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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2308260

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2308260

mardi 20 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2308260
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3e Section - 3e Chambre - OQTF 6 sem.
Avocat requérantCABINET HAGEGE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance de renvoi du 7 avril 2023, le président du tribunal administratif de Montreuil a transmis au tribunal administratif de Paris la requête présentée par M. D A C et enregistrée le 7 avril 2023.

Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés le 13 avril 2023 et le 5 mai 2023, M. D A C, représenté par Me Hagege, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 5 avril 2023 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis l'a obligé à quitter le territoire sans délai, a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné, a désigné l'autorité compétente pour exécuter l'arrêté l'a signalé aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen et a pris à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de 12 mois ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. A C soutient que :

- la requête est recevable

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

- la décision portant obligation de quitter le territoire français attaquée est entachée d'incompétence de son signataire ;

- elle est entachée d'un défaut de base légale :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;

- elle méconnait les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de cette mesure d'éloignement sur sa situation personnelle ;

- elle a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- la décision portant interdiction de retour sur le territoire est entachée d'incompétence de son signataire ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'erreur de droit ;

- elle est entachée d'un défaut de base légale :

- elle est illégale, en conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;

Sur la décision fixant le pays de destination :

- la décision fixant le pays de destination est entachée d'incompétence de son signataire ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;

- elle est illégale, en conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

Sur les décisions signalant le requérant aux fins de non-admission dans l'espace Schengen et désignant l'autorité compétente pour exécuter les décisions litigieuses :

- les décisions le signalant aux fins de non-admission dans l'espace Schengen et désignant l'autorité compétente pour exécuter les décisions litigieuses sont illégales, en conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Par une lettre du 6 juin 2023, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administratif, de ce que le tribunal est susceptible de relever d'office le moyen tiré de l'irrecevabilité des conclusions de M. A C tendant à l'annulation des décisions du 5 avril 2023 par lesquelles le préfet de la Seine-Saint-Denis a, d'une part, procédé à son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, d'autre part, chargé le secrétaire général de la préfecture de la Seine-Saint-Denis de l'exécution de l'arrêté du 5 avril 2023, dès lors que ces décisions constituent des mesures d'exécution qui ne sont pas susceptibles de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir.

M. A C a répondu au moyen soulevé d'office par un mémoire du 9 juin 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le règlement (UE) n° 2018/1861 du Parlement européen et du Conseil du 28 novembre 2018 ;

- l'accord du 17 mars 1988 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République de Tunisie en matière de séjour et de travail ;

- l'accord-cadre relatif à la gestion concertée des migrations et au développement solidaire entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République de Tunisie et le protocole relatif à la gestion concertée des migrations, signés à Tunis le 28 avril 2008 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le décret n° 2010-569 du 28 mai 2010 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme F, en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 13 juin 2023, en présence de Mme Gaillac, greffière d'audience :

- le rapport de Mme F,

- les observations de Me Hagege, représentant M. A C.

La clôture de l'instruction a été prononcée au terme de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. D A C ressortissant tunisien, né le 26 janvier 1995 à Tataouine, demande au tribunal d'annuler la décision du 5 avril 2023 par laquelle le préfet Seine-Saint-Denis l'a obligé à quitter le territoire français, a fixé le pays de destination, et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.

Sur l'étendue du litige :

