samedi 6 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2416818 |
| Type | Décision |
| Formation | 8e Section - MESD |
| Avocat requérant | PIGOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 juin 2024 et un mémoire enregistré le 5 juillet 2024, M. B F C demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 20 juin 2024 par lequel le préfet de police lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a désigné le pays de destination ; à titre subsidiaire, de suspendre cette décision dans l'attente de la décision à prendre par la Cour nationale du droit d'asile ;
3°) d'enjoindre au préfet compétent de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, assortie d'une autorisation de travail, dans un délai de trois jours de la notification du jugement sous astreinte de 100 euros par jour de retard ; à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet compétent de réexaminer sa situation afin de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
S'agissant de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français :
- elle a été édictée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière au cours de laquelle son droit d'être entendu a été méconnu ;
- elle méconnaît sa situation personnelle et porte une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale en violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
S'agissant de la décision le privant d'un délai de départ volontaire :
- elle a été édictée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale en conséquence de l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français ;
- il ne représente pas une menace pour l'ordre public ;
- il présente des garanties de représentation suffisantes.
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- elle a été édictée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale en conséquence de l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français ;
- il serait exposé en cas de retour dans son pays d'origine à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
S'agissant des décisions lui faisant interdiction de retourner sur le territoire français :
- elle a été édictée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale en conséquence de l'illégalité des décisions lui faisant obligation de quitter le territoire français et le privant d'un délai de départ volontaire ;
- en lui faisant interdiction de retourner sur le territoire français, le préfet de police a commis une erreur d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Le président du tribunal administratif de Paris a délégué M. E pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles L. 614-7 à L. 614-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en application des articles R. 776-14 à R. 776-28 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. E,
- les observations de Me Leterme, substituant Me Pigot, avocat commise d'office, représentant M. F C, assisté de M. F, interprète en langue somali. M. F C soutient également, d'une part, qu'étant bénéficiaire de la protection subsidiaire en Italie, le préfet de police ne pouvait prononcer à son encontre une obligation de quitter le territoire français sous peine de méconnaître les dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et, d'autre part, que l'Italie ayant refusé sa réadmission, en désignant l'Italie comme pays à destination duquel il, pourrait être reconduit, le préfet de police a commis une erreur de droit ;
- les observations de Me Jacquard, avocat, représentant le préfet de police, qui conclut au rejet de la requête au motif que ses moyens ne sont pas fondés.
Considérant ce qui suit :
1. M. F C, ressortissant somalien né le 19 février 1990, déclare être entré en France en décembre 2018. Il a fait l'objet de deux arrêtés du 20 juin 2024 par lesquels le préfet de police lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a désigné l'Italie comme pays de destination et lui a fait interdiction de retourner sur le territoire français pendant vingt-quatre mois.
Sur les conclusions tendant à l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre M. F C, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
3. En premier lieu, par un arrêté n° 2024-00349 du 18 mars 2024, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial, le préfet de police a donné délégation à M. D G, attaché d'administration de l'Etat, signataire de l'arrêté attaqué, pour signer tous les actes dans la limite de ses attributions, au nombre desquelles figure la police des étrangers. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté attaqué doit être écarté.
4. En deuxième lieu, l'arrêté du 20 juin 2024 attaqué comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision faisant obligation à M. F C de quitter le territoire français et notamment les dispositions du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont le préfet de police a fait application et les suites défavorables données à ses demandes d'asile successives. L'arrêté attaqué satisfait ainsi aux exigences de motivation résultant des dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
5. En troisième lieu, il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne, notamment de son arrêt C-383/13 M. A, N. R./Staatssecretaris van Veiligheid en Justitie du 10 septembre 2013, que toute irrégularité dans l'exercice des droits de la défense lors d'une procédure administrative concernant un ressortissant d'un pays tiers en vue de son éloignement ne saurait constituer une violation de ces droits et, en conséquence, que tout manquement, notamment, au droit d'être entendu n'est pas de nature à entacher systématiquement d'illégalité la décision prise. Il revient à l'intéressé d'établir devant le juge chargé d'apprécier la légalité de cette décision que les éléments qu'il n'a pas pu présenter à l'administration auraient pu influer sur le sens de cette décision et il appartient au juge saisi d'une telle demande de vérifier, lorsqu'il estime être en présence d'une irrégularité affectant le droit d'être entendu, si, eu égard à l'ensemble des circonstances de fait et de droit spécifiques de l'espèce, cette violation a effectivement privé celui qui l'invoque de la possibilité de mieux faire valoir sa défense dans une mesure telle que cette procédure administrative aurait pu aboutir à un résultat différent. En l'espèce, si M. F C fait valoir qu'il n'a pas été entendu préalablement à l'édiction de la décision attaquée, il ne se prévaut d'aucun élément qui aurait pu influer sur le sens de la décision qu'il conteste. Par suite son moyen doit être écarté.
6. En quatrième lieu, si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté la demande d'asile de M. F C au motif que ce dernier bénéficierait de la protection subsidiaire en Italie, il n'est pas établi au vu des pièces du dossier et des échanges contradictoires tenus à l'audience que l'intéressé serait réellement bénéficiaire d'une telle protection. Par suite le moyen tiré de ce que le requérant ne pourrait fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français pour ce motif manque en fait et ne peut, dès lors, qu'être écarté.
7. En cinquième lieu, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales dispose que : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Pour l'application de ces stipulations, il appartient à l'autorité administrative qui envisage d'éloigner un étranger du territoire français d'apprécier, sous le contrôle du juge, si eu égard notamment à la durée et aux conditions de son séjour, ainsi qu'à la nature et à l'ancienneté de ses liens personnels et familiaux sur le territoire français, l'atteinte que cette mesure porterait à sa vie privée et familiale serait disproportionnée au regard des buts en vue desquels cette décision serait prise.
8. En l'espèce, M. F C affirme être entré le France le 14 décembre 2018 selon ses propres déclarations. S'il soutient que la décision attaquée porterait une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale, il ressort des pièces du dossier qu'il est célibataire et sans enfant, qu'il est dépourvu de toute insertion socioprofessionnelle et que des éléments objectifs, précis et concordants le situent au sein d'un réseau d'activités délictueuses s'exerçant dans le nord de Paris. Il n'est pas établi, dans ces conditions, qu'en faisant obligation à M. F C de quitter le territoire français, le préfet de police aurait porté à la vie privée et familiale de ce dernier une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels sa décision a été prise. Par suite le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
En ce qui concerne le refus de délai de départ volontaire :
9. En premier lieu, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté par adoption des motifs énoncés au point 3 du présent jugement.
10. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise notamment les dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il fait application et indique que M. F C est privé d'un délai de départ volontaire aux motifs que l'intéressé ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale et que son comportement constitue une menace pour l'ordre public. L'arrêté attaqué énonce ainsi suffisamment les considérations de fait et de droit qui constituent le fondement de la décision attaquée, permettant à l'intéressé d'en comprendre les motifs et de les discuter utilement. Par suite le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision susvisée doit être écarté.
11. En troisième lieu, l'illégalité de la décision faisant obligation à M. F C de quitter le territoire français n'étant pas établie, le moyen tiré de l'exception d'illégalité d'une telle décision soulevé au soutien des conclusions susvisées ne peut qu'être écarté.
12. En quatrième lieu, si M. F C conteste les faits délictueux qui lui sont imputés, pour lesquels il n'a pas été pénalement condamné, et qu'il est, dès lors, présumé innocent, en estimant néanmoins que sa présence sur le territoire national représente une menace pour l'ordre public au vu de