caisse des écoles Paris Centre. Par la présente requête, elle demande au tribunal l'annulation de la décision du 1er août 2022 par laquelle la caisse des écoles Paris Centre a rejeté sa demande.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, aux termes de l'article 44 du règlement de l'assurance chômage annexé au décret du 26 juillet 2019 relatif au régime d'assurance chômage : " § 1er - Le délai de prescription de la demande en paiement de l'allocation d'aide au retour à l'emploi est de deux ans suivant la date d'inscription comme demandeur d'emploi. / § 2 - Le délai de prescription de la demande en paiement des créances mentionnées aux articles 35 à 38 est de deux ans suivant le fait générateur de la créance ". L'article L. 114-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Lorsqu'une demande est adressée à une administration incompétente, cette dernière la transmet à l'administration compétente et en avise l'intéressé ".

3. Pour refuser à Mme B le paiement de l'allocation d'aide au retour à l'emploi, la caisse des écoles Paris Centre lui a opposé la prescription prévue par l'article 44 du règlement d'assurance chômage cité au point précédent, au motif que la demande lui avait été adressée par l'intéressée le 21 septembre 2021 soit plus de deux ans après son inscription comme demandeuse d'emploi, en septembre 2017. Il résulte toutefois de l'instruction, et notamment du courrier adressé par Pôle emploi à Mme B le 7 septembre 2021 que l'intéressée a présenté sa demande d'allocation d'aide au retour à l'emploi dès le 14 septembre 2017, concomitamment à sa demande d'inscription comme demandeuse d'emploi. S'il est constant que seule la caisse des écoles était compétente pour examiner cette demande, il appartenait à Pôle emploi, administration au sens de l'article L. 100-3 du code des relations entre le public et l'administration, de lui transmettre cette demande. En outre, il résulte de l'instruction que la requérante a présenté sa demande à la caisse des écoles Paris Centre dès le 21 septembre 2021, soit deux semaines seulement après que Pôle emploi a opposé son incompétence pour traiter sa demande et l'a invitée à saisir son ancien employeur. Enfin, les affirmations de la Caisse des écoles selon lesquelles Mme B n'aurait présenté une demande de versement d'allocation d'aide au retour à l'emploi que le 21 septembre 2021, qui sont expressément contredites par le courrier de Pôle emploi du 7 septembre 2021, ne sont étayées par aucune pièce. Par suite, l'exception de prescription doit être écartée.

4. En deuxième lieu, l'article L. 5421-1 du code du travail dispose : " En complément des mesures tendant à faciliter leur reclassement ou leur conversion, les personnes aptes au travail et recherchant un emploi ont droit à un revenu de remplacement dans les conditions fixées au présent titre ". Aux termes de l'article L. 5424-1 du même code : " Ont droit à une allocation d'assurance, lorsque leur privation d'emploi est involontaire ou assimilée à une privation involontaire ou en cas de cessation d'un commun accord de leur relation de travail avec leur employeur, et lorsqu'ils satisfont à des conditions d'âge et d'activité antérieure, dans les conditions prévues aux articles L. 5422-2 et L. 5422-3 : / 2° Les agents non titulaires des collectivités territoriales et les agents non statutaires des établissements publics administratifs autres que ceux de l'Etat () ". L'article 1er du règlement d'assurance chômage annexé au décret du 26 juillet 2019 relatif au régime d'assurance chômage dispose : " Le régime d'assurance chômage assure un revenu de remplacement dénommé " allocation d'aide au retour à l'emploi ", pendant une durée déterminée, aux salariés qui remplissent des conditions relatives au motif de fin du contrat de travail et à la durée d'affiliation, ainsi que des conditions d'âge, d'aptitude physique, de chômage, d'inscription comme demandeur d'emploi et de recherche d'emploi ". Enfin, aux termes de l'article R. 5426-1 du code de travail : " Le contrôle de la condition d'aptitude au travail prévu à l'article L. 5421-1 relève de la compétence du préfet ". Il appartient aux établissements publics qui assurent la charge et la gestion de l'indemnisation de leurs agents en matière d'allocation d'aide au retour à l'emploi de s'assurer, lorsque ceux-ci demandent le bénéfice de cette allocation, qu'ils remplissent l'ensemble des conditions auxquelles son versement est subordonné.

5. En l'espèce, la caisse des écoles Paris Centre soutient que Mme B n'est pas physiquement apte au travail dès lors qu'elle a été licenciée pour inaptitude physique à compter du 31 mai 2017 et a perçu durant une période l'allocation aux adultes handicapés. Toutefois, si l'ouverture du droit à l'allocation d'aide au retour à l'emploi sollicité par Mme B est subordonnée à la condition, prévue à l'article L. 5421-1 du code du travail et reprise à l'article 1er du règlement annexé à la convention du 14 mai 2014, qu'elle soit physiquement apte au travail, cette condition, dont le contrôle relève, en vertu de l'article R. 5426-1 de ce code, de la compétence du préfet, est satisfaite aussi longtemps qu'elle demeure inscrite sur la liste des demandeurs d'emploi mentionnée à l'article L. 5411-1 du même code, sur laquelle, en vertu de l'article L. 5411-5 du code du travail, ne peuvent être inscrites, pendant la durée de leur incapacité, les personnes invalides mentionnées aux 2° et 3° de l'article L. 341-4 du code de la sécurité sociale, c'est-à-dire " absolument incapables d'exercer une profession ", bénéficiaires à ce titre d'un avantage social lié à une incapacité totale de travail. Ainsi, la caisse des écoles Paris Centre ne peut utilement opposer le motif d'inaptitude physique de Mme B, alors même qu'il est celui de son licenciement, cette procédure étant indépendante de celle selon laquelle s'apprécie l'aptitude au travail des personnes involontairement privées d'emploi. Il en est de même de la circonstance que Mme B percevait pendant une période l'allocation aux adultes handicapés.

6. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, Mme B est fondée à demander l'annulation de la décision du 1er août 2022 lui refusant le bénéfice de l'allocation d'aide au retour à l'emploi.

Sur les conclusions à fin d'injonction d'office :

7. Eu égard au motif d'annulation retenu par le présent jugement, cette décision implique nécessairement que la caisse des écoles réexamine la demande de Mme B et lui verse, le cas échéant, l'allocation d'aide au retour à l'emploi à laquelle elle pourrait prétendre. Il y a lieu d'enjoindre à la caisse des écoles Paris Centre d'y procéder dans un délai de deux mois, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés à l'instance :

8. Mme B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle à hauteur de 25 %. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Mekarbech, l'avocate de Mme B renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de la caisse des écoles Paris Centre le versement à Me Mekarbech de la somme de 375 euros. En outre, dès lors que l'admission à l'aide juridictionnelle partielle a laissé à la charge de Mme B une partie des frais exposés pour l'instance et non compris dans les dépens, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la caisse des écoles de Paris Centre le versement de 1 125 euros à Mme B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La décision de la caisse des écoles Paris Centre du 1er août 2022 est annulée.

Article 2 : Il est enjoint à la caisse des écoles Paris Centre du 1er août 2022 de procéder au réexamen de la demande de Mme B dans un délai de deux mois.

Article 3 : La caisse des écoles Paris Centre versera à Me Mekarbech, avocate de Mme B, la somme de 375 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que Me Mekarbech renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.

Article 4 : La caisse des écoles Paris Centre versera à Mme B la somme de 1 125 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : La requête est rejetée pour le surplus.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à la caisse des écoles Paris Centre et à Me Mekarbech.

Délibéré après l'audience du 8 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Simonnot, président,

Mme Laforêt, première conseillère,

Mme Calladine, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 octobre 2024.

La rapporteure,

L. LAFORÊT

Le président,

J-F. SIMONNOT

La greffière,

M-C. POCHOT

La République mande et ordonne au préfet de la région d'Ile-de-France, préfet de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

2/2-1

Décisions similaires

TA75Plein contentieux

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2400082

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de la société Le Printemps immobilier, qui demandait une réduction de sa cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties pour l'année 2021. La juridiction a jugé que la société, sur laquelle pesait la charge de la preuve en vertu de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales, n'avait pas démontré le caractère exagéré de l'imposition. Elle n'a pas établi que la surface réelle de ses locaux était inférieure à celle déclarée, ni que l'administration avait fait une application erronée des règles de calcul, notamment celles de l'article 1518 A du code général des impôts.

07/04/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2504630

Le Tribunal Administratif de Paris rejette la requête de M. C... visant à annuler la décision de la Ville de Paris de ne pas renouveler son contrat à durée déterminée. Le juge rappelle qu'un agent en CDD n'a pas de droit au renouvellement, mais que l'administration doit agir dans l'intérêt du service, ce qui peut inclure des considérations sur la manière de servir. Il écarte les moyens soulevés (incompétence du signataire, défaut de motivation, absence d'entretien préalable et de communication du dossier), estimant que la décision contestée n'avait pas le caractère d'une sanction disciplinaire et que les procédures spécifiques à celle-ci ne s'appliquaient donc pas. La décision s'appuie sur les principes généraux du droit de la fonction publique.

07/04/2026

TA75Plein contentieux

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2314176

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de Mme B... qui contestait son imposition en France sur ses revenus d'enseignement perçus de 2019 à 2021. La juridiction a jugé que, conformément à la convention fiscale franco-allemande du 21 juillet 1959, ses revenus salariaux étaient imposables en France, lieu où l'activité professionnelle était exercée, et non en Allemagne où elle résidait. Le tribunal a ainsi validé le principe d'imposition des revenus d'emploi dans l'État où le travail est effectué, tel que prévu par ladite convention et le code général des impôts.

07/04/2026

TA75Autorisation

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2324985

Le Tribunal administratif de Paris a été saisi par la société Camille Fournet, qui contestait une sanction administrative pour non-respect des délais de paiement inter-entreprises. Le tribunal a rejeté la demande d'annulation, estimant que l'amende de 13 000 euros et sa publication étaient légales et proportionnées au regard des manquements constatés. La décision s'appuie sur les articles L. 441-10 et L. 441-11 du code de commerce relatifs aux délais de paiement.

07/04/2026

← Retour aux décisions