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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2329366

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2329366

lundi 25 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2329366
TypeOrdonnance
Avocat requérantPIGOT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 25 décembre 2023, Mme A B, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet de police, dans un délai de 48 heures à compter de l'ordonnance à intervenir et sous astreinte de 200 euros par jour de retard, de lui remettre un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour maintenant ses droits au séjour et au travail pendant la durée de cet examen et a minima jusqu'au terme de son dernier contrat de travail en tant que " jeune au pair " ;

2°) de condamner l'Etat à verser à Mme B la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme B soutient que :

- la condition d'urgence est remplie car elle bénéficie d'une convention d'accueil en tant que " jeune au pair " pour la période du 1er septembre 2023 au 31 décembre 2023 ; elle a sollicité dans ce cadre un renouvellement de son visa long séjour valant titre de séjour et a bénéficié de récépissé de demande dont le dernier a expiré le 14 décembre 2023 ; toutefois, le renouvellement de ce récépissé jusqu'à la fin de son contrat lui a été refusé lors de son passage en préfecture le

15 décembre 2023 ; cette absence de renouvellement la place en situation irrégulière, jusqu'au

31 décembre 2023, et l'empêchera de solliciter en France un changement de statut ou un nouveau visa long séjour, ou même un visa pour un autre pays ;

- l'absence de délivrance de son récépissé porte une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté d'aller et venir, de circuler et de travailler.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

M. Rohmer, président de chambre, a été désigné par le président du tribunal pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. " et aux termes de l'article L. 522-1 : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Enfin, en vertu du premier alinéa de l'article R. 522-1 du code, la requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit justifier de l'urgence de l'affaire.

2. Il résulte des dispositions précitées de l'article L. 521-2 du code de justice administrative que lorsqu'un requérant fonde son action non sur la procédure de suspension régie par l'article

L. 521-1 du code de justice administrative mais sur la procédure particulière instituée à l'article

L. 521-2 du code de justice administrative, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par l'article

L. 521-2 soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.

3. Il résulte de l'instruction que Mme B, de nationalité sud-africaine, a obtenu un visa long séjour en qualité de " jeune au pair " valable du 31 décembre 2021 au 31 décembre 2022. Elle a bénéficié de conventions d'accueil en tant que " jeune au pair " pour la période du 3 janvier au 31 décembre 2022, puis du 2 janvier au 2 août 2023, et enfin du 1er septembre 2023 au 31 décembre 2023. Elle a sollicité dans ce cadre un renouvellement de son visa long séjour valant titre de séjour et a bénéficié de récépissés de demande dont le dernier a expiré le 14 décembre 2023. Le renouvellement de ce récépissé jusqu'à la fin de son contrat lui a été refusé lors de son passage en préfecture le 15 décembre 2023.

4. Pour justifier de l'urgence particulière de sa situation, Mme B fait valoir que l'absence de renouvellement de son récépissé la place en situation irrégulière, jusqu'au

31 décembre 2023, et l'empêchera de solliciter en France un changement de statut ou un nouveau visa long séjour, ou même un visa pour un autre pays, alors qu'elle souhaite revenir en France en qualité d'étudiante. Toutefois, son dernier contrat en tant que " jeune au pair " expire dans quelques jours, le 31 décembre 2023, sans que la requérante ne fasse valoir qu'elle en souhaite le renouvellement. En outre, si le refus de renouvellement de son récépissé l'empêche de justifier de la régularité de son séjour entre le 15 décembre et le 31 décembre 2023, Mme B n'établit pas qu'elle aurait entrepris des démarches en vue de l'obtention d'un nouveau titre de séjour ou visa pour la France ou pour un autre pays, qui seraient ou pourraient être bloquées en raison de cette situation. Dans ces conditions, les circonstances invoquées ne suffisent pas à caractériser une situation d'urgence nécessitant l'intervention du juge des référés dans un délai de quarante-huit heures. Par suite, il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête en toutes ses conclusions.

O R D O N N E

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Copie en sera adressé au préfet de police.

Fait à Paris, le 25 décembre 2023.

Le juge des référés,

B. ROHMER

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2329366/9

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