2. D'une part, aux termes de l'article 24 du règlement susvisé du 28 novembre 2018 : " 1. Les États membres introduisent un signalement aux fins de non-admission et d'interdiction de séjour lorsque l'une des conditions ci-après est remplie : / a) l'État membre a conclu, sur la base d'une évaluation individuelle comprenant une appréciation de la situation personnelle du ressortissant de pays tiers concerné et des conséquences du refus d'entrée et de séjour, que la présence de ce ressortissant de pays tiers sur son territoire représente une menace pour l'ordre public, la sécurité publique ou la sécurité nationale et l'État membre a, par conséquent, adopté une décision judiciaire ou administrative de non-admission et d'interdiction de séjour conformément à son droit national et émis un signalement national aux fins de non-admission et d'interdiction de séjour ; / ou b) l'État membre a émis une interdiction d'entrée conformément à des procédures respectant la directive 2008/115/CE au sujet d'un ressortissant de pays tiers () ". Aux termes de l'article L. 613-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel est notifiée une interdiction de retour sur le territoire français est informé qu'il fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, conformément à l'article 24 du règlement (UE) n° 2018/1861 du Parlement européen et du Conseil du 28 novembre 2018 sur l'établissement, le fonctionnement et l'utilisation du système d'information Schengen (SIS) dans le domaine des vérifications aux frontières, modifiant la convention d'application de l'accord de Schengen et modifiant et abrogeant le règlement (CE) n° 1987/2006. / Les modalités de suppression du signalement de l'étranger en cas d'annulation ou d'abrogation de l'interdiction de retour sont fixées par voie réglementaire. ". En vertu de l'article R. 613-7 de ce code, les modalités de suppression du signalement d'un étranger effectué au titre d'une décision d'interdiction de retour sont celles qui s'appliquent, en vertu de l'article 7 du décret n° 2010-569 du 28 mai 2010 relatif au fichier des personnes recherchées, aux cas d'extinction du motif d'inscription au fichier des personnes recherchées.

3. Il résulte de ces dispositions que, lorsqu'elle prend à l'égard d'un étranger une décision d'interdiction de retour sur le territoire français ou prolonge l'interdiction de retour dont cet étranger fait l'objet, l'autorité administrative se borne à informer l'intéressé de son signalement aux fins de non-admission dans le Système d'information Schengen. Une telle information ne constitue pas une décision distincte de la mesure d'interdiction de retour et n'est, dès lors, pas susceptible de faire l'objet en tant que telle d'un recours pour excès de pouvoir. Par suite, les conclusions tendant à l'annulation du signalement aux fins de non admission des intéressés dans le Système d'information Schengen dont M. A C a fait l'objet sont irrecevables et ne peuvent qu'être rejetées.

4. D'autre part, l'article 5 de l'arrêté attaqué chargeant le secrétaire général de la préfecture de Seine-Saint-Denis de l'exécution de cet arrêté qui constitue une simple mesure d'exécution ne constitue pas davantage une décision faisant grief susceptible d'être déférée devant le juge administratif. Les conclusions à fin d'annulation dirigées contre cette disposition de l'arrêté attaqué sont donc irrecevables et doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'annulation des décisions restant en litige :

En ce qui concerne le moyen commun à l'ensemble des décisions :

5. Par un arrêté n°2023-0028 du 10 janvier 2023, régulièrement publié au bulletin d'informations administratives, le préfet de la Seine-Saint-Denis a donné délégation à M. B E, attaché d'administration de l'Etat, pour signer tous les actes, arrêtés et décisions relevant du bureau de l'éloignement comprenant notamment les obligations de quitter le territoire français, les décision d'interdiction de retour sur le territoire français et les décisions fixant le pays vers lequel sera éloigné un étranger faisant l'objet d'une mesure d'éloignement. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire peut être écarté.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

6. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; () ". Par l'arrêté attaqué, le préfet de la Seine-Saint-Denis a fait obligation à M. A C de quitter le territoire sans délai en application de ces dispositions.

7. En premier lieu, l'arrêté attaqué vise les dispositions utiles de la Convention européenne des droits de l'homme, de la réglementation européenne, et du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il précise notamment que le requérant déclare vivre en France en 2020 et qu'il ne justifie pas lien personnels et familiaux stables en France. Dès lors, il comporte l'exposé des éléments de faits propres à la situation de M. A C et les considérations de droit qui en constituent le fondement. Il est ainsi suffisamment motivé, conformément aux dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ce moyen peut être écarté.

8. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de la Seine-Saint-Denis n'aurait pas procédé à l'examen de la situation personnelle du requérant. Ce moyen peut être écarté.

9. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

10. Il ressort des pièces du dossier que M. A C est célibataire, sans charge de famille en France. En outre, il n'établit pas entretenir des liens amicaux sur le territoire français. Si M. A C entend se prévaloir d'une insertion professionnelle en France, les bulletins de salaire produits pour la période d'août 2021 à mars 2023, en qualité de boulanger-pâtissier, ne sont pas de nature à prouver qu'il aurait établi en France le centre de sa vie privée en France. Dans ces conditions, le préfet de la Seine-Saint-Denis n'a pas porté au droit de M. A C au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels a été prise la décision attaquée. Dès lors, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation sur sa situation personnelle que le préfet de la Seine-Saint-Denis aurait commises doivent être écartés.

11. En quatrième lieu, lorsque la loi prescrit l'attribution de plein droit d'un titre de séjour à un étranger, cette circonstance fait obstacle à ce qu'il puisse légalement être l'objet d'une mesure d'obligation de quitter le territoire français. Tel n'est pas le cas de la mise en œuvre des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lesquelles ne prescrivent pas la délivrance d'un titre de plein droit mais laissent à l'administration un large pouvoir pour apprécier si l'admission au séjour d'un étranger répond à des considérations humanitaires ou si elle se justifie au regard des motifs exceptionnels dont l'intéressé se prévaut. Le législateur n'a ainsi pas entendu imposer à l'administration d'examiner d'office si l'étranger remplit les conditions prévues par cet article ni, le cas échéant, de consulter d'office la commission du titre de séjour quand l'intéressé est susceptible de justifier d'une présence habituelle en France depuis plus de 10 ans. Il en résulte qu'un étranger ne peut pas utilement invoquer le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 435-1 à l'encontre d'une obligation de quitter le territoire français alors qu'il n'avait pas présenté une demande de titre de séjour sur le fondement de cet article et que l'autorité compétente n'a pas procédé à un examen d'un éventuel droit au séjour à ce titre.

12. Il ressort des pièces du dossier que M. A C n'a formé aucune demande de titre de séjour sur ce fondement. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, inopérant à l'encontre d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, doit être écarté en tout état de cause.

13. En dernier lieu, les moyens soulevés relatifs au défaut de base légale et à l'erreur de droit sont dépourvus des précisions nécessaires permettant de les apprécier.

En ce qui concernant la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

14. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. " Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. ".

15. D'une part, il résulte de ce qui précède que l'obligation de quitter le territoire français sans délai n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, M. A C ne saurait se prévaloir par voie d'exception, de l'illégalité de cette décision.

16. D'autre part, la décision attaquée vise les textes dont elle fait application, en particulier l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précité. Elle indique en outre, que l'intéressé n'établit pas être exposé en cas de retour dans son pays d'origine à des peines ou traitements contraire à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme. Enfin, après avoir indiqué la date d'entrée en France de l'intéressé, la circonstance qu'il est célibataire, sans charge de famille et qu'il ne justifie pas de liens personnels et familiaux en France, la décision indique que la durée de l'interdiction de retour d'un an ne porte pas une atteinte disproportionnée au droit de l'intéressé au regard de sa vie privée et familiale. Par suite, la motivation de la décision attaquée est suffisante. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de la Seine-Saint-Denis n'aurait pas procédé à l'examen de la situation personnelle du requérant.

17. Par ailleurs, et pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 10 du présent jugement, les moyens tirés de la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés. Enfin, les moyens soulevés relatifs au défaut de base légale et à l'erreur de droit sont dépourvus des précisions nécessaires permettant de les apprécier.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

18. D'une part, il résulte de ce qui précède que l'obligation de quitter le territoire français sans délai n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, M. A C ne saurait se prévaloir par voie d'exception, de l'illégalité de cette décision.

19. D'autre part, la décision attaquée vise les dispositions utiles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et énonce que M. A C fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français. Elle relève que l'intéressé n'établit pas que sa vie ou sa liberté seraient menacées en cas de retour dans son pays d'origine, ni qu'il serait exposé à des traitements inhumains ou dégradants. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de la Seine-Saint-Denis n'aurait pas procédé à l'examen de la situation personnelle du requérant.

20. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A C doivent être rejetées.

Sur les frais de l'instance :

21. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".

22. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. A C demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1 : La requête de M. A C est rejetée

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A C et au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juin 2023.

La magistrate désignée,

T. F La greffière,

A. GAILLAC

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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