jeudi 25 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2407790 |
| Type | Ordonnance |
| Avocat requérant | KADOCH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 avril 2024, Mme D A, représentée par Me Kadoch, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un rendez-vous dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir afin qu'elle puisse déposer une demande de titre de séjour pour soins ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 200 euros sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 à verser à son conseil, sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'elle ne peut justifier légalement sa présence ni son droit au maintien sur le territoire, ni travailler ou bénéficier de l'aide médicale d'Etat ;
- la mesure demandée est utile ;
- la demande ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme C B pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante ivoirienne, née le 14 mars 1982, fait valoir avoir contacté les services de la préfecture de police le 20 février 2024 en vue de déposer une demande de titre de séjour. La requérante estimant que l'administration lui a répondu dans un premier temps de manière stéréotypée qu'une réponse lui serait adressée dans un délai de sept jours, sans qu'aucune réponse ne lui parvienne ultérieurement, soutient ne pas avoir obtenu de réponse du préfet de police et demeurer dans l'attente d'une date de rendez-vous. Elle demande au juge des référés d'enjoindre au préfet de police de la convoquer afin de déposer une demande de titre, lui permettant de justifier de la régularité de son séjour.
2. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter sans instruction ni audience les demandes qui sont irrecevables.
3. Au soutien de ses dires, Mme A, affirme être entrée en France en 2022 et ne pas parvenir à déposer une demande de titre de séjour pour étranger malade. Toutefois, Mme A ne justifie pas de sa situation personnelle, se bornant à invoquer des considérations générales, et l'impossibilité pour elle d'obtenir le bénéfice de l'aide médicale d'Etat. La requérante ne justifie ainsi concrètement d'aucune circonstance particulière au regard de la durée et des conditions de son séjour en France, impliquant que sa demande de titre de séjour soit examinée prioritairement par rapport à celle d'autres ressortissants étrangers se trouvant dans la même situation. Ainsi, la condition d'urgence à laquelle les dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative subordonnent le prononcé de la mesure sollicitée ne peut être regardée comme remplie.
4. Il s'ensuit qu'il y a lieu de rejeter la requête de Mme A, qui n'est pas admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire, sur le fondement de l'article L. 522-3 du même code, en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme A n'est pas admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : La requête de Mme A est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D A et à Me Avi Kadoch.
Fait à Paris, le 25 avril 2024
La juge des référés,
V. C B.
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
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