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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2304651

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2304651

mercredi 21 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2304651
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationSection 8 - Chambre 1
Avocat requérantMECHRI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 2 mars et 1er mai 2023, M. B A représenté par Me Mechri demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 23 février 2023 par lequel le préfet de police de Paris a rejeté sa demande d'admission au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français de trois ans ;

2°) d'enjoindre au préfet de police, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " salarié " et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, dans le délai de 15 jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, dans les mêmes conditions d'astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser à Me Mechri, son conseil, au titre de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L.761-1 du code de justice administrative, sous réserve que ce conseil renonce à percevoir la part contributive de l'Etat allouée au titre de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

S'agissant de la décision de refus de délivrance d'un titre de séjour :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle n'a pas été précédée d'un examen particulier de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'erreur d'appréciation dès lors que son comportement ne constitue pas une menace pour l'ordre public ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article R. 40-29 du code de procédure pénale, dès lors que le préfet de police a procédé à la consultation du traitement des antécédents judiciaires (TAJ) ;

- elle est entachée d'erreur manifeste dans l'application des dispositions de l'article

L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle n'a pas été précédée d'un examen particulier de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'erreur d'appréciation dès lors que son comportement ne constitue pas une menace pour l'ordre public ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article R. 40-29 du code de procédure pénale, dès lors que le préfet de police a procédé à la consultation du traitement des antécédents judiciaires ;

S'agissant de la décision refusant un délai de départ volontaire :

- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;

- elle n'a pas été précédée d'un examen particulier de sa situation personnelle ;

S'agissant de la décision fixant le pays de destination, elle doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation des décisions portant refus d'admission au séjour, obligation de quitter le territoire français sans délai et fixation du pays de renvoi ;

S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans :

- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;

- elle n'a pas été précédée d'un examen particulier de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'erreur d'appréciation dès lors que son comportement ne constitue pas une menace pour l'ordre public ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article R. 40-29 du code de procédure pénale, dès lors que le préfet de police a procédé à la consultation du traitement des antécédents judiciaires ce que n'autorisaient pas ces dispositions.

Par un mémoire en défense enregistré le 2 mai 2023 le préfet de police, représenté par la SELARL Centaures avocats, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 17 mars 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de procédure pénale ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Delesalle.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant ivoirien né le 19 décembre 1984 et entré en France le 5 juin 2012 selon ses déclarations, a sollicité son admission exceptionnelle au séjour. Par un arrêté du 23 février 2023 le préfet de police a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné, et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trente-six mois. M. A demande l'annulation de cet arrêté.

Sur la légalité de la décision de refus de titre de séjour :

2. En premier lieu, l'arrêté attaqué vise les dispositions de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, mentionne celles de l'article L. 435-1 du code précité, et indique également, avec suffisamment de précisions, les circonstances de fait sur lesquelles le préfet de police s'est fondé pour rejeter la demande de titre de séjour présentée par M. A. Si cet arrêté ne mentionne pas tous les éléments caractérisant la situation de M. A, il lui permet de comprendre les motifs du refus de titre qui lui est opposé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

3. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que le préfet de police a procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. A avant de refuser son admission au séjour, la circonstance que l'arrêté ne mentionne pas certains faits n'étant pas, en l'espèce, de nature à établir un défaut d'examen.

4. En troisième lieu, ainsi qu'il sera précisé au point 6, pour refuser de délivrer un titre de séjour à M. A, le préfet de police s'est fondé sur la circonstance que ce dernier était connu défavorablement des services de police pour des faits de blessures involontaires avec incapacité n'excédant pas trois mois par conducteur de véhicule terrestre à moteur, commis le 18 janvier 2019. Si M. A soutient que cette information résulte de la consultation du TAJ, cette seule circonstance, à la supposer établie, n'est pas, par elle-même, de nature à entacher d'irrégularité la décision prise sur sa demande de titre de séjour. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 40-29 du code de procédure pénale doit, en toute hypothèse, être écarté.

