samedi 29 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2309672 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CABINET ANDOTTE AVOCATS (AARPI) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées le 29 avril 2023, l'Union départementale CGT de la Seine-Saint-Denis, l'Union syndicale solidaires 93, la Fédération syndicale unitaire de la Seine-Saint-Denis, l'Union régionale Ile-de-France CGT, M. A B et Madame D C, représentés par Me Brault, demandent au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du préfet de police du 28 avril 2023 portant interdiction d'un rassemblement pour le 29 avril 2023 à Saint-Denis ;
2)° d'enjoindre au préfet de police d'adopter toutes mesures propres à lever les restrictions apportées aux libertés fondamentales ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 4 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la condition d'urgence propre à l'article L. 521-2 du code de justice administrative doit être regardée comme remplie dès lors que la manifestation doit se dérouler samedi 29 avril 2023 ;
- l'arrêté en litige porte une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté de manifester, à la liberté de se réunir et à la liberté d'expression et de communication.
La Ligue des droits de l'homme, l'Union syndicale solidaires, le Syndicat de la magistrature et le Syndicat des avocats de France, représentés par Me Ogier et Me Crusoé, ont déposé un mémoire en intervention, enregistré le 29 avril 2023, au soutien des conclusions de la requête.
L'Union départementale CFDT de la Seine-Saint-Denis et l'Union départementale CFTC de la Seine-Saint-Denis, représentés par Me Brault, ont déposé un mémoire en intervention, enregistré le 29 avril 2023, au soutien des conclusions de la requête, et demandent de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 avril 2023, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. E pour statuer sur les demandes de référé.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, qui s'est tenue le 29 avril 2023, en présence de Mme Depousier, greffière d'audience :
- le rapport de M. E,
- les observations de Me Brault, représentant les requérants, ainsi que l'Union départementale CFDT de la Seine-Saint-Denis et l'Union départementale CFTC de la Seine-Saint-Denis ;
- les observations de Me Van der Vlist, représentant la Ligue des droits de l'homme, l'Union syndicale solidaires, le Syndicat de la magistrature et le Syndicat des avocats de France,
- et les observations de M. F, représentant le préfet de police.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur les interventions :
1. Au regard de leurs statuts, la Ligue des droits de l'homme, l'Union syndicale solidaires, le Syndicat de la magistrature, le Syndicat des avocats de France, l'Union départementale CFDT de la Seine-Saint-Denis et l'Union départementale CFTC de la Seine-Saint-Denis ont intérêt à la suspension de la décision contestée. Ainsi leur intervention est recevable.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. "
3. Il incombe au préfet de police, en vertu des dispositions de l'article L. 2512-13 du code général des collectivités territoriales, de prendre les mesures qu'exige le maintien de l'ordre dans le département de la Seine-Saint-Denis. Aux termes de l'article L. 211-1 du code de la sécurité intérieure : " Sont soumis à l'obligation d'une déclaration préalable tous cortèges, défilés et rassemblements de personnes, et, d'une façon générale, toutes manifestations sur la voie publique () ". Aux termes de l'article L. 211-4 de ce code : " Si l'autorité investie des pouvoirs de police estime que la manifestation projetée est de nature à troubler l'ordre public, elle l'interdit par un arrêté qu'elle notifie immédiatement aux signataires de la déclaration au domicile élu () ".
4. Le respect de la liberté de manifestation devant être concilié avec le maintien de l'ordre public, il appartient à l'autorité investie du pouvoir de police, lorsqu'elle est saisie de la déclaration préalable prévue à l'article L. 211-1 du code de la sécurité intérieure ou lorsqu'elle a connaissance d'appels à manifester, d'apprécier le risque de troubles à l'ordre public et, sous le contrôle du juge administratif, de prendre les mesures de nature à prévenir lesdits troubles, dont, le cas échéant, l'interdiction de la manifestation si une telle mesure est seule de nature à préserver l'ordre public.
5. Par un arrêté du 28 avril 2023, le préfet de police a interdit le rassemblement, déclaré le mercredi 26 avril 2023 auprès des services de la préfecture de la Seine-Saint-Denis par l'Union départementale CGT 93, l'Union départementale FO 93 et l'Union syndicale Solidaires, en vue de distribuer des tracts contre la réforme des retraites le samedi 29 avril 2023 entre 16h00 et 21h00 place des droits de l'homme à Saint-Denis et aux abords des sorties des RER B et D et de la ligne 13 du métro aux stations Stade de France. Si le préfet de police soutient que les déclarations déposées en vue de ce rassemblement serait tardives au regard des dispositions de l'article L. 211-1 du code de la sécurité intérieure, les requérants soutiennent, sans être utilement contredits, qu'ils ont pris contact dès le 25 avril 2023 avec la préfecture et qu'il leur a été demandé de réitérer leur demande le lendemain. Il ressort des pièces du dossier, et des précisions apportées par les parties à l'audience, que la déclaration portait sur une simple distribution de tracts contre la réforme des retraites par un nombre limité de personnes. Si le préfet de police relève que des sifflets seront également distribués et que la présence de sifflets dans l'enceinte du stade est prohibée par le règlement intérieur de la Fédération française de football, il est constant que des contrôles seront à cette fin opérés à l'entrée du stade. D'une façon générale, le préfet de police ne démontre pas qu'eu égard au nombre de participants annoncé, à la configuration des lieux et au nombre important de membres de forces de l'ordre mobilisés à l'occasion du match se déroulant au Stade France, le rassemblement objet du litige présenterait un risque particulier au regard de la sécurité des spectateurs se rendant au match et des usagers de la voie publique. Ainsi, le préfet de police n'apporte pas d'éléments suffisants concernant les risques de troubles à l'ordre public ou des difficultés spécifiques dans ses missions de maintien de l'ordre.
6. Dans les circonstances de l'espèce, l'arrêté contesté du 29 avril 2023 n'apparait pas, en l'état de l'instruction, proportionné à l'objectif de maintien de l'ordre public poursuivi. Par suite, les requérants sont fondés à soutenir que le préfet de police a porté une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté de manifester. La condition de l'urgence étant satisfaite compte tenu de l'imminence du rassemblement, il y a lieu de suspendre l'exécution de la décision contestée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. La présente ordonnance n'implique aucune injonction particulière. Les conclusions à cette fin doivent donc être rejetées.
Sur les conclusions relatives aux frais de l'instance :
8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État la somme demandée en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E
Article 1er : Les interventions de la Ligue des droits de l'homme, de l'Union syndicale solidaires, du Syndicat de la magistrature, du Syndicat des avocats de France, de l'Union départementale CFDT de la Seine-Saint-Denis et l'Union départementale CFTC de la Seine-Saint-Denis sont admises.
Article 2 : L'exécution de l'arrêté du préfet de police du 28 avril 2023 est suspendue.
Article 3 : Le surplus de conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Les conclusions présentées par l'Union départementale CFDT de la Seine-Saint-Denis et l'Union départementale CFTC de la Seine-Saint-Denis au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à l'Union départementale CGT de la Seine-Saint-Denis, à l'Union syndicale solidaires 93, à la Fédération syndicale unitaire de la Seine-Saint-Denis, à l'Union régionale Ile-de-France CGT, à M. A B, à Madame D C, à la Ligue des droits de l'homme, à l'Union syndicale solidaires, au Syndicat de la magistrature, au Syndicat des avocats de Franc, à l'Union départementale CFDT de la Seine-Saint-Denis, à l'Union départementale CFTC de la Seine-Saint-Denis et au préfet de police.
Fait à Paris le 29 avril 2023.
Le juge des référés,
C. E
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/9
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026