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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2408554

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2408554

vendredi 10 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2408554
TypeDécision
Formation8e Section - MESD
Avocat requérantOURAGHI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 12 avril 2024, M. A D demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 29 mars 2024 par lequel le préfet de police a décidé son transfert aux autorités autrichiennes ;

2°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer une attestation de demande d'asile.

Il soutient que les conditions d'accueil des demandeurs d'asile ne sont pas adéquates en Autriche.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 avril 2024, le préfet de police conclut au rejet de la requête.

Il soutient que le moyen soulevé par M. D n'est pas fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative ;

- le décret n° 2020-1406 du 18 novembre 2020 portant adaptation des règles applicables devant les juridictions de l'ordre administratif.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Marik-Descoings,

- les observations de Me Ouraghi, avocate commise d'office représentant M. D, assisté de M. C, interprète en langue tamoule,

- et les observations de M. B, représentant le préfet de police.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 29 mars 2024, le préfet de police a décidé du transfert de M. D, ressortissant indien né le 29 mai 1982, aux autorités autrichiennes en vue de l'examen de sa demande d'asile. M. D demande l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. M. D n'apporte aucun élément permettant d'établir qu'il serait exposé à un risque sérieux de ne pas être traité par les autorités autrichiennes dans des conditions conformes à l'ensemble des garanties exigées par le respect du droit d'asile, alors que l'Autriche est un Etat membre de l'Union européenne, partie tant à la convention de Genève du 28 juillet 1951 sur le statut des réfugiés, complétée par le protocole de New-York, qu'à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Enfin, il n'est pas justifié que le transfert de M. D vers l'Autriche impliquerait nécessairement son renvoi en Inde sans qu'il puisse contester la mesure. Dès lors, en ne mettant pas en œuvre les clauses dérogatoires prévues par les articles 3-2 et 17 du règlement (UE) n° 604/2013/UE du 26 juin 2013, le préfet n'a pas méconnu ces dispositions, ni les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, M. D n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté litigieux est entaché d'erreur manifeste d'appréciation.

3. Il résulte de tout ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet de police du 29 mars 2024. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction sont rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. M. D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A D et au préfet de police.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 mai 2024.

La magistrate désignée,

N. MARIK-DESCOINGSLa greffière,

L. POULAIN

La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2408554/8

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