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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2315691

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2315691

mercredi 23 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2315691
TypeDécision
PublicationC
Formation5e Section - 3e Chambre
Avocat requérantCABINET BAZIN & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 4 juillet 2023 et des mémoires enregistrés les 26 octobre 2023 et 15 novembre 2023, Mme B A, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 3 mai 2023 par laquelle la commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) a rejeté sa demande de prendre en compte la reconnaissance de sa qualité de travailleuse handicapée pour le calcul de la durée de son préavis de licenciement pour insuffisance professionnelle ;

2°) de reconsidérer le point de départ de son préavis qui ne peut être antérieur au 2 juin 2023, date de fin de son arrêt de travail, de dire qu'en raison de sa reconnaissance de travailleuse handicapée, le préavis de licenciement ne peut être inférieur à quatre mois et doit être rémunéré à ce titre et de dire que la période de préavis ainsi recalculée ouvre droit à des congés annuels ;

3°) de " modifier " la décision de la CNIL du 21 février 2023 la licenciant en concluant que la date de son licenciement effectif doit être fixée au 2 octobre 2023 ;

4°) d'enjoindre à la production de l'ensemble des attestations et documents administratifs dûment rectifiés pour lui permettre de faire valoir ses droits en fonction de la nouvelle situation auprès notamment de la caisse nationale de l'assurance maladie et de France Travail ;

5°) d'enjoindre la CNIL à lui verser les deux mois de salaires afférents au doublement de la période de préavis auxquels sa qualité de travailleuse handicapée lui donne droit ;

6°) de mettre à la charge de la CNIL la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le point de départ du délai de préavis est erroné ; il est entaché d'erreur de droit au regard de l'article 46 du décret du 17 janvier 1986 et de la jurisprudence : son licenciement prononcé le 21 février 2023 ne pouvait être effectif qu'après avoir accompli un préavis de licenciement qui aurait dû commencer à courir à l'issue de son arrêt de travail, le 2 juin 2023 ; elle a ainsi été privée de rémunération sur la quasi-totalité de son préavis de licenciement correspondant à au moins deux mois de traitement soit 6 600 euros ; par ailleurs, pour fixer la date d'effet de son licenciement, l'administration aurait dû tenir compte non seulement du délai de préavis mais également du délai supplémentaire nécessaire, pour lui permettre d'épuiser ses droits à congés annuels, la période de préavis ouvrant elle-même des droits à congés annuels ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article 40 du décret n° 88-145 du 15 février 1988 modifié dont il ressort que les durées de préavis sont doublées pour les personnels handicapés dans la mesure où la reconnaissance du handicap aura été préalablement déclarée à l'employeur et dans des délais suffisants ;

- eu égard au décret n° 2010-356 du 1er avril 2010 portant publication de la convention relative aux droits des personnes handicapées signée à New-York le 30 mars 2007, notamment ses articles 3 et 6, et à l'article 2 paragraphe 2b de la directive du 27 novembre 2000 relative à la création d'un cadre général en faveur de l'égalité de traitement en matière d'emploi et de travail, la même durée de préavis appliquée aux agents contractuels, indépendamment de leur situation de handicap, méconnaît le principe général du droit communautaire sous-tendu par l'article L. 131-8 du code général de la fonction publique ;

- la décision attaquée est discriminatoire en ce que la durée de préavis de licenciement d'un agent en situation de handicap, au seul motif qu'il est agent de la fonction publique d'Etat, est défavorablement exclu du bénéfice des règles particulières qui s'appliquent à tout autre travailleur en situation de handicap, que son employeur soit public ou privé, à savoir le doublement de sa durée de préavis.

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 septembre 2023, la commission nationale de l'informatique et des libertés, représentée par Me Bazin conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de Mme A de la somme de 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- à titre principal, les conclusions tendant d'une part, à dire que la date de fin de contrat de travail doit être reportée à la fin du préavis dont la date de début ne peut être antérieure au 2 juin 2023, date de fin de son arrêt de travail, qu'en raison de sa reconnaissance de travailleuse handicapée, son préavis de licenciement ne peut être inférieur à 4 mois et doit être rémunéré à ce titre et que la période de préavis ainsi recalculée ouvre droit à congés annuels, et, d'autre part, à " modifier " la décision de la CNIL du 23 février 2023 sont irrecevables ;

- les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés ;

- en tout état de cause, à supposer que les modalités de préavis de licenciement n'aient pas été respectées par la CNIL, cette circonstance n'est pas de nature à entraîner l'annulation totale de la décision de licenciement mais la rend seulement illégale en tant qu'elle prend effet avant expiration du délai de préavis applicable.

