vendredi 19 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2400568 |
| Type | Décision |
| Avocat requérant | CABINET LARRIEU ET ASSOCIES (SELAS) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 janvier 2024, la Ville de Paris demande au juge des référés de prescrire une expertise afin de déterminer les désordres apparus sur l'équipement sportif Beaujon, situé sur le site de l'ancien hôpital Beaujon, construit dans le cadre d'une zone d'aménagement concertée 208-210, rue du Faubourg Saint-Honoré/55, rue de Courcelles dans le 8ème arrondissement de Paris, et de déterminer les éléments de nature à y mettre fin.
Elle demande que l'expertise se fasse en présence de :
- la société Eiffage construction,
- la société Heaven Climber,
- la société Sendin,
- la société Roissy TP,
- la société Sita remediation,
- la société Jean Guervilly,
- la société BSO,
- la société Katene,
- la société Terao,
- la société BTP consultants,
- la société Multbat,
- la société Icar,
Elle soutient qu'une expertise est utile, préalablement à un recours contentieux, afin de déterminer la cause des désordres, de préconiser une solution y mettant un terme définitif et d'établir les responsabilités encourues en statuant sur les imputabilités.
Par un mémoire, enregistré le 14 février 2024, la société Sarpi remediation France (anciennement Sita remediation), représenté par le cabinet PBM avocats, informe le juge des référés de ses protestations et réserves d'usage, demande l'appel à l'expertise de la société Mattthieu, de désigner un expert ayant une compétence technique en géologie / mécanique des sols) et une expertise structure, et de modifier la mission de l'expert selon les termes de son mémoire.
Elle soutient qu'elle a fait intervenir la société Matthieu qui doit être présente aux opérations d'expertise.
Par un mémoire, enregistré le 27 février 2024, la société Jean Guervilly, la société BTP consultants, la société Bati structure Ouest (BSO), la société Katene, et la société Terao, représentées par le cabinet d'avocats Larrieu et associés, informent le juge des référés qu'elles s'en rapportent à justice sur la mesure d'expertise sollicitée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Paris a désigné Mme Dhiver, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. (). "
2. La Ville de Paris expose qu'elle a procédé à la réalisation d'un complexe sportif, composé d'un gymnase et d'une piscine, dans le cadre de la construction de la zone d'aménagement concertée (ZAC) Beaujon, située sur le site de l'ancien hôpital Beaujon, comportant des équipements municipaux, logements, commerces et espaces verts. La réception des travaux du complexe sportif a eu lieu le 5 mars 2014, et la date d'achèvement retenue au 31 janvier 2014. Au mois d'octobre 2023, une fuite a été constatée dans les sous-sols de la piscine Jacqueline Auriol, et dans le gymnase, certaines portes sont bloquées, du fait d'affaissements du sol, qui provoque également des décollements de carrelage, des fissures et des déformations. Soutenant que ces désordres entravent le fonctionnement normal de l'équipement sportif, et sont de nature à le rendre impropre à sa destination, la Ville de Paris sollicite la designation d'un expert judiciaire, afin de déterminer leur origine, imputer les responsabilités techniques et indiquer la nature des réparations et leur coût.
3. Les constatations demandées entrent dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Il y a lieu de faire droit à la demande d'expertise de la Ville de Paris et de fixer la mission de l'expert comme il est dit à l'article 1er de la présente ordonnance.
O R D O N N E :
Article 1er : M. B A (plombier), exerçant 10, rue d'Idalie à Vincennes (94300), est désigné en qualité d'expert. Il aura pour mission, en présence de :
- la Ville de Paris,
- la société Eiffage construction,
- la société Heaven Climber,
- la société Sendin,
- la société Roissy TP,
- la société Sarpi remediation France,
- la société Jean Guervilly,
- la société Bati structure Ouest (BSO),
- la société Katene,
- la société Terao,
- la société BTP consultants,
- la société Multbat,
- la société Icar,
de :
1') prendre connaissance des pièces du marché de travaux du centre sportif, convoquer les parties, se rendre sur place sur le site de l'ancien hôpital Beaujon, et procéder à l'examen des lieux, 208-210, rue du Faubourg Saint-Honoré/55, rue de Courcelles dans le 8eme arrondissement de Paris, se faire remettre tous documents utiles à l'accomplissement de sa mission et entendre tout sachant ;
2°) constater et décrire les désordres affectant les sous-sols de la piscine Jacqueline Auriol et les revêtements, sols et sous-sols du centre sportif ;
3°) fournir tous les éléments techniques et de fait permettant de se prononcer sur la ou les causes qui sont à l'origine de ces désordres (et permettant notamment de déterminer si ceux-ci se rattachent à une non-conformité aux stipulations du marché, à un vice de construction ou de conception, à un défaut de surveillance des travaux, à un défaut d'exécution, à un manquement aux règles de l'art, à un défaut de qualité des matériaux mis en œuvre, à une insuffisance d'entretien, à une usure prématurée, à d'autres causes) ; en cas de pluralité de causes, de formuler un avis sur le point de savoir dans quelle proportion les désordres peuvent être imputés à telle ou telle cause, en justifiant clairement ses propositions ;
4°) donner son avis afin de savoir pour chaque désordre sa nature et son étendue et s'ils sont de nature à mettre chaque ouvrage en péril et le rendre impropre à destination ;
5°) décrire les travaux propres à remédier définitivement aux désordres et à remettre l'ouvrage en état, d'en évaluer le coût et la durée en prenant en compte le caractère évolutif des dommages et leurs conséquences ;
6°) en cas de réel danger et d'urgence constatés, dire s'il convient de mettre en place des mesures de sauvegarde pour éviter l'aggravation des désordres et permettre l'attente des travaux définitifs dans les meilleures conditions techniques possibles ;
7°) d'une manière générale, fournir tous les éléments techniques et de fait de nature à permettre à la juridiction compétente de déterminer les responsabilités encourues et d'évaluer les divers chefs de préjudice ;
8°) s'il y a lieu, faire toutes autres constatations nécessaires, entendre les observations de tous les intéressés et annexer à son rapport tous documents utiles.
Article 2 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 3 : L'expert remplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.
Article 4 : L'expert, à la demande du juge des référés ou à son initiative, pourra tenter une médiation entre les parties dans les conditions de l'article R. 621-1 modifié du code de justice administrative.
Article 5 : L'expert déposera son rapport au greffe du tribunal, au plus tard le 20 décembre 2024, par le biais de la plateforme prévue à cet effet, accompagné de l'état de leurs vacations, frais et débours.
Article 6 : L'expert notifiera les copies de son rapport aux parties intéressées telles que précisées à l'article 8 de la présente ordonnance, dans les conditions prévues à l'article R. 621-9 du code de justice administrative. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer par voie électronique dans les conditions prévues à l'article R. 621-7-3 du même code.
Article 7 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à :
- la Ville de Paris,
- la société Eiffage construction,
- la société Heaven Climber,
- la société Sendin,
- la société Roissy TP,
- la société Sarpi remediation France,
- la société Jean Guervilly,
- la société BSO,
- la société Katene,
- la société Terao,
- la société BTP consultants,
- la société Multbat,
- la société Icar,
- M. B A, expert.
Fait à Paris, le 19 juillet 2024.
La juge des référés,
M. Dhiver
La République mande et ordonne au préfet de la région d'Île-de-France, préfet de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance./11-4