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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2413477

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2413477

mercredi 19 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2413477
TypeDécision
Avocat requérantGOEAU-BRISSONNIERE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 27 mai 2024, M. B A, représenté par Me Goeau-Brissonière, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) de modifier l'injonction qu'il a prononcée par une ordonnance n° 2401734 du 13 février 2024 en enjoignant au préfet de police de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour dans un délai de cinq jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros à verser à son conseil, au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que ce conseil renonce à percevoir la part contributive de l'Etat allouée au titre de l'aide juridictionnelle ou, si sa demande d'aide juridictionnelle devait être rejetée, de lui verser cette somme sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que le délai de quinze jours donné par le juge des référés au préfet de police pour lui délivrer le récépissé prévu par l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est expiré et que par conséquent, le préfet de police n'a pas exécuté l'ordonnance n° 2401734 du 13 février 2024 ce qui constitue un élément nouveau justifiant le prononcé d'une astreinte.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 juin 2024, le préfet de police conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés et expose avoir convoqué le 14 février 2024 le requérant en vue de lui délivrer le 23 février 2024 un récépissé de demande de titre de séjour et que celui-ci ne s'est pas rendu à cette convocation.

Vu :

- l'ordonnance n° 2401734 du 13 février 2024 du juge des référés du tribunal administratif de Paris ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Ho Si Fat, président de section, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Ho Si Fat a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-4 du code de justice administrative : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin. ".

2. Par une ordonnance n° 2401734 du 13 février 2024, le juge des référés du tribunal administratif de Paris a, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, enjoint au préfet de police de délivrer à M. A le récépissé prévu par l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de son ordonnance. M. A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, de modifier les mesures qu'il a ordonnées le 13 février 2024 pour assurer l'exécution de son ordonnance.

3. Il résulte de l'instruction, que le 14 février 2024 soit antérieurement à l'introduction de la requête, le préfet de police a convoqué M. A a un rendez-vous fixé le 23 février 2024 afin d'assurer l'exécution de l'ordonnance n° 2401734 du juge des référés, et que M. A ne s'est pas présenté à cette date, sans en avoir avisé les services de la préfecture ni fourni a posteriori de justificatifs. Il s'ensuit que l'ordonnance n° 2401734 du 13 février 2024 doit être regardée comme ayant été entièrement exécutée avant l'introduction de la requête. Dès lors, la demande de M. A tendant à ce que le juge des référés du tribunal administratif de Paris modifie l'injonction qu'il a prononcée en l'assortissant d'une astreinte, dépourvue d'objet dès l'origine, est manifestement irrecevable. Ainsi, sans qu'il y ait lieu d'accorder au requérant l'aide juridictionnelle à titre provisoire, la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions.

O R D O N N E

Article 1er : M. A n'est pas admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à Me Goeau-Brissonnière et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet de police.

Fait à Paris, le 19 juin 2024.

Le juge des référés,

F. Ho Si Fat

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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