LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2321188

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2321188

mercredi 18 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2321188
TypeDécision
Avocat requérantGARDES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 13 septembre et le 4 octobre 2023, accompagnés de pièces complémentaires enregistrées le 14 septembre, les 3, 4 et 5 octobre 2023, Mme B, représentée par Me Gardes, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 8 août 2023 par laquelle le préfet de police a refusé le renouvellement du titre de séjour dont elle était titulaire, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un récépissé l'autorisant à travailler ou une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail dans un délai de deux jours ouvrés à compter de l'ordonnance ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des frais non compris dans les dépens en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est présumée satisfaite, dès lors que la décision du préfet la place en situation irrégulière sur le territoire français et qu'elle risque l'arrêt de sa formation ;

- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée, en raison des moyens tirés de :

- de l'incompétence du signataire de l'acte ;

- d'une insuffisante de motivation, du défaut d'examen préalable et sérieux de sa situation ;

- d'un vice de procédure ;

- d'une erreur de droit au vu de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et d'une erreur manifeste d'appréciation.

La requête a été communiquée au préfet de police qui n'a pas présenté d'observations écrites.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 7 septembre 2023 sous le numéro 2320962 par laquelle Mme B demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Simonnot pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Guillou, greffier d'audience, M. Simonnot a lu son rapport et entendu :

- les observations de Me. Gardes, représentant de Mme B ;

- et les observations de Me Baller, représentant le préfet de police, qui ne conteste pas l'urgence et soutient qu'aucun des moyens n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante de la République Démocratique du Congo née le 18 octobre 1981 à Kinshasa, est entrée en France le 17 octobre 2017 selon ses déclarations. Elle a sollicité le 24 mars 2023, auprès des services de la préfecture de police de Paris, le renouvellement de son titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", délivré sur le fondement des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 8 août 2023, le préfet de police a refusé de renouveler le titre de séjour sollicité, a obligé la requérante à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par la présente requête, Mme. B demande au juge des référés de suspendre l'exécution de cette décision sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ".

3. Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence, en principe, présumée en matière de refus de renouvellement de titre de séjour, justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

4. Cette condition d'urgence est en principe satisfaite dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci.

5. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. () ".

6. Sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve à l'une des parties, il appartient au juge administratif, au vu des pièces du dossier, et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si l'état de santé d'un étranger nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve de l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi, sauf circonstance humanitaire exceptionnelle. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins du service médical de l'OFII qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour ainsi que la disponibilité dans le pays d'origine. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires.

7. Le préfet de police a fondé sa décision de refus sur l'avis du collège des médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) du 17 juillet 2023 qui indique que l'état de santé de la requérante nécessité une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entrainer des conséquences d'une exceptionnelle gravité, mais qu'il existe un traitement approprié dans son pays d'origine. Toutefois, Mme B produit le certificat d'un praticien hospitalier psychiatre du GHU Paris du 13 juin 2023 attestant qu'elle est atteinte d'un trouble stress post-traumatique depuis plusieurs années et en raison duquel elle est suivie au " CMP " depuis 2019. Ce certificat indique, encore, qu'elle est soignée, notamment, par un traitement médicamenteux composé des spécialités Quétiapine, Venlafaxine et Loxapac. Il ressort du rapport d'information du Bureau européen d'appui en matière d'asile (EASO) sur la situation des soins de santé en RDC que parmi les médicaments prescrits, seul Quétiapine est disponible dans ce pays, mais que son accessibilité est très limitée du fait de son prix qui varie entre 100 et 110 dollars, alors que le salaire minimum par jour n'est que de 2,83 dollars. En outre, le même rapport précise que ce médicament n'est pas au nombre des médicaments de la liste des médicaments essentiels de RDC. Dès lors, et alors que ces éléments n'ont pas été contestés en défense, Mme B est fondée à soutenir que le traitement approprié à son état de santé n'est pas disponible dans son pays d'origine et que le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation est propre, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision du préfet de police du 8 août 2023.

8. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de suspendre l'exécution de la décision du 8 août 2023 par laquelle le préfet de police a refusé le renouvellement du titre de séjour de Mme B, alors, au demeurant qu'il ressort des pièces du dossier que sa situation n'a pas changé depuis la date de la délivrance du titre initial, la condition d'urgence, en l'espèce présumée et alors que le préfet de police ne l'a pas contestée, étant satisfaite.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'enjoindre, à titre provisoire et conservatoire, au préfet de police de réexaminer la situation de Mme B dans le délai de trois mois à compter de la notification de l'ordonnance et de lui délivrer, dans le délai de quinze jours à compter de la même échéance une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travailler valide jusqu'à la date au moins à laquelle le préfet de police aura pris une nouvelle décision.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

10. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à Me Gardes en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative

O R D O N N E:

Article 1er : L'exécution de la décision de préfet de police en date du 8 août 2023 est suspendue.

Article 2 : Il est enjoint au préfet de police, à titre provisoire et conservatoire, de réexaminer la situation de Mme B dans le délai de trois mois à compter de la notification de l'ordonnance et de lui délivrer, dans le délai de quinze jours à compter de la même échéance une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travailler valide jusqu'à la date au moins à laquelle une nouvelle décision aura été prise.

Article 3 : L'Etat versera à Mme B, la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au préfet de police.

Fait à Paris, le 18 octobre 2023.

Le juge des référés,

J.-F. SIMONNOT

La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

← Retour aux décisions