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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2320567

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2320567

mercredi 29 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2320567
TypeDécision
PublicationC
Formation1re section - 1re Chambre - OQTF 6 sem.
Avocat requérantMOULOUADE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 5 septembre 2023, M. B A, représenté par Me Moulouade, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 4 septembre 2023 par lequel le préfet du Val-d'Oise l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant un an ;

2°) de procéder au réexamen de sa situation administrative en vue d'une admission exceptionnelle au séjour.

M. A soutient que l'arrêté attaqué :

- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 novembre 2023, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. C en application des dispositions de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. C ;

- et les observations de Me Moulouade, représentant M. A, qui fait valoir que l'arrêté attaqué n'a pas été précédé d'un examen sérieux de la situation personnelle de M. A.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Une note en délibéré, présentée par Me Moulouade pour M. A a été enregistrée le 9 novembre 2023.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant bangladais, né le 7 février 1975, est entré en France en 2016 selon ses déclarations. Il a fait l'objet d'un arrêté du 4 septembre 2023 par lequel le préfet du Val-d'Oise l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant un an. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cet arrêté.

2. En premier lieu, M. A soutient que le préfet du Val d'Oise n'a pas procédé à un examen sérieux de sa situation, dès lors qu'il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour au titre de l'admission exceptionnelle au séjour. Il ressort des pièces du dossier, et notamment de l'attestation de confirmation de dépôt, que l'intéressé a déposé sa demande le 1er février 2022. Toutefois, aux termes des dispositions des articles R.432-1 et R.432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le silence gardé pendant plus de quatre mois sur une demande de titre de séjour vaut décision implicite de rejet. Par suite, à la date de l'arrêté litigieux, la demande de M. A avait été rejetée et n'était plus en cours d'instruction. Dès lors, le moyen tiré du défaut d'examen sérieux de sa situation doit être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

4. M. A ne justifie d'aucune insertion sociale ou professionnelle particulière en France. Il n'allègue pas être dépourvu d'attaches familiales au Bangladesh, où résident son épouse et ses deux enfants mineurs et où il a vécu jusqu'à l'âge de quarante ans au moins. Dans ces conditions, le préfet du Val-d'Oise, en l'obligeant à quitter le territoire français, n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts qu'il a poursuivis et n'a donc pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

5. En dernier lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

6. L'intéressé ne produit aucun élément précis et circonstancié permettant d'établir qu'il serait actuellement et personnellement exposé à la torture ou à des peines ou traitements inhumains ou dégradants le cas échéant. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir que le préfet du Val-d'Oise, en fixant le Bangladesh comme pays de destination de sa reconduite à la frontière, a méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A et au Préfet du Val-d'Oise.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 novembre 2023.

Le magistrat désigné,

A. C

La greffière,

C. NEDJARI

La République mande et ordonne au préfet du Val d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2320567/1-1

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