Par ordonnance du 2 septembre 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 2 octobre 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 ;

- le décret n° 84-972 du 26 octobre 1984 ;

- le décret n° 86-83 du 17 janvier 1986 modifié ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Kanté, première conseillère ;

- les conclusions de M. Gandolfi, rapporteur public ;

- et les observations de Me Bazin, représentant la commission nationale de l'informatique et des libertés.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A a été recrutée par la commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL), par contrat à durée indéterminée, le 24 septembre 2020, pour exercer des fonctions d'auditeur des systèmes d'information au sein du service des contrôles - ressources humaines, santé et affaires publiques à compter du 1er octobre 2020. Le 5 juillet 2022, elle s'est vu reconnaître la qualité de travailleur handicapé (RQTH) par une décision de la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH) transmise à son employeur le 9 août suivant. Par décision du 21 février 2023, la présidente de la CNIL l'a licenciée pour insuffisance professionnelle. Par courriels des 30 mars 2023 et 28 avril 2023, Mme A a demandé aux services de la CNIL de reconsidérer le point de départ de son délai de préavis de licenciement, le calcul de sa durée afin qu'il soit tenu compte du solde de ses congés annuels et de sa reconnaissance de travailleur handicapé. Par un courriel du 3 mai 2023, le chef du service des ressources humaines de la CNIL a rejeté sa demande. Par la présente requête, Mme A demande l'annulation de cette décision. Elle doit également être regardée comme demandant d'une part, à ce que la décision du 21 février 2023 la licenciant pour insuffisance professionnelle soit déclarée illégale, et d'autre part, à ce qu'il soit enjoint à la CNIL, de reconsidérer le point de départ de son préavis de licenciement qui ne peut, selon elle, être antérieur au 2 juin 2023, date de fin de son arrêt de travail, de fixer la durée de ce préavis à quatre mois compte tenu de la reconnaissance de sa qualité de travailleuse handicapée et de la rémunérer à ce titre, la période de préavis ainsi recalculée ouvrant droit à congés annuels supplémentaires, de lui verser les mois de salaire afférents au doublement de sa période de préavis, enfin, à ce que la CNIL produise l'ensemble des attestations et documents administratifs rectifiés lui permettant de faire valoir ses droits en fonction de la nouvelle situation auprès de la caisse nationale de l'assurance maladie et de France travail.

Sur la fin de non-recevoir :

2. Compte tenu de la requalification des conclusions opérée par le présent tribunal, ainsi qu'elle résulte du point 1 et à laquelle le juge administratif est tenu de procéder, la fin de non-recevoir présentée par la CNIL contre les conclusions présentées par Mme A tendant " à dire " et " à modifier " ne peut qu'être écartée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. Aux termes de l'article 16 de la loi n° 2017-55 du 20 janvier 2017 portant statut général des autorités administratives indépendantes et des autorités publiques indépendantes : " Toute autorité administrative indépendante () dispose de services placés sous l'autorité de son président, (). Toute autorité administrative indépendante () peut () recruter des agents contractuels. Les dispositions réglementaires prises en application de l'article 7 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat sont applicables aux agents contractuels mentionnés au deuxième alinéa du présent article ".

4. Aux termes de l'article 45-2 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de l'Etat, applicable en l'espèce, auquel le contrat de Mme A se réfère (article 5) : " L'agent contractuel peut être licencié pour un motif d'insuffisance professionnelle () ". Aux termes de l'article 46 du même décret : " L'agent recruté pour une durée indéterminée () est licencié avant le terme de son contrat, a droit à un préavis qui est de : () -deux mois pour celui qui justifie auprès de l'autorité qui le recrute d'une ancienneté de services d'au moins deux ans. Pour la détermination de la durée du préavis, l'ancienneté est décomptée jusqu'à la date d'envoi de la lettre de notification du licenciement. Elle est calculée compte tenu de l'ensemble des contrats conclus avec l'agent licencié, y compris ceux effectués avant une interruption de fonctions sous réserve que cette interruption n'excède pas quatre mois et qu'elle ne soit pas due à une démission de l'agent. Les congés pris en compte pour la détermination de cette ancienneté sont ceux fixés au premier alinéa du I de l'article 28. Les congés non pris en compte ne font pas perdre l'ancienneté acquise avant leur octroi. La date de présentation de la lettre recommandée avec demande d'avis de réception notifiant le licenciement fixe le point de départ du préavis. () ".

