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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2302684

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2302684

jeudi 20 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2302684
TypeDécision
PublicationC
Formation4e Section - 1re Chambre
Avocat requérantMEILHAC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 6 février 2023, la société Dijols, représentée par Me Meilhac, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'avis des sommes à payer n° 324052 du 28 octobre 2022 en vue du recouvrement de la somme de 50 136,48 euros au titre des droits de voirie dus pour les installations sur le domaine public au 6, place du Trocadéro, place du Onze Novembre et 2 avenue Raymond Poincaré (Paris 16ème) ;

2°) de la décharger de la somme de 16 587,74 euros au titre des droits additionnels pour l'installation d'écrans parallèles à la façade du 6 place du Trocadéro et de la somme de 2 119,63 euros au titre de droits ordinaires pour l'installation de la terrasse fermée au 2 avenue Raymond Poincaré (Paris 16ème) ;

3°) de mettre à la charge de la Ville de Paris une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le titre exécutoire a été pris par une autorité incompétente ;

- il est entaché d'une erreur de fait car elle n'a pas exploité d'emprise par l'installation d'écrans parallèles en 2022 et le calcul de l'assiette des droits de voirie pour la terrasse fermée est erroné.

Par un mémoire en défense, enregistré le 31 janvier 2024, la Ville de Paris conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par la société Dijols ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- la délibération 2011 DU 54 des 28, 29 et 30 mars 2011 du Conseil de Paris portant réforme des droits de voirie ;

- l'arrêté municipal du 11 juin 2021 portant règlement des étalages et terrasses installés sur la voie publique ;

- l'arrêté municipal du 24 décembre 2021 portant fixation des tarifs de droits de voirie pour l'année 2022 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme C,

- les conclusions de M. Grandillon, rapporteur public,

- et les observations de Me Meilhac, représentant la société Dijols.

Une note en délibéré pour la société Dijols, a été enregistrée le 6 février 2024.

Considérant ce qui suit :

1. La société Dijols est propriétaire d'un fonds de commerce " marchand de vin restaurant " sous l'enseigne " Le Malakoff " situé au Trocadéro à Paris 16ème. Elle dispose d'une autorisation d'occupation du domaine public pour l'installation, à l'emplacement du 2, avenue Raymond-Poincaré, d'une terrasse fermée de 14,55 mètres de longueur et de 2,10 mètres de largeur (dont 1,60 m dans le tiers du trottoir et 0,50 m hors tiers du trottoir) et d'une terrasse ouverte de 14,50 mètres de longueur et de 0,80 mètre de largeur et, à l'emplacement du 6 place du Trocadéro et du Onze Novembre, elle dispose d'une autorisation d'occupation du domaine public pour une autre terrasse ouverte de 9,50 mètres de longueur et de 3,00 mètres de largeur et une terrasse fermée de 9,55 mètres de longueur et de 3,55 mètres de largeur. La maire de Paris a, le 28 octobre 2022, émis un titre de recettes n° 324052 d'un montant total de 50 136,48 euros, incluant 16.587,74 euros au titre des droits de voirie additionnels pour l'installation d'écrans parallèle 6 place du Trocadéro et 2 119,63 euros au titre des droits de voirie ordinaires pour l'année 2022 pour la terrasse fermée du 2 avenue Raymond Poincaré. La société Dijols demande l'annulation de ce titre de recettes et à être déchargée des sommes de 16 587, 74 euros et 2 119, 63 euros.

Sur la régularité du titre de recettes :

2. En premier lieu, aux termes du 4° de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : " Quelle que soit sa forme, une ampliation du titre de recettes individuel ou de l'extrait du titre de recettes collectif est adressé aux redevables () / En application de l'article L. 111-2 du code des relations entre le public et l'administration, le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif mentionne les nom, prénoms et qualité de la personne qui l'a émis ainsi que les voies et délais de recours. / Seul le bordereau de titres de recettes est signé pour être produit en cas de contestation ". Il résulte de ces dispositions, d'une part, que le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif adressé au redevable doit mentionner les nom, prénoms et qualité de la personne qui l'a émis et, d'autre part, qu'il appartient à l'autorité administrative de justifier en cas de contestation que le bordereau de titre de recettes comporte la signature de l'émetteur.

3. Il résulte de l'instruction que le titre n° 171650 du 28 octobre 2022 mentionne qu'il a été émis par M. A B, chef du service de l'expertise comptable et, d'autre part, que le bordereau dématérialisé de titres de recettes, produits par la Ville en cours d'instance, comporte la signature électronique de M. A B, ainsi qu'il ressort des deux attestations de la société Docapost Fast, prestataire de la Ville. Le moyen tiré du défaut de signature doit donc être écarté.

Sur le bien-fondé du titre de recettes :

4. L'article L. 2125-1 du code général de la propriété des personnes publiques dispose : " Toute occupation ou utilisation du domaine public d'une personne publique mentionnée à l'article L. 1 donne lieu au paiement d'une redevance () ". Aux termes de l'article L. 2125-3 du même code : " La redevance due pour l'occupation ou l'utilisation du domaine public tient compte des avantages de toute nature procurés au titulaire de l'autorisation ". L'article L. 2125-4 de ce code dispose : " La redevance due pour l'utilisation du domaine public par le bénéficiaire de l'autorisation est payable d'avance et annuellement ".

5. Il résulte de ces dispositions qu'une redevance pour occupation du domaine public est due alors même que le titulaire de l'autorisation n'utiliserait pas effectivement l'autorisation qu'il a obtenue. Si la requérante soutient qu'elle n'a pas installé d'écrans parallèles sur son emprise du 6 place du Trocadéro au cours de l'année 2022, cette circonstance est sans incidence sur le bien-fondé de la créance mise à sa charge par la Ville de Paris.

6. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que la société requérante bénéficie d'une autorisation pour installer devant son adresse du 2, avenue Raymond Poincaré, une terrasse fermée de 14,55 m de longueur sur 2,10 m de largeur. Il ressort de la décision attaquée que la terrasse est constituée " dans le tiers du trottoir " pour 1,60 m et " au-delà du tiers du trottoir " pour 0,50 mètre. La surface dans le tiers du trottoir est donc de 14,55 m sur 1,60 m, soit 23,28 m², arrondis à 24,00 m² et la surface au-delà du tiers du trottoir est constituée de 14,55 m sur 0,50 m, soit 7,28 m² arrondis à 8,00 m². Par suite, le moyen tiré de l'erreur dans l'assiette de calcul des droits de voirie ordinaire, doit être écarté.

7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de la société Dijols doit être rejetée.

Sur les frais liés au litige :

8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la Ville de Paris, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée à ce titre par la société Dijols.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la société Dijols est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Dijols et à la Ville de Paris.

Délibéré après l'audience du 6 février 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Anne Seulin, présidente,

M. Gaël Raimbault, premier conseiller,

Mme Paule Desmoulière, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 février 2025.

La rapporteure,

P. Desmoulière

Signé

La présidente,

A. Seulin

Signé La greffière,

L. Thomas

Signé

La République mande et ordonne au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

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