mardi 13 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2327096 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 6e Section - 3e Chambre - OQTF 6 sem. |
| Avocat requérant | KADOCH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 novembre 2023, M. E F C demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 23 novembre 2023 par lequel la préfète du Val-de-Marne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans ;
3°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de procéder au retrait de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen.
Il soutient que :
- les décisions attaquées sont entachées d'incompétence ;
- elles méconnaissent le principe du respect des droits de la défense ;
- elles sont entachées d'insuffisance de motivation ;
- elles n'ont pas été précédées d'un examen particulier de sa situation personnelle ;
- elles sont entachées d'une " erreur de droit " ;
- elles sont entachées d'une " erreur manifeste d'appréciation " ;
- elles portent une atteinte excessive au droit de mener une vie privée et familiale normale ;
- elle méconnaissent l'intérêt supérieur de l'enfant.
En application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées que le jugement était susceptible d'être fondé sur le moyen relevé d'office tiré de ce qu'il y a lieu de substituer les dispositions du 2° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à celles du 1° du même article sur lesquelles la préfète du Val-de-Marne s'est fondée dès lors que M. C s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la validité de son visa sans être titulaire d'un titre de séjour.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le décret n° 2010-569 du 28 mai 2010 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Delesalle en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Delesalle, qui a informé les parties, en application des dispositions des articles R. 611-7 et R. 776-25 du code de justice administrative, que son jugement était susceptible d'être fondé sur le moyen relevé d'office tiré de ce qu'il y a lieu de substituer les dispositions du 2° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à celles du 1° du même article sur lesquelles la préfère du Val-de-Marne s'est fondée dès lors que M. C s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la validité de son visa sans être titulaire d'un titre de séjour ;
- les observations de Me Kadoch, représentant M. C, qui conclut aux mêmes fins que sa requête par les mêmes moyens et soutient, en outre que les deux substitutions de base légale envisagées sont exclues dès lors que M. C ne peut ainsi avoir eu connaissance des circonstances de fait et de droit qui constituaient le fondement des décisions l'obligeant à quitter le territoire français et refusant de lui accorder un délai de départ volontaire, et que ces décisions sont entachées d'erreur de droit de ce fait en méconnaissant les dispositions du 1° de l'article L. 611-1 et de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que la décision portant obligation de quitter le territoire français viole les stipulations du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant en l'empêchant d'être présent en France aux côtés de sa fratrie en portant atteinte à son intérêt supérieur comme à celui de celle-ci, que la durée de deux ans pendant laquelle il lui est interdit de retourner sur le territoire français est excessive dès lors qu'il n'a jamais fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français à laquelle il se serait soustrait, qu'il ne représente pas une menace pour l'ordre public et que sa famille nucléaire réside en France, que les décisions violent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors que sa famille nucléaire, avec ses parents et ses deux frères et sœurs, est présente en France et que la présence de celle-ci constitue une circonstance humanitaire faisant obstacle à l'édiction d'une interdiction de retour sur le territoire français ;
- et les observations de M. C.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant nigérian né le 27 janvier 2004 et entré en France le 2 octobre 2023 selon ses déclarations, a fait l'objet d'un contrôle d'identité à la suite duquel la préfète du Val-de-Marne, par un arrêté du 23 novembre 2023, a décidé de l'obliger à quitter le territoire français en application des dispositions du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé son pays de renvoi d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. Par la présente requête, M. C demande l'annulation de cet arrêté.
Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président. ". Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application de ces dispositions, l'admission provisoire de M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les substitutions de base légale :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
3. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; / 2° L'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré ou, n'étant pas soumis à l'obligation du visa, entré en France plus de trois mois auparavant, s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour (); () ".
4. Lorsqu'il constate que la décision contestée devant lui aurait pu être prise, en vertu du même pouvoir d'appréciation, sur le fondement d'un autre texte que celui dont la méconnaissance est invoquée, le juge de l'excès de pouvoir peut substituer ce fondement à celui qui a servi de base légale à la décision attaquée, sous réserve que l'intéressé ait disposé des garanties dont est assortie l'application du texte sur le fondement duquel la décision aurait dû être prononcée. Une telle substitution relevant de l'office du juge, celui-ci peut y procéder de sa propre initiative, au vu des pièces du dossier, mais sous réserve, dans ce cas, d'avoir au préalable mis les parties à même de présenter des observations sur ce point.
