mercredi 22 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2407201 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 3e Section - 3e Chambre - OQTF 6 sem. |
| Avocat requérant | DAVILA |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance de renvoi du 7 mars 2024, le tribunal administratif de Lille a transmis au tribunal administratif de Paris la requête de M. C A, représenté par Me Davila, enregistrée le 29 mars 2024.
Par cette requête, M. A demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté en date du 2 mars 2024 par lequel le préfet du Nord l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;
M. A soutient que :
- l'arrêté attaqué été signé par une autorité incompétente ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il n'a pas été précédé d'un examen particulier de sa situation personnelle ;
- il est entaché d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- il méconnait le principe du respect des droits de la défense.
La requête a été communiquée au préfet du Nord, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme B, en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 6 mai 2024, en présence de Mme Flaugère, greffière d'audience :
- le rapport de Mme B,
- et les observations de Me Davila, représentant M. A.
- le préfet du Nord n'étant ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A, ressortissant guinéen, né le 1er janvier 1999 à Conakry en Guinée, a présenté une demande d'asile qui a été rejetée par une décision du directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 31 mai 2022, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile le 16 novembre 2022. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de l'arrêté du 2 mars 2024 par lequel le préfet du Nord, en conséquence du rejet de sa demande d'asile, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président. ". Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application de ces dispositions, l'admission provisoire de M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, par un arrêté du 22 juin 2023, publié le même jour au recueil n° 155 des actes administratifs de la préfecture, le préfet du Nord a donné délégation à Mme Decottignies, secrétaire générale, signataire de l'arrêté en litige, à l'effet de signer, dans le cadre de la permanence préfectorale, notamment les décisions attaquées. Par suite, les moyens tirés de l'incompétence de la signataire des décisions querellées manquent en fait et doivent donc être écartés.
4. En deuxième lieu, le préfet du Nord énonce avec suffisamment de précisions les considérations de fait et de droit sur lesquelles il fonde ses décisions. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation des décisions attaquées ne peut être accueilli.
5. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet du Nord n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. A. Par suite, ce moyen doit être écarté.
6. En quatrième lieu, M. A, qui se borne à soutenir que son droit d'être entendu aurait été méconnu, ne se prévaut d'aucun élément qu'il n'aurait pas pu déjà faire valoir à l'occasion de son audition par les autorités de l'asile et qui aurait été de nature à modifier le sens des décisions attaquées. Ce moyen doit donc être écarté.
7. Enfin, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que le préfet aurait entaché son arrêté d'une erreur de droit ou d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences sur la situation personnelle de l'intéressé. Par suite, ces moyens doivent être écartés.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au Préfet du nord.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 22 mai 2024.
La magistrate désignée,
M. B
La greffière,
H. FLAUGERE
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2407201/3-3