jeudi 1 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2401753 |
| Type | Décision |
| Formation | 8e Section - MESD |
| Avocat requérant | SCHWILDEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 janvier 2024, M. C B demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 21 janvier 2024 par lequel le préfet de police l'a remis aux autorités italiennes ainsi que l'arrêté pris le même jour prononçant à son encontre une interdiction de circulation sur le territoire français pour une durée de trente-six mois ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que :
En ce qui concerne la décision de remise aux autorités italiennes :
- la décision attaquée est entachée d'insuffisance de motivation et n'a pas été précédée d'un examen individuel de sa situation ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- elle est entachée d'une exception d'illégalité ;
En ce qui concerne la décision portant interdiction de circuler sur le territoire français :
- elle est illégale par exception d'illégalité du refus d'octroi de délai de départ volontaire ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Le préfet de police a produit des pièces, enregistrées le 31 janvier 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Hémery en application de l'article R. 776-15 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Hémery ;
- les observations de Me Ottoz, avocat commis d'office, représentant M. B, assisté de M. A, interprète en langue soninké,
- et les observations de Me Blondel, avocat, représentant le préfet de police, qui conclut au rejet de la requête au motif que ses moyens ne sont pas fondés.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant malien né le 1er janvier 1990, a fait l'objet le 21 janvier 2024 d'un arrêté par lequel le préfet de police a prononcé sa remise aux autorités italiennes. M. B demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fins d'annulation :
En ce qui concerne les moyens dirigés contre l'ensemble des décisions attaquées :
2. En premier lieu, la décision portant remise aux autorités italiennes vise notamment les articles L. 621-1, L. 621-2 et L. 622-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile applicable à la situation de M. B et indique que l'intéressé dispose d'une autorisation de séjour délivré par l'Etat italien et que son comportement a été signalé par les services de police le 20 janvier 2024 pour agression sexuelle commise le 7 octobre 2023 à Paris. Une telle motivation, en ce qu'elle permet à l'intéressé de comprendre, à la seule lecture de la décision, les éléments de fait et de droit qui motivent la décision de remise qui lui a été opposé, est suffisante. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
3. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, et notamment pas de l'arrêté attaqué, que le préfet de police n'aurait pas procédé à un examen sérieux de la situation personnelle de M. B. Dès lors, le moyen tiré d'un tel manque d'examen doit être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".
5. M. B, qui dispose d'un titre de séjour italien valide jusqu'au 17 février 2024, soutient qu'il vit en France depuis 2016 et qu'il dispose de revenus stables et suffisants pour subvenir à ses besoins dès lors qu'il travaille en tant qu'ouvrier dans le bâtiment. S'il produit à cet égard des avis d'impôt sur les revenus au titre des années 2016, 2017, 2019, 2021 et 2022, un contrat de travail en qualité d'agent d'entretien signé le 9 septembre 2022 et des bulletins de paye pour les mois de juillet 2022 à septembre 2023, son ancienneté demeure récente et ses revenus ne s'élèvent qu'à environ 300 euros nets par mois. Par ailleurs, l'intéressé se prévaut, d'une part, de la présence en France de son oncle et de ses quatre demi-frères en situation régulière et, d'autre part, de ses quatre neveux et nièces de nationalité française sans toutefois l'établir. En outre, il est constant que l'intéressé est célibataire et sans enfant à charge. Enfin, il ressort des écritures de M. B qu'après son signalement du 20 janvier 2024 pour agression sexuelle, l'intéressé a été condamné le 22 janvier 2024 au paiement d'une amende de 2000 euros " et du sursis " (sic). Dans ces conditions, et alors même que M. B justifie de ses efforts d'insertion professionnelle en France, le préfet de police n'a pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels la décision contestée a été prise. Le moyen tiré de la violation de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit donc être rejeté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
En ce qui concerne la décision d'interdiction de circuler sur le territoire français :
6. En premier lieu, il résulte des motifs énoncés aux points précédents que le moyen tiré de ce que l'interdiction de circuler sur le territoire est illégale en conséquence de l'illégalité de la décision portant remise aux autorités italiennes doit être écarté.
7. Pour les mêmes motifs que ceux exposés ci-dessus au point 5, M. B n'établit pas que le préfet police aurait, en prononçant une interdiction de circuler sur le territoire français pendant une durée de trente-six mois commis une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, en toutes ses conclusions.
9.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au préfet de police.
Lu en audience publique le 1er février 2024.
Le magistrat désigné,
D. HEMERYLe greffier,
R. DRAI
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/8
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2606789
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B... visant à annuler l'arrêté du préfet de police prolongeant son interdiction de retour sur le territoire français. La juridiction a jugé que la décision contestée était suffisamment motivée et ne méconnaissait pas les exigences légales, notamment celles du code de l'entrée et du séjour des étrangers (articles L. 612-6, L. 612-10 et L. 612-11). Elle a également estimé que cette mesure ne portait pas une atteinte disproportionnée aux droits de M. B... au regard de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2606780
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... visant à annuler son interdiction de retour sur le territoire français. La juridiction a estimé que l'arrêté préfectoral était légal, notamment car l'auteur de l'acte était compétent et que la motivation, examinant les critères de l'article L. 612-10 du CESEDA, était suffisante. Le tribunal a toutefois prononcé l'admission provisoire de l'intéressé au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2607042
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... visant à annuler un arrêté d'interdiction de retour sur le territoire français. La juridiction a jugé que le préfet de police était compétent pour prendre cette décision et que la motivation de l'arrêté, qui se fonde sur le maintien irrégulier de l'intéressé au-delà de son délai de départ volontaire, était suffisante au regard des articles L. 612-7 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le tribunal a toutefois prononcé l'admission provisoire de M. A... au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2606511
Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi d'un recours pour excès de pouvoir contre une décision de l'OFII mettant fin aux conditions matérielles d'accueil d'un demandeur d'asile yéménite. Le tribunal a rejeté la demande d'annulation, estimant que la décision de l'OFII, motivée par le défaut de déclaration d'une protection internationale antérieure en Grèce, était suffisamment motivée et respectait les exigences procédurales. La juridiction a appliqué les dispositions de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que la directive européenne 2013/33/UE.
03/04/2026