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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2327639

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2327639

mardi 13 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2327639
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantCABINET GROUPE FIDUCIAIRE FORTUNY (SELAFA)

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Paris a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de M. B... demandant la décharge de cotisations sur le revenu pour 2019. La décision de rejet de sa réclamation préalable, notifiée par pli recommandé présenté le 13 avril 2023 et retourné avec la mention "pli avisé et non réclamé", a été jugée régulièrement notifiée à cette date. La requête, enregistrée le 1er décembre 2023, était tardive car introduite après l'expiration du délai de deux mois prévu par l'article R. 199-1 du livre des procédures fiscales. L'ordonnance a été prise sur le fondement de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 1er décembre 2023, M. A... B..., représenté par Me Lipmann demande au tribunal de prononcer la décharge des cotisations sur le revenu mises à sa charge au titre de de 2019.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 avril 2024, le directeur régional des finances publiques d’Ile-de-France et de Paris conclut rejet de la requête.

Il soutient notamment que la requête est irrecevable car tardive.


Vu les pièces du dossier.

Vu :
- le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.



Considérant ce qui suit :


1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…) ».

2. Aux termes de l’article R* 199-1 du livre des procédures fiscales : « L’action doit être introduite devant le tribunal compétent dans le délai de deux mois à partir du jour de la réception de l’avis par lequel l’administration notifie au contribuable la décision prise sur la réclamation (…) ».

3. En cas de contestation sur la notification d’une décision, il incombe à l’administration d’établir qu’une telle notification a été régulièrement adressée au contribuable et, lorsque le pli contenant cette notification a été renvoyé par le service postal au service expéditeur, de justifier de la régularité des opérations de présentation à l’adresse du destinataire. La preuve qui lui incombe ainsi peut résulter soit des mentions précises, claires et concordantes figurant sur les documents, le cas échéant électroniques, remis à l’expéditeur conformément à la règlementation postale soit, à défaut, d’une attestation de l’administration postale ou d’autres éléments de preuve établissant la délivrance par le préposé du service postal d’un avis de passage prévenant le destinataire de ce que le pli est à sa disposition au bureau de poste. Compte tenu des modalités de présentation des plis recommandés prévues par la réglementation postale, doit être regardé comme portant des mentions précises, claires et concordantes suffisant à constituer la preuve d’une notification régulière le pli recommandé retourné à l’administration auquel est rattaché un volet « avis de réception » sur lequel a été apposée la date de vaine présentation du courrier et qui porte, sur l’enveloppe ou l’avis de réception, l’indication du motif pour lequel il n’a pu être remis.

4. Il résulte de l’instruction, et en particulier de l’accusé de réception produit par le requérant, que la décision du 5 avril 2023, par laquelle la directrice régionale des finances publiques d’Ile-de-France et de Paris a rejeté la réclamation préalable présentée le 29 décembre 2022 par M. B... et qui comportait la mention correcte des voies et délais de recours, a été notifiée à l’intéressé par un courrier recommandé présenté à son domicile, au 16 rue Notre-Dame des Victoires, 75002 Paris, le 13 avril 2023 et que ce pli a été retourné au service avec la mention « pli avisé et non réclamé ». Compte tenu de ce qui a été dit au point précédent, la décision doit être regardée comme ayant été régulièrement notifiée à M. B... à la date de présentation du pli recommandé, le 13 avril 2023. Il est constant que la présente requête n’a été enregistrée au greffe du tribunal que le 1er décembre 2023, soit après l’expiration du délai de recours de deux mois prévu par les dispositions de l’article R. 199-1 du livre des procédures fiscales. Dans ces conditions, ainsi que le fait valoir l’administration fiscale en défense, cette requête est tardive et doit être rejetée comme irrecevable.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête sont manifestement irrecevables, et il y a lieu de les rejeter en application de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.





O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B... et au directeur régional des finances publiques d’Ile-de-France et de Paris.


Fait à Paris, le 13 janvier 2026.


Le président de la 2ème section,

signé


J.-F. SIMONNOT

La République mande et ordonne au ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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