vendredi 12 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2314549 |
| Type | Ordonnance |
| Avocat requérant | DELIMI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 juin 2023, Mme C, représentée par Me Delimi, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler les décisions du 2 mai 2023 par lesquelles le préfet de Police a prolongé le délai de son transfert aux autorités espagnoles de six à dix-huit mois, l'a placée en fuite et a refusé d'enregistrer sa demande d'asile en procédure normale ;
3°) d'enjoindre au préfet de police de procéder à l'enregistrement de sa demande d'asile en procédure normale et de lui délivrer le formulaire de demande d'asile dans un délai de 15 jours à compter de la notification de la présente décision sous astreinte de 50 euros par jour de retard ou à défaut de procéder au réexamen de sa demande dans un délai de 3 jours ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1500 euros sur le fondement des articles L. 761-1 du Code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Elle soutient que le préfet a méconnu l'article 9-2 du règlement 118/2014 de la commission du 30 janvier 2014 modifiant le règlement CE n°1560/2003 et l'article 29 du règlement UE n°604/2013 dès lors qu'elle n'était pas en situation de fuite.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 mai 2024, le préfet de police conclut au non-lieu à statuer en faisant valoir que la requérante s'est vue délivrer une attestation de demande d'asile en procédure normale valable du 15 mai 2024 au 14 mars 2025.
Par une décision du 20 septembre 2023 du bureau d'aide juridictionnelle Mme A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
1. Par une décision en date du 20 septembre 2023 le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Paris a accordé l'aide juridictionnelle totale à Mme A. Par suite, ses conclusions tendant à ce qu'elle soit provisoirement admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle sont devenues sans objet. Il n'y a donc pas lieu d'y statuer.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :
2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " (..) les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 3' Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; () / 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que, postérieurement à l'introduction de la requête, le préfet de police de Paris a enregistré la demande de Mme A en procédure normale et lui a délivré une attestation de demande d'asile valable du 15 mai 2024 au 14 mars 2025. Par suite, sa requête est devenue sans objet. Il n'y a, dès lors, plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
4. Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Ainsi, son avocat peut se prévaloir des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. Dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que son avocat renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Delimi de la somme de 500 euros.
ORDONNE :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de Mme A tendant à son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de Mme A aux fins d'annulation et d'injonction.
Article 3 : L'Etat versera la somme de 500 euros à Me Delimi en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Delimi renonce à percevoir la contribution de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C, à Me Delimi et au préfet de police de Paris.
Fait à Paris, le 12 juillet 2024.
La présidente de la 1ère section
S. VIDAL
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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