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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2400769

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2400769

lundi 15 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2400769
TypeOrdonnance
Avocat requérantMICHEL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 12 janvier 2024, Mme B A épouse C, représentée par Me Michel, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision implicite de refus de renouvellement de titre de séjour du préfet de police ;

2°) d'enjoindre au préfet de police de réexaminer sa demande de titre de séjour dans un délai de huit jours sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 2 000 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve de sa renonciation au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

- la condition relative à l'urgence est remplie ; il s'agit d'un refus de renouvellement de titre de séjour ; étant dépourvue d'autorisation de travail, elle est susceptible d'être licenciée à tout moment ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision dont la suspension est demandée ; elle n'a pas été précédée de l'examen de sa situation personnelle ; elle méconnaît l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; sa situation familiale justifie la délivrance d'un titre de séjour.

Par une décision du 12 décembre 2023 Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu :

- la requête enregistrée sous le n° 2400537 tendant à l'annulation de la décision dont la suspension est demandée ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Aubert, vice-présidente de section, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A épouse C, née le 27 novembre 1982 et de nationalité marocaine, a bénéficié d'une carte de séjour temporaire mention " salarié " valable du 28 juin 2021 au 27 juin 2022 dont elle a demandé le renouvellement le 29 avril 2022. Elle demande au juge des référés de suspendre l'exécution de la décision implicite de rejet opposée à cette demande.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

3. Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision administrative contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

4. Si la condition relative à l'urgence est en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement de titre de séjour, Mme A n'a introduit la présente requête que le 12 janvier 2024 alors qu'il résulte de l'instruction qu'elle est informée depuis, à tout le moins, le 7 juin 2023 du classement sans suite de sa demande, cette date du 7 juin 2023 étant celle à laquelle un courriel en ce sens, qu'elle mentionne dans sa requête, lui a été adressé par les services de la préfecture de police. En outre, si elle fait valoir qu'en l'absence d'autorisation de travail, elle risque d'être licenciée à tout moment, elle indique avoir changé d'emploi le 23 février 2023 et ne justifie pas de l'existence d'un contrat de travail en cours. Ainsi, dans les circonstances de l'espèce, la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A épouse C doit être rejetée dans toutes ses conclusions en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A épouse C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. Mme A épouse C et à Me Michel.

Fait à Paris, le 15 janvier 2024.

La juge des référés,

S. AUBERT

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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