lundi 5 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2312065 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SCALBERT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 25 mai 2023, M. B A , agissant en qualité de représentant légal de sa fille, Mme C A, représenté par Me Scalbert, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 9 mai 2023 du directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, OFII portant refus des conditions matérielles d'accueil ;
3°) d'enjoindre à l'OFII de rétablir les conditions matérielles d'accueil à la requérante dans un délai de trois jours à compter de la notification du jugement à intervenir et jusqu'à ce qu'il soit statué sur sa requête au fond ;
4°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration une somme de 1 500 euros au titre des honoraires et frais, non compris dans les dépens, engagés pour l'instance en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
Sur l'urgence :
- la décision attaquée place la requérante et sa famille dans une situation de grande précarité et de grande vulnérabilité alors que l'enfant bénéficie d'un suivi régulier à l'hôpital Debré et a subi une lourde opération à l'hôpital Necker le 24 avril 2023 avec d'importantes suites opératoires et des rendez-vous réguliers;
Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;
- elle n'est pas motivée et est entachée d'un défaut d'examen sérieux ;
- elle méconnait les articles L. 551-15 , L. 551-3 et L.551-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'OFII n'ayant pas pris en compte la situation personnelle et familiale de la requérante ainsi que sa vulnérabilité tel que le prévoit ces dispositions ;
- elle méconnait l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 juin 2023, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il soutient que le requérant s'est lui-même placé dans la situation d'urgence qu'il invoque et qu'ainsi la condition d'urgence n'est pas satisfaite et qu'il n'y a pas de doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le numéro 2312067 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- la loi du n° 91-647 du 10 juillet 1991,
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Evgénas pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue, le 2 juin 2023, en présence de Mme Maurice, greffière d'audience, Mme Evgénas a lu son rapport et entendu les observations de Me Miléo, pour Mme C A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C A, née le 18 mars 2023 à Paris, de nationalité ivoirienne, a présenté, par l'intermédiaire de ses parents, une demande d'asile enregistrée au guichet unique de la préfecture de police de Paris le 19 avril 2023 et placée en procédure normale. Toutefois, M. B A, représentant légal de l'enfant, ayant refusé l'orientation régionale et ayant refusé de signer l'offre de prise en charge, le bénéfice des conditions matérielles d'accueil lui a été refusé par une décision du 9 mai 2023 remise en mains propres. Par la présente requête, M. B A, agissant en qualité de représentant légal de sa fille, Mme C, demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 9 mai 2023 du directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, OFII, portant refus des conditions matérielles d'accueil.
Sur les conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée doit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
3. Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
4. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
Sur l'urgence :
5. Il résulte des dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre.
6. Il ressort des pièces du dossier que la famille de Mme A est en situation de grave précarité ne disposant d'aucune ressource. Par ailleurs, il est constant que l'enfant, âgé de moins de trois mois, a de très importants problèmes de santé depuis sa naissance, a subi une lourde opération à l'hôpital Necker le 24 avril 2023 et bénéficie d'un suivi régulier à l'hôpital Debré, ce qu'attestent les documents médicaux produits ainsi que le courrier de l'assistante sociale en charge de la famille qui précise qu'il est important dans ce contexte que l'enfant reste proche de ces hôpitaux parisiens pour son suivi médical et que le bénéfice de l'allocation pour demandeur d'asile est nécessaire à la famille. Dans ces conditions, M. A justifie que la décision attaquée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à la requérante et à sa famille, sans que cette situation ne lui soit imputable. La condition d'urgence est donc satisfaite.
Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
7. Au regard de la situation de grande vulnérabilité de l'enfant, C A, dont la pathologie sévère nécessite un suivi régulier auprès des hôpitaux parisiens dans lesquels elle a été opérée récemment et dans lesquels elle est prise en charge, ainsi que l'attestent les rendez-vous programmés tout au long du mois de juin, les moyens invoqués tirés de ce que la décision attaquée méconnait les articles L. 551-15 , L. 551-3 et L.551-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'OFII n'ayant pas pris en compte la situation personnelle et familiale de la requérante ainsi que sa vulnérabilité, et celui tiré de la méconnaissance de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant sont de nature, en l'état de l'instruction, à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée de l'OFII. Par suite, il y a lieu de suspendre l'exécution de la décision en litige du 9 mai 2023 du directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration portant refus des conditions matérielles d'accueil.
Sur les conclusions en injonction :
8. La présente ordonnance implique nécessairement que l'OFII rétablisse, à titre provisoire, les conditions matérielles d'accueil dans un délai de sept jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
9. Sous réserve de l'admission définitive de Mme A à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Scalbert renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, l'OFII versera à Me Scalbert la somme de 1 000 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1000 euros sera versée au représentant légal de Mme A, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme A est admise provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : L'exécution de la décision de l'Office français de l'immigration et de l'intégration en date du 9 mai 2023 est suspendue.
Article 3 : Il est enjoint à l'OFII de rétablir, à titre provisoire, les conditions matérielles d'accueil au profit de Mme A, dans un délai de sept jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir.
Article 4 : Dans l'hypothèse où Mme A serait admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre définitif, l'OFII versera à son conseil, Me Scalbert la somme de 1 000 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve pour cet avocat de renoncer à la part contributive de l'Etat à la mission de l'aide juridictionnelle qui lui a été confiée. Dans l'hypothèse où Mme A ne serait pas admise à titre définitif au bénéfice de l'aide juridictionnelle, l'OFII lui versera la somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6: La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A, représentée par M. B A , à Me Scalbert et au ministre de l'intérieur.
Copie sera adressée à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Fait à Paris, le 5 juin 2023.
La juge des référés,
J. EVGENAS
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026