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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2414585

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2414585

mardi 2 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2414585
TypeDécision
Avocat requérantLOUAFI RYNDINA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 5 juin 2024, M. A, représenté par Me Louafi Ryndina, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet de police de procéder à la rectification de son dernier récépissé par le retrait de la mention qui ne lui permet pas une nouvelle entrée en France sans nouveau visa consulaire, dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) d'enjoindre au préfet de police de statuer sur sa demande de titre de séjour, dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à verser à son avocat en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie ;

- la mesure demandée est utile ;

- la demande ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

Le préfet de police, à qui la procédure a été communiquée, n'a pas produit de mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Perrin pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant sénégalais, né le 2 mai 1978, entré en France selon ses dires en 2011 a été muni d'une carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale valable jusqu'au 11 novembre 2022 et dont il a demandé le renouvellement. Il a été muni de plusieurs récépissés dont le dernier est valable jusqu'au 23 août 2024. Ce récépissé ne lui permettant pas une nouvelle entrée en France sans visa consulaire, il demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint au préfet de police de rectifier cette mention sur le récépissé, lui permettant de voyager, dans un délai de huit jours à compter de la notification de la présente ordonnance.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

3. En l'espèce, il résulte de l'instruction que le préfet de police a délivré en dernier lieu à l'intéressé un récépissé de demande de carte de séjour, le 24 mai 2024, valable jusqu'au 23 août 2024, qui, s'il ne l'autorise pas à voyager, lui permet de travailler. Dans ces circonstances, et dans la mesure où le requérant ne fait valoir aucune obligation d'effectuer un voyage en dehors de l'espace Schengen avant cette date, la condition d'urgence ne peut être considérée comme satisfaite. Par suite, la requête de M. A ne pourra qu'être rejetée selon la procédure de l'article L. 522-3 du code de justice administrative. En outre, en l'absence d'urgence à ce qu'il soit statué sur la requête, M. A n'est pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à Me Louafi Ryndina et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet de police.

Fait à Paris, le 2 juillet 2024.

La juge des référés,

A. Perrin

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision./9

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