5. Il ressort des pièces du dossier que M. C est entré en France sous couvert de son passeport muni d'un visa et n'entrait pas ainsi, contrairement à ce qu'a estimé la préfète, dans le cas prévu par les dispositions du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou le préfet peut obliger un étranger à quitter le territoire français. Toutefois, il ressort également des pièces du dossier qu'il s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la validité de son visa, lequel expirait le 28 octobre 2023, sans être titulaire d'un titre de séjour. Par suite, il entrait dans le cas prévu par les dispositions du 2° du même article et il y a lieu de substituer cette base légale à celle retenue à tort par la préfète, dès lors que celle-ci dispose du même pouvoir d'appréciation dans l'application de l'une et l'autre de ces dispositions, et que cette substitution n'a pas pour effet de priver M. C d'une garantie. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté sur ce point.
En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :
6. En vertu de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire qui est en principe fixé à trente jours à compter de la notification de cette décision. En vertu des dispositions du 3° de l'article L. 612-2 du même code, par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans le cas où il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. Aux termes de l'article L. 612-3 de ce code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / 2° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France, sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / () ".
7. Pour refuser d'accorder un délai de départ volontaire à M. C, la préfète du Val-de-Marne s'est fondée sur la circonstance qu'il existait un risque qu'il se soustraie à la mesure d'éloignement dont il faisait l'objet au regard des dispositions du 1° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il ne justifiait pas être entré régulièrement en France et n'avait pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour, sans qu'il ne justifie par ailleurs de circonstances particulières. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 5, la préfète a commis une erreur de droit en se fondant sur ces dispositions du 1° de l'article L. 612-3, auxquelles il y a toutefois lieu de substituer celles du 2° du même article dans la mesure où M. C s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la validité de son visa, sans avoir sollicité un titre de séjour et que la préfète dispose du même pouvoir d'appréciation dans l'application de l'une et l'autre de ces dispositions, et que cette substitution n'a pas pour effet de priver le requérant d'une garantie. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté sur ce point.
Sur la légalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français, refus de délai départ volontaire et fixation du pays de renvoi :
8. En premier lieu, par un arrêté n° 2022/08671 du 25 juillet 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs n° 23 de la préfecture du Val-de-Marne, la préfète du Val-de-Marne a donné délégation à M. A D, adjoint à la cheffe du bureau de l'éloignement et du contentieux, pour signer tous arrêtés et décisions dans les matières visées à l'article 1er de cet arrêté, lesquelles comprennent les décisions de la nature de celles attaquées, en cas d'absence ou d'empêchement d'autres délégataires, sans qu'il ne ressorte des pièces du dossier que ces derniers n'aient pas été absents ou empêchés lorsqu'il a signé l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire doit être écarté.
9. En deuxième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance du principe du respect des droits de la défense n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant au tribunal d'en apprécier le bien-fondé.
10. En troisième lieu, les décisions comportent les circonstances de droit et de fait qui en constituent le fondement et sont, par suite, suffisamment motivées. Par suite, et sans qu'aient d'incidence les substitutions de base légale opérées aux points 5 et 7, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
11. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier, et notamment des termes de l'arrêté attaqué, que la préfète du Val-de-Marne a procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. C.
12. En cinquième lieu, le moyen tiré de l'erreur de droit n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant au tribunal d'en apprécier le bien-fondé.
