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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2316321

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2316321

lundi 18 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2316321
TypeDécision
PublicationC
Formation4e Section - 1re Chambre - R.222-13
Avocat requérantMAUGIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 10 juillet 2023, Mme A B, représentée par Me Maugin, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 17 novembre 2022 par laquelle la commission de médiation de Paris a rejeté le recours amiable qu'elle avait déposé dans les conditions prévues au II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, en vue de se voir reconnue prioritaire pour bénéficier d'une offre de logement, ensemble la décision du 2 mars 2023 rejetant son recours gracieux ;

2°) d'enjoindre à la commission de médiation de Paris de réexaminer sa demande.

Elle soutient que :

- les décisions litigieuses sont insuffisamment motivées ;

- elles sont entachées d'erreur d'appréciation dès lors que le logement qu'elle occupe est manifestement inadapté à son état de santé.

Par un mémoire en défense, enregistré le 29 novembre 2023, le préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.

Par une décision du 23 mai 2023, Mme B s'est vue accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Raimbault, premier conseiller, pour statuer sur les requêtes mentionnées à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience.

Le rapport de M. Raimbault a été entendu au cours de l'audience publique.

L'instruction a été clôturée après appel de l'affaire à l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B a formé le 21 juin 2022 un recours amiable devant la commission de médiation de Paris, en vue de se voir reconnue prioritaire pour bénéficier d'une offre de logement. Par une décision du 17 novembre 2022, la commission a rejeté son recours au motif que la situation d'urgence invoquée n'était pas caractérisée. Elle a alors formé un recours gracieux, qui a été rejeté le 2 mars 2023. Par la présente requête, Mme B demande l'annulation de la décision du 17 novembre 2022, ensemble le rejet de son recours gracieux.

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " doivent être motivées les décisions qui () : 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; " et l'article L. 211-5 du même code dispose que : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. "

3. D'une part, la décision du 17 novembre 2022 mentionne le II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation et indique que Mme B n'a invoqué " aucun critère relevant du droit au logement opposable " et que " la question relative au montant du loyer renvoie à une démarche exclue de la compétence de la commission ". Par là-même, elle mentionne les considérations de droit et de fait qui constituent son fondement et est ainsi suffisamment motivée au regard des dispositions précitées. D'autre part, la décision du 2 mars 2023 ayant pour seul objet de rejeter un recours gracieux, les moyens tirés des vices propres dont elle serait entachée ne sauraient être utilement invoqués.

4. En second lieu, aux termes du II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation : " La commission de médiation peut être saisie par toute personne qui, satisfaisant aux conditions réglementaires d'accès à un logement locatif social, n'a reçu aucune proposition adaptée en réponse à sa demande de logement dans le délai fixé en application de l'article L. 441-1-4. Elle peut être saisie sans condition de délai lorsque le demandeur, de bonne foi, est dépourvu de logement () Dans un délai fixé par décret, la commission de médiation désigne les demandeurs qu'elle reconnaît prioritaires et auxquels un logement doit être attribué en urgence. Elle détermine pour chaque demandeur, en tenant compte de ses besoins et de ses capacités, les caractéristiques de ce logement, ainsi que, le cas échéant, les mesures de diagnostic ou d'accompagnement social nécessaires. ". Aux termes de l'article R. 441-14-1 de ce code : " La commission, saisie sur le fondement du II ou du III de l'article L. 441-2-3, se prononce sur le caractère prioritaire de la demande et sur l'urgence qu'il y a à attribuer au demandeur un logement ou à l'accueillir dans une structure d'hébergement, en tenant compte notamment des démarches précédemment effectuées dans le département ou en Ile-de-France dans la région. / Peuvent être désignées par la commission comme prioritaires et devant être logées d'urgence en application du II de l'article L. 441-2-3 les personnes de bonne foi qui satisfont aux conditions réglementaires d'accès au logement social qui se trouvent dans l'une des situations prévues au même article et qui répondent aux caractéristiques suivantes : (). ".

5. Il résulte de ces dispositions que, pour être désigné comme prioritaire et devant se voir attribuer d'urgence un logement social, le demandeur doit être de bonne foi, satisfaire aux conditions réglementaires d'accès au logement social et justifier qu'il se trouve dans une des situations prévues au II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation et qu'il satisfait à un des critères définis à l'article R. 441-14-1 de ce code. Dès lors que l'intéressé remplit ces conditions, la commission de médiation doit, en principe, reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande

6. Il ressort du dossier rempli par Mme B à l'appui de sa demande de reconnaissance comme devant bénéficier du droit à être relogée en urgence que, ainsi que l'a justement relevé la commission de médiation dans sa décision du 17 novembre 2022, elle n'a coché aucune des cases indiquant le motif au titre duquel elle présentait son recours amiable. Les indications portées dans la case " argumentaire libre " relatives au coût de son loyer ne constituent pas un motif permettant d'être reconnue comme prioritaire. Si par ailleurs, dans son recours gracieux, elle a mentionné des considérations relatives à son état de santé et à la pénibilité qu'occasionnent les caractéristiques de son logement, ces considérations ne constituent pas, par elles-mêmes, une condition permettant d'être reconnue comme prioritaire pour être relogée en urgence. Il en résulte que le moyen tiré de l'erreur d'appréciation qu'aurait commise la commission de médiation de Paris doit être écarté.

7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de Mme B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires. Copie pour information en sera adressée au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 mars 2024.

Le magistrat désigné,

G. RaimbaultLa greffière,

J. Iannizzi

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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