5. En quatrième lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. ". Aux termes, d'autre part, de l'article L. 432-1 du même code : " La délivrance d'une carte de séjour temporaire () peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public ".

6. Pour rejeter la demande de titre de séjour présentée par M. A sur le fondement de ces dispositions, le préfet de police s'est fondé sur un unique motif tiré de ce que sa présence en France constitue une menace pour l'ordre public, après avoir relevé que ce dernier était connu défavorablement des services de police pour des faits de blessures involontaires avec incapacité n'excédant pas trois mois par conducteur de véhicule terrestre à moteur, commis le 18 janvier 2019. Cependant le préfet n'apporte aucun élément sur la nature exacte de ces faits et n'établit pas ni même n'allègue d'ailleurs qu'ils auraient donné lieu à une quelconque condamnation alors que le requérant indique sans être contesté qu'il s'agissait d'un accident mettant en cause le chien d'un employé, qui n'était pas tenu en laisse durant les heures de travail, et qu'il a été entendu dans le cadre de l'enquête qui a été clôturée avec un classement sans suite. Dans ces conditions, eu égard à la nature des faits, à leur caractère isolé et à leur date, le préfet ne pouvait sans erreur d'appréciation estimer que la présence de l'intéressé constituer de ce fait une menace pour l'ordre public et lui refuser la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

7. Toutefois, le préfet dans son mémoire en défense fait valoir que M. A ne relevait pas de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels au sens et pour l'application de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile justifiant que lui soit délivré un titre de séjour. Ce faisant, le préfet doit être regardé comme demandant une substitution de motif.

8. L'administration peut, en première instance comme en appel, faire valoir devant le juge de l'excès de pouvoir que la décision, dont l'annulation est demandée, est légalement justifiée par un motif, de droit ou de fait, autre que celui initialement indiqué, mais également fondé sur la situation existant à la date de cette décision. Il appartient alors au juge, après avoir mis à même l'auteur du recours de présenter ses observations sur la substitution ainsi sollicitée, de rechercher si un tel motif est de nature à fonder légalement la décision, puis d'apprécier s'il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur ce motif. Dans l'affirmative il peut procéder à la substitution demandée, sous réserve toutefois qu'elle ne prive pas le requérant d'une garantie procédurale liée au motif substitué.

9. En présence d'une demande de régularisation présentée sur le fondement de ces dispositions par un étranger, il appartient à l'autorité administrative de vérifier, dans un premier temps, si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention " vie privée et familiale " répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels, et à défaut, dans un second temps, s'il est fait état de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance, dans ce cadre, d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ". Dans cette dernière hypothèse, un demandeur qui justifierait d'une promesse d'embauche ou d'un contrat de travail ne saurait être regardé, par principe, comme attestant, par là même, des " motifs exceptionnels " exigés par la loi. Il appartient, en effet, à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge, d'examiner, notamment, si la qualification, l'expérience et les diplômes de l'étranger ainsi que les caractéristiques de l'emploi auquel il postule, de même que tout élément de sa situation personnelle dont l'étranger ferait état à l'appui de sa demande, tel que par exemple, l'ancienneté de son séjour en France, peuvent constituer, en l'espèce, des motifs exceptionnels d'admission au séjour.