5. Il résulte de ces dispositions que l'agent non titulaire de l'Etat engagé pour une durée indéterminée ne peut être licencié par l'autorité administrative qu'après un préavis dont la durée est de deux mois au moins si la durée des services est égale ou supérieure à deux ans, la date à laquelle le licenciement prend effet devant tenir compte de cette période de préavis ainsi que des droits au congé annuel restant à courir. L'article 10 de ce même décret dispose que l'agent non titulaire en activité a droit, dans les conditions prévues par le décret n° 84-972 du 26 octobre 1984 relatif aux congés annuels des fonctionnaires d'Etat, à un congé annuel dont la durée et les conditions d'attribution sont identiques à celles du congé annuel des fonctionnaires titulaires. Il indique que : " en cas de licenciement n'intervenant pas à titre de sanction disciplinaire, de démission ou à la fin d'un contrat à durée déterminée, l'agent qui, du fait de l'administration en raison notamment de la définition par le chef de service du calendrier des congés annuels ou pour raison de santé, n'a pu bénéficier de tout ou partie de ses congés annuels a droit à une indemnité compensatrice de congés annuels. L'indemnité compensatrice de congés annuels est égale au 1/10 de la rémunération totale brute perçue par l'agent au cours de sa période d'emploi, entre le 1er janvier et le 31 décembre de l'année en cours. L'indemnité est proportionnelle au nombre de jours de congés annuels dus non pris. L'indemnité est soumise aux mêmes retenues que la rémunération de l'agent. L'indemnité ne peut être inférieure au montant de la rémunération que l'agent aurait perçue pendant la période de congés annuels dus et non pris ". Après avoir précisé à son article 1er que l'année de service accompli s'entend de la période courant du 1er janvier au 31 décembre, ledit décret en date du 26 octobre 1984 dispose en son article 2 que les fonctionnaires qui n'exercent pas leurs fonctions pendant la totalité de la période de référence ont droit à un congé annuel dont la durée est calculée au prorata de la durée des services accomplis.

6. En premier lieu, il est constant que Mme A, qui avait été recrutée par la CNIL ainsi qu'il résulte du point 1, le 1er octobre 2020 et comptabilisait, à la date d'envoi de la lettre de notification de son licenciement, plus de deux ans d'ancienneté de services, était en congé de maladie ordinaire du 12 décembre 2022 au 2 juin 2023. Elle soutient que son préavis de licenciement ne peut être tenu pour accompli pendant cette période et qu'il aurait dû commencer à courir à l'issue de son congé de maladie, et non à compter du 23 février 2023 date à laquelle lui a été notifié son licenciement. Toutefois, pas plus qu'aucune disposition législative ou réglementaire n'interdit de prononcer le licenciement d'un agent public du seul fait qu'il est en congé de maladie, aucune disposition de loi ou de règlement ni aucun principe général ne reconnaît aux agents publics non titulaires que le préavis de licenciement ne peut être tenu pour accompli pendant un congé de maladie ordinaire. Dans ces conditions, Mme A n'est pas fondée à soutenir qu'en fixant le point de départ de son préavis au 23 février 2023, date de présentation de la lettre de notification de son licenciement, la CNIL a méconnu les dispositions précitées et entaché sa décision du 3 mai 2023 d'erreur de droit.

7. En deuxième lieu, l'article 40 du décret n°88-145 du 15 février 1998 relatif aux agents contractuels de la fonction publique territoriale prévoit, s'agissant de la durée de préavis de licenciement de l'agent recruté pour une durée indéterminée ainsi que de l'agent qui, engagé par contrat à durée déterminée, est licencié avant le terme de son contrat, que " Ces durées sont doublées pour les personnels handicapés mentionnés aux 1°, 2°, 3°, 4°, 9°, 10° et 11° de l'article L. 5212-13 du code du travail, dans la mesure où la reconnaissance du handicap aura été préalablement déclarée à l'employeur et dans des délais suffisants ".

8. S'il est constant que Mme A a été reconnue travailleur handicapé par une décision du 5 juillet 2022 de la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH), transmise à son employeur le 9 août 2022, elle ne peut toutefois invoquer le bénéfice des dispositions précitées, applicables aux seuls agents contractuels de la fonction publique territoriale, et il n'existe pas de dispositions similaires prévues par le décret précité du 17 janvier 1986 applicable aux agents contractuels de l'Etat dont elle relève.

