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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2410548

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2410548

mardi 14 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2410548
TypeDécision
PublicationC
Avocat requérantGOEAU-BRISSONNIERE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 25 avril 2024, Mme A B, représentée par Me Goeau-Brissonniere, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) de modifier les mesures initialement ordonnées dans l'ordonnance n° 2406632 du 29 mars 2024 en enjoignant au préfet de police de lui délivrer un récépissé de première demande de titre de séjour dans un délai de cinq jours à compter de la notification de la présente ordonnance sous astreinte de 50 euros par jours de retard, qui devra être renouvelé jusqu'à ce que le préfet se prononce sur la demande de titre de séjour de l'intéressée ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à verser à son conseil au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que l'ordonnance n° 2406632 du 29 mars 2024 prescrivant la délivrance d'un récépissé dans le délai de sept jours à compter de la notification de l'ordonnance n'a pas été exécutée et qu'elle craint de faire l'objet d'une mesure d'éloignement dès lors qu'elle est maintenue en situation irrégulière sur le territoire.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 mai 2024, le préfet de police conclut au non-lieu à statuer et au rejet des conclusions présentées au titre de l'article L.761-1 du CJA dès lors que la requérante a été mise en possession, le 6 mai 2024, d'un récépissé l'autorisant à travailler valable jusqu'au 5 novembre 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'ordonnance n° 2406632 du 29 mars 2024 du juge des référés du tribunal de céans ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif a désigné M. Gros, vice-président de section, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue le 7 mai 2024 à 9h en présence de Mme Chakelian, greffière d'audience, M. Gros a lu son rapport, les parties n'étant ni présentes ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B, ressortissante philippine, née le 20 avril 1982 aux Philippines, a sollicité, le 21 mars 2024, l'admission au séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile au guichet des admissions exceptionnelles. Les services préfectoraux lui ont remis un document intitulé " confirmation de dépôt d'une demande d'admission exceptionnelle au séjour ". Par l'ordonnance susvisée du 29 mars 2024, l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet de police a refusé de délivrer à Mme B le récépissé prévu par les dispositions de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile a été suspendue par le juge des référés et il a été enjoint au préfet de police de le lui délivrer dans un délai de sept jours à compter de la notification de l'ordonnance et de le renouveler jusqu'à ce que le préfet se prononce sur la demande de titre de séjour de l'intéressée. Cette injonction n'étant pas exécutée dans le délai, Mme B a demandé au juge des référés, par la présente requête, d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un récépissé de première demande de titre de séjour dans un délai de cinq jours à compter de la notification de la présente ordonnance sous astreinte de 50 euros par jours de retard et de le renouveler jusqu'à ce que le préfet se prononce sur la demande de titre de séjour de l'intéressée.

Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président " et aux termes de l'article 62 du décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " L'admission provisoire est demandée sans forme () au président de la juridiction saisie ".

3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'admettre provisoirement la requérante au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-4 du code de justice administrative :

4. Aux termes de l'article L. 521-4 du code de justice administrative : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin ".

5. Si l'exécution d'une ordonnance prononçant la suspension d'une décision administrative sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative peut être recherchée dans les conditions définies par les articles L. 911-4 et L. 911-5 du même code, l'existence de cette voie de droit ne fait pas obstacle à ce qu'une personne intéressée demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-4 du même code, de compléter la mesure de suspension demeurée sans effet par une injonction et une astreinte destinée à en assurer l'exécution.

6. Il résulte de l'instruction que, le 6 mai 2024, soit postérieurement à l'introduction de la requête, la requérante a été mise en possession d'un récépissé l'autorisant à travailler valable jusqu'au 5 novembre 2024. Dans ces conditions, les conclusions de Mme B tendant à la modification des mesures ordonnées par l'ordonnance n° 2406632 du 29 mars 2024 du juge des référés du tribunal administratif de Paris sont devenues sans objet. Il n'y a pas lieu d'y statuer.

Sur les frais du litige :

7. Mme B a été admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Goeau-Brissonniere, avocat de Mme B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État et sous réserve de l'admission définitive de sa cliente à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Goeau-Brissonniere de la somme de 800 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme B par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 800 euros lui sera versée.

O R D O N N E :

Article 1er : Mme B est admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-4 du code de justice administrative de la requête de Mme B.

Article 3 : Une somme de 800 euros est mise à la charge de l'Etat en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, dans les conditions définies au point 7.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, au préfet de police et à Me Goeau-Brissonniere.

Fait à Paris, le 14 mai 2024.

Le juge des référés,

L. GROS

La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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