13. En sixième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
14. Il ressort des pièces du dossier que M. C est entré en France le 2 octobre 2023 avec son père afin de rejoindre sa mère vivant sur le territoire national depuis 2013 ainsi qu'il l'allègue ainsi que ses deux frères et sœurs. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier, et il n'est pas allégué, que son père serait en situation régulière sur le territoire français où le requérant n'était présent que depuis moins de deux mois à la date de l'arrêté après avoir vécu jusqu'à l'âge de dix-neuf ans dans son pays d'origine. Dans ces conditions, la préfète du Val-de-Marne n'a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
15. En septième lieu, aux termes des stipulations du premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
16. Le requérant étant majeur, il ne peut utilement se prévaloir de l'atteinte portée à l'intérêt supérieur de l'enfant en ce qui le concerne. Par ailleurs, la seule circonstance que son frère et sa sœur seraient présents sur le territoire français, alors qu'il ne résidait pas habituellement avec eux et que ces derniers sont confiés au service de l'aide sociale à l'enfance ainsi que cela ressort du jugement de maintien du placement du tribunal pour enfants de B du 17 octobre 2023, n'est pas de nature à établir, en tout état de cause, que les décisions attaquées portent une atteinte à leur intérêt supérieur en violation des stipulations du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
17. En dernier lieu, compte tenu de ce qui a été dit au point 14, il ne ressort pas des pièces du dossier que les décisions attaquées seraient entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.
Sur la légalité de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans :
18. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public ". Aux termes du premier alinéa de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ".
19. En l'espèce, pour prononcer à l'encontre de M. C une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans, sur le fondement de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à raison de l'absence de délai de départ volontaire, le préfet de police s'est fondé sur son entrée récente sur le territoire et sur la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France. Toutefois, quand bien même le requérant n'était présent en France que depuis moins de deux mois à la date de l'arrêté, et n'apporte aucun élément de nature à établir la régularité du séjour de ses parents en France, il n'est pas allégué qu'il se serait soustrait à une précédente mesure d'éloignement ou que sa présence représenterait une menace pour l'ordre public. Dans ces conditions, le préfet de police a fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en fixant à deux ans la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français faite à M. C. Compte tenu de ce que la décision portant interdiction de territoire français, qui doit obligatoirement comporter une durée, présente un caractère indivisible, il y a lieu de l'annuler dans son ensemble sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête.
20. Il résulte de tout ce qui précède que M. C est seulement fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 23 novembre 2023 de la préfète du Val-de-Marne en tant qu'il lui fait interdiction de retourner sur le territoire français pour une durée de deux ans.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
21. Aux termes de l'article L. 613-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel est notifiée une interdiction de retour sur le territoire français est informé qu'il fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, conformément à l'article 24 du règlement (UE) n° 2018/1861 du Parlement européen et du Conseil du 28 novembre 2018 sur l'établissement, le fonctionnement et l'utilisation du système d'information Schengen (SIS) dans le domaine des vérifications aux frontières, modifiant la convention d'application de l'accord de Schengen et modifiant et abrogeant le règlement (CE) n° 1987/2006. / Les modalités de suppression du signalement de l'étranger en cas d'annulation ou d'abrogation de l'interdiction de retour sont fixées par voie réglementaire ". Aux termes de l'article R. 613-7 du même code : " Les modalités de suppression du signalement d'un étranger effectué au titre d'une décision d'interdiction de retour sont celles qui s'appliquent, en vertu de l'article 7 du décret n° 2010-569 du 28 mai 2010 relatif au fichier des personnes recherchées, aux cas d'extinction du motif d'inscription dans ce traitement. ". L'article 7 du décret du 28 mai 2010 relatif au fichier des personnes recherchées dispose que : " I. -Les données à caractère personnel et informations enregistrées dans le fichier sont conservées jusqu'à l'aboutissement de la recherche ou l'extinction du motif de l'inscription. ". Il résulte de ces dispositions que l'annulation de l'interdiction de retour sur le territoire français édictée à l'encontre d'un ressortissant étranger emporte la suppression de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen.
22. L'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux années dont a fait l'objet M. C étant annulée, il y a lieu, conformément aux dispositions citées au point 21 et en application de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de prendre sans délai toute mesure utile afin qu'il soit procédé à l'effacement de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen.
D E C I D E :
Article 1er : M. C est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : L'arrêté du 23 novembre 2023 de la préfète du Val-de-Marne est annulé en tant qu'il interdit à M. C de retourner sur le territoire français pour une durée de deux ans.
Article 3 : Il est enjoint à la préfète du Val-de-Marne de prendre sans délai toute mesure utile afin qu'il soit procédé à l'effacement du signalement de M. C aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. E C et à la préfète du Val-de-Marne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 février 2024.
Le magistrat désigné,
H. Delesalle
La greffière,
A. Cardon La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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