10. M. A se prévaut de sa présence en France depuis le 5 juin 2012, et de ce qu'il exerce une activité professionnelle depuis le 2 mai 2017 en qualité de chauffeur-livreur au sein de la société " Mina transport " dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée. Toutefois, il ne justifie pas de sa présence habituelle sur le territoire français avant l'année 2017 et son insertion professionnelle, si elle datait de près de six ans à la date de l'arrêté attaqué, ne concernait qu'un emploi peu qualifié. Par ailleurs, s'il ressort des pièces du dossier que M. A est le père d'un enfant né le 11 janvier 2023 en France de son union avec une compatriote, il n'apporte aucun élément sur la situation de la mère de celui-ci, et, notamment, n'allègue pas qu'elle disposerait d'un droit au séjour sur le territoire français. Enfin, M. A ne justifie ni même n'allègue être dénué de famille dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de vingt-sept ans au moins. Dès lors, en dépit de son insertion professionnelle et de ce qu'il réside habituellement en France depuis 2017, le préfet de police ne commet pas d'erreur manifeste d'appréciation en estimant que la situation de M. A ne relève pas de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels au sens et pour l'application de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Un tel motif est de nature à fonder légalement la décision de refus d'admission au séjour et il résulte de l'instruction que le préfet de police aurait pris la même décision s'il s'était fondé initialement sur ce motif. Il y a donc lieu de procéder à la substitution demandée, dès lors que le requérant n'est privé d'aucune garantie procédurale liée au motif substitué.

Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

11. En premier lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur : " La décision portant de quitter le territoire français est motivée. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. (). ". En application de ces dispositions, l'obligation de quitter le territoire français, qui vise le 3° de l'article L. 611-1, n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte en fait de celle de la décision portant refus d'un titre de séjour dès lors que celle-ci est suffisamment motivée ainsi qu'il a été précisé au point 2.

12. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que le préfet de police a procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. A avant de l'obliger à quitter le territoire français, la circonstance que l'arrêté ne mentionne pas certains faits n'étant pas, en l'espèce, de nature à établir un défaut d'examen.

13. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 4, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 40-29 du code de procédure pénale doit en tout état de cause être écarté.

14. En dernier lieu, le requérant ne peut utilement soutenir que sa présence en France ne constitue pas une menace pour l'ordre public dès lors que la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas fondée sur ce motif.

Sur la légalité de la décision refusant un délai de départ volontaire :

15. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / (). ". Aux termes de l'article L. 613-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les décisions relatives au refus et à la fin du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 et L. 612-5 et les décisions d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7,

L. 612-8 et L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées. ".

16. Pour refuser d'accorder un délai de départ volontaire à M. A, le préfet de police a fait application des dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en estimant que son comportement constituait une menace pour l'ordre public. Il résulte de ce qui a été dit au point 6 que le préfet de police a commis ainsi une erreur d'appréciation.

17. Il résulte de ce qui précède, et, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision du 23 février 2023 refusant de lui accorder un délai de départ volontaire.

Sur la légalité de la décision fixant le pays de destination :

18. Il résulte de ce qui a été dit aux point 2 à 17 qu'il y a seulement lieu d'annuler la décision portant refus de délai de départ volontaire. Cette annulation n'est toutefois pas de nature à entraîner l'annulation, par voie de conséquence, de la décision fixant le pays de renvoi de

M. A.

Sur la légalité de l'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trente-six mois :

19. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. (). ".

20. Il y a lieu, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, d'annuler la décision portant interdiction de retour sur le territoire français, prise sur le fondement des dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que celle fixant à trois ans sa durée, par voie de conséquence de l'annulation de la décision refusant d'accorder à M. A un délai de départ volontaire.

21. Il résulte de tout ce qui précède que M. A est seulement fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet de police du 23 février 2023 en tant qu'il a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de trois ans.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

22. Le présent jugement n'implique pas la délivrance d'un titre de séjour à M. A, ni même le réexamen de sa situation. Par suite, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

23. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat, au bénéfice de Me Mechri, une somme au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 23 février 2023 du préfet de police est annulé en tant qu'il refuse d'accorder à M. A un délai de départ volontaire et lui interdit le retour sur le territoire français pour une durée de trois ans.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au préfet de police de Paris, et à Me Mechri.

Délibéré après l'audience du 6 juin 2023, à laquelle siégeaient :

- M. Delesalle, président ;

- M. Matalon, premier conseiller ;

- M. Lenoir, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 juin 2023.

Le président-rapporteur,

H. Delesalle

L'assesseur le plus ancien,

D. Matalon La greffière,

N. Dupouy

La République mande et ordonne au préfet de police de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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