vendredi 13 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2322736 |
| Type | Ordonnance |
| Avocat requérant | CABINET PARME AVOCAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 octobre 2023, la société Yucca, représentée par Me Castera et Me Guillini, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 25 août 2023 par laquelle la maire de Paris a opposé un sursis à exécution à sa déclaration préalable n° DP 075 111 23 V0430 223 et a retiré la décision tacite de non-opposition intervenue sur cette déclaration, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) de mettre à la charge de la Ville de Paris une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'urgence est justifiée, la décision attaquée l'exposant à un préjudice financier dès lors qu'à la date de l'intervention de cette décision, des travaux avaient déjà été entrepris depuis le 10 juillet 2023 date à laquelle elle était titulaire d'une décision implicite de non opposition ; ce préjudice est susceptible de s'élever à un montant de 38 500 euros, représentant 50 % du montant du marché conclu avec une entreprise privée ; la décision fait donc obstacle à la poursuite du chantier aux conditions financières initialement convenues avec l'entreprise ;
- sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, les moyens tirés de :
- l'incompétence du signataire de l'acte ;
- de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- l'erreur de droit et de l'erreur manifeste d'appréciation au vu de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 3 octobre 2023 sous le numéro 2322730 par laquelle la société Yucca demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
2. Pour justifier l'urgence requise des dispositions précitées au vu de laquelle le juge des référés, relevant, en outre, un moyen propre à créer un doute sérieux quant à la légalité d'un acte peut en suspendre l'exécution, la société requérante fait valoir que la décision attaquée aura des conséquences financières dommageables en ce qu'elle a pour effet de faire obstacle à la poursuite de travaux entrepris depuis le 10 juillet 2023. Elle précise que l'impossibilité de poursuivre ces travaux aura pour conséquence la résiliation par l'entreprise chargé de les exécuter, en vertu d'un marché, dont une copie au demeurant n'est pas produite, et la retenue par cette dernière d'une somme de 38 500 euros représentant 50% du devis, somme versée par la société requérante à titre d'acompte. Toutefois, il ressort, d'une part, des termes de la lettre adressée à la société requérante par son cocontractant que la résiliation du contrat et la retenue, en conséquence, de l'acompte versé constituaient à la date de ce courrier seulement une éventualité, d'autre part, que la société requérante, qui a pour activité commerciale, selon les mentions de la fiche reprenant certains éléments de son extrait Kbis, la location de terrains et d'autres biens immobiliers, n'apporte pas d'éléments relatifs au mode de financement des travaux en cause, du volume de son activité et de l'incidence du préjudice financier qu'elle déplore sur son bilan. Enfin, alors que la décision attaquée du 25 août 2023 doit être réputée avoir été notifiée le même jour, faute pour la requérante d'apporter des précisions sur ce point, cette dernière n'a présenté sa requête que le 3 octobre suivant soit après un délai de plus de cinq semaines. Dans ces conditions, en l'état de l'instruction, l'urgence n'est pas caractérisée.
3. Il résulte de ce qui précède que la requête de la société Yucca ne peut qu'être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société Yucca est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Yucca .
Fait à Paris, le 13 octobre 2023.
Le juge des référés,
J.-F. A
La République mande et ordonne au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.