LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2329275

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2329275

lundi 26 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2329275
TypeDécision
FormationSection 8 - Chambre 2
Avocat requérantNUNES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 22 décembre 2023, M. B A, représenté par Me Nunes, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de provisoire de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler l'arrêté du 20 décembre 2023 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an, assortie d'un signalement de non admission au fichier d'information Schengen ;

2°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, dans le délai de quinze jours et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3) de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Nunes de la somme de 1 600 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, ou, à défaut, de condamner l'Etat à verser cette somme à M. A, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne le moyen commun aux décisions attaquées :

- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

- cette décision est entachée de défaut de motivation et d'examen approfondi de sa situation ;

- elle est dépourvue de base légale et entachée d'erreur de fait et de droit dès lors qu'il a déposé une demande de titre de séjour à laquelle il n'a pas été répondu ;

- elle méconnaît l'article 21 du règlement CE n° 1987/2006 du 20 décembre 2006 ainsi que l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les articles 3, 1 et 16 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

En ce qui concerne le refus d'un délai de départ volontaire :

- cette décision est entachée d'illégalité par voie d'exception tirée de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle n'est pas motivée ;

- elle n'est pas justifiée eu égard aux circonstances dont il se prévaut, faisant obstacle au risque de fuite ;

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :

- cette décision est illégale par voie d'exception tirée de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- elle n'est pas motivée ;

- elle est excessive et entachée d'erreur manifeste d'appréciation, d'erreur de fait et de droit et méconnaît l'article 21 du règlement CE n° 1987/2006 du 20 décembre 2006 ainsi que l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les articles 3, 1 et 16 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Par un mémoire en défense enregistré le 19 février 2024, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990,

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- le règlement CE n° 1987/2006 du 20 décembre 2006,

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique,

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Perfettini, en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 20 février 2024 :

- le rapport de Mme Perfettini, magistrate désignée ;

- les observations de Me Nunes représentant M. A, présent.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, né le 3 août 1997 à Hussein Day (Algérie) et de nationalité algérienne, est entré en France au mois d'octobre 2020, selon ses déclarations. Il a fait l'objet d'un arrêté en date du 20 décembre 2023 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an portant signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen. M. A demande l'annulation de cet arrêté.

Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président. ". Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application de ces dispositions, l'admission provisoire de M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête

3. Pour prendre la décision portant obligation de quitter le territoire français, le préfet des Hauts-de-Seine s'est fondé, notamment, sur la circonstance que M. A s'est maintenu en situation irrégulière en France et n'a pas accompli de démarches en vue de régulariser sa situation administrative. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. A a déposé, le 19 mai 2023, une demande d'admission au séjour et a reçu du ministère de l'intérieur confirmation de ce dépôt par courrier du même jour, lui indiquant qu'il serait avisé de l'avancement de cette démarche. M. A soutient sans être contredit qu'il n'a reçu depuis lors aucune autre réponse. Par suite, le requérant est fondé à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas été précédée d'un examen approfondi de sa situation.

4. Il résulte de ce qui précède que la décision portant obligation de quitter le territoire français prise par le préfet des Hauts-de-Seine le 20 décembre 2023 doit être annulée ainsi que, par voie de conséquence, les décisions refusant à M. A un délai de départ volontaire, fixant le pays à destination duquel il sera renvoyé ainsi que celle lui interdisant le retour pour une durée de douze mois.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

5. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. / La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure. ". Il appartient au juge, saisi de conclusions sur le fondement des dispositions précitées, de statuer sur ces conclusions, en tenant compte, le cas échéant après une mesure d'instruction, de la situation de droit et de fait existant à la date de sa décision.

6. Eu égard à ses motifs, l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français contestée implique nécessairement que le préfet des Hauts-de-Seine ou le préfet territorialement compétent réexamine la situation de M. A dans le délai de deux mois et délivre à l'intéressé, pour la durée de cet examen, une autorisation provisoire de séjour à dans le délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il y ait lieu d'assortir cette injonction de l'astreinte demandée.

Sur les frais liés au litige :

7. Sous réserve de l'admission définitive de M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle, accordée à titre provisoire par le présent jugement, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Nunes, avocat de M. A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'État le versement à Me Nunes de le somme de 800 euros, en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. A par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 800 euros lui sera versée

D E C I D E :

Article 1er : M. A est provisoirement admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : L'arrêté du 20 décembre 2023 du préfet des Hauts-de-Seine est annulé.

Article 3 : Il est enjoint au préfet des Hauts-de-Seine ou au préfet territorialement compétent de réexaminer la situation de M. A dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et de délivrer à l'intéressé, pour la durée de cet examen, une autorisation provisoire de séjour, dans le délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement.

Article 4 : L'Etat versera la somme de 800 euros à Me Nunes au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Nunes renonce à la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. A par le bureau d'aide juridictionnelle, cette somme lui sera versée.

Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Nunes et au préfet des Hauts-de-Seine.

Copie en sera adressée au préfet de police.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 février 2024.

La magistrate désignée,

D. PERFETTINI

La greffière,

R. BOUDINA

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision./8

Décisions similaires

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2509646

Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi par M. A d’une demande d’exécution d’un précédent jugement du 12 décembre 2023, qui enjoignait au préfet du Val-de-Marne de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour. Le tribunal constate que le préfet a pris un arrêté le 13 mars 2025 refusant le titre de séjour et obligeant M. A à quitter le territoire, ce qui constitue un réexamen de sa situation. En conséquence, le jugement initial est regardé comme entièrement exécuté, et la demande d’exécution de M. A est rejetée. Cette solution est fondée sur l’article L. 911-4 du code de justice administrative.

17/07/2025

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2431462

24/12/2024

TA75

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2429414

24/12/2024

TA75

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2406989

24/12/2024

← Retour aux décisions