9. En troisième lieu, d'une part, Mme A soutient que la décision attaquée méconnaît le principe général de non-discrimination et d'égalité de traitement. Elle fait valoir qu'il appartenait à la CNIL, en présence de situations différentes, d'appliquer un traitement différent. Toutefois, outre que les dispositions de l'article L. 131-18 du code général de la fonction publique concernant les mesures appropriées que doivent prendre les employeurs publics afin de garantir le respect du principe d'égalité de traitement à l'égard des personnes en situation de handicap, ne prévoient pas qu'en matière de préavis de licenciement, la durée de celui-ci doit être différente du fait de la situation de handicap de l'agent, les dispositions de l'article L. 5213-9 du code du travail, auxquelles Mme A se réfère également, si elles prévoient effectivement un doublement de la durée du préavis de licenciement d'une personne en situation de handicap, sans toutefois que cette mesure puisse avoir pour effet de porter au-delà de trois mois la durée de ce préavis, concernent les seuls salariés du secteur privé et ne sont pas applicables aux agents publics. Enfin, si le principe d'égalité impose, en règle générale, de traiter de la même façon des personnes qui se trouvent dans la même situation, il n'oblige pas cependant à traiter différemment des personnes se trouvant dans des situations différentes.

10. D'autre part, Mme A ne peut se prévaloir utilement des stipulations de la convention relative aux droits des personnes handicapées signée à New York le 30 mars 2007 et des stipulations de son article 4 point 1 aux termes desquelles " Les États Parties s'engagent à garantir et à promouvoir le plein exercice de tous les droits de l'homme et de toutes les libertés fondamentales de toutes les personnes handicapées sans discrimination d'aucune sorte fondée sur le handicap. À cette fin, ils s'engagent à : / a) Adopter toutes mesures appropriées d'ordre législatif, administratif ou autre pour mettre en œuvre les droits reconnus dans la présente Convention / () " et de l'article 6 relatif aux femmes handicapés qui prévoit dans son point 1 que " Les États Parties reconnaissent que les femmes et les filles handicapées sont exposées à de multiples discriminations, et ils prennent les mesures voulues pour leur permettre de jouir pleinement et dans des conditions d'égalité de tous les droits de l'homme et de toutes les libertés fondamentales. ". De telles stipulations ayant pour objet exclusif de régir les relations entre Etats sont dépourvues d'effet direct.

11. En dernier lieu, si les agents publics territoriaux bénéficient de ce doublement de la durée du préavis de licenciement, les agents contractuels de la fonction publique hospitalière, à l'instar des agents contractuels de l'Etat n'en bénéficient pas. Mme A ne peut alléguer que seul l'agent contractuel de la fonction publique d'Etat en situation de handicap est exclu, en raison des règles qui lui sont applicables, du bénéfice des dispositions particulières aboutissant notamment au doublement de la durée de préavis de licenciement qui s'appliqueraient à tout autre travailleur en situation de handicap, que son employeur soit du secteur public ou du secteur privé. Dans ces conditions, Mme A n'est donc pas fondée à soutenir, aucun principe général du droit n'ayant été dégagé sur ce point, que la décision attaquée serait discriminatoire.

12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de Mme A tendant à l'annulation de la décision du 3 mai 2023 doivent être rejetées, le délai de préavis de licenciement qui a couru du 23 février 2023 au 23 avril 2023 n'ayant pas, en l'occurrence, été méconnu.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

13. Le délai de préavis n'ayant pas été méconnu ainsi qu'il a été dit au point précédent, les conclusions de Mme A tendant à ce que la décision du 21 février 2023 prononçant son licenciement soit déclarée illégale en tant qu'elle prendrait effet avant l'expiration du délai de préavis applicable ne peuvent, par voie de conséquence, qu'être rejetées. Il en va de même de ses autres conclusions à fin d'injonction et notamment de celles concernant le nouveau calcul de ses congés annuels ouverts en raison d'une durée de préavis supérieure à celle qui lui a été accordée, dès lors qu'il ressort des pièces du dossier qu'en qui concerne le solde de ses congés annuels, () ceux-ci ont été calculés jusqu'au dernier jour de son préavis de deux mois et ont fait l'objet d'une indemnisation, conformément au cadre réglementaire fixé par l'article 10 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1983 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de l'Etat, ce que Mme A ne conteste pas.

Sur les frais d'instance :

14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la CNIL, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par Mme A au titre des frais exposés et non compris dans les dépens, laquelle au demeurant ne justifie pas avoir exposé de frais pour assurer sa défense. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme A la somme demandée par la CNIL au même titre.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la commission nationale de l'informatique et des libertés présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la commission nationale de l'informatique et des libertés.

Délibéré après l'audience du 9 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Ladreyt, président,

Mme Kanté, première conseillère,

Mme Mornington, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 octobre 2024.

La rapporteure,

C. KantéLe président,

J-P. Ladreyt

La greffière,

V. Lagrède

La République mande et ordonne au premier ministre en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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