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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2324639

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2324639

mardi 5 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2324639
TypeDécision
Avocat requérantSCP FOUSSARD - FROGER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 octobre 2023, M. A, représenté par Me Vienet-Legué, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, à la Ville de Paris et à l'association Aurore de respecter l'obligation, issue de l'arrêté du 21 avril 2022 autorisant des travaux sur une parcelle au sein d'un site classé, de présenter un projet de relocalisation du centre d'hébergement d'urgence, situé allée de fortifications dans le 16ème arrondissement de Paris, en dehors du site classé du bois de Boulogne, dans un délai d'un mois à compter la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 300 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de la Ville de Paris et de l'association Aurore une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il a intérêt à agir, étant propriétaire d'un bien immobilier situé au 37, avenue du Maréchal Maunoury, en face de la construction précaire du centre d'hébergement d'urgence, dont le fonctionnement est à l'origine pour lui de nuisances sonores et visuelles ;

- la mesure sollicitée est utile ; elle vise à ce que la Ville de Paris et l'association Aurore respectent leur obligation de présenter un projet alternatif de relocalisation du centre d'hébergement d'urgence ;

- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que le déménagement de l'installation doit faire l'objet d'une longue et minutieuse préparation ; en l'absence de présentation du projet de délocalisation du centre d'hébergement d'urgence, un nouveau permis de construire à titre précaire de trois ans sera sollicité, créant une situation définitive ;

- il n'y a pas d'obstacle à ce que soit ordonné le respect l'obligation de présenter un projet de relocalisation du centre d'hébergement d'urgence, dès lors que la mesure permet de faire respecter l'autorisation de travaux en site classé du 21 avril 2022 et les prescriptions assortissant le permis de construire délivré le 9 juin 2022.

La requête a été communiquée le 30 octobre 2023 à la Ville de Paris et à l'association Aurore, qui n'ont pas produit de mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Simonnot, président de chambre, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. A demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative et sous astreinte, à la Ville de Paris et l'association Aurore de respecter leur obligation de présenter un projet de relocalisation en ce qui concerne le centre d'hébergement d'urgence situé allée des fortifications, dans le 16ème arrondissement de Paris.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". En outre, aux termes de l'article R. 522-1 du code de justice administrative : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit contenir l'exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l'urgence de l'affaire () ".

3. Pour justifier l'urgence de la mesure sollicitée, M. A soutient que le déménagement des locaux doit faire l'objet d'une longue et minutieuse préparation et qu'il existe un risque que l'association Aurore sollicite un nouveau permis de construire précaire et que cette occupation du domaine public devienne pérenne. Il ressort des pièces du dossier, et en particulier de l'autorisation de travaux en site classé délivrée le 21 avril 2022, que le projet alternatif d'implantation dont la réalisation est demandée par le requérant devait être restituée au plus tard un an après la délivrance de cette autorisation, soit le 21 avril 2023. Or, la présente requête n'a été enregistrée au greffe du tribunal que le 25 octobre 2023, soit plus de six mois après cette échéance, sans que M. A ne justifie ce délai, et qui, dans ces conditions, ne peut qu'être regardé comme s'étant lui-même placé dans la prétendue situation d'urgence qu'il invoque. Ainsi, dès lors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier et qu'il n'est au demeurant pas démontré par le requérant qu'une situation d'urgence de nature à nécessiter la réalisation d'un projet alternatif d'implantation à bref délai soit en l'espèce caractérisée, les nuisances sonores et visuelles alléguées, par ailleurs, n'étant absolument établies par aucune pièce du dossier, la condition d'urgence à laquelle les dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative subordonnent le prononcé de la mesure sollicitée ne peut être regardée comme satisfaite. Enfin, et au surplus, il résulte de l'instruction que par un courrier du 3 juillet 2023, le préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris informait le requérant qu'il avait saisi le jour même, au plus tard, la directrice régionale et interdépartementale de l'environnement, de l'aménagement et des transports de sa demande tendant au dépôt du projet alternatif en cause par la Ville de Paris et l'association Aurore. Il ne résulte pas des pièces du dossier que depuis ce courrier une réponse expresse ait été adressée au requérant auquel est ainsi opposée une décision implicite de rejet à l'exécution de laquelle une mesure prononcée par le juge des référés saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative ferait obstacle.

4. Il résulte de ce qui précède, en tout état de cause, que la requête de M. A ne peut qu'être rejetée.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à l'association Aurore et à la Ville de Paris.

Fait à Paris, le 5 décembre 2023.

Le juge des référés,

J.-F. SIMONNOT

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et au préfet de la région d'Ile-de-France, préfet de Paris, chacun en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N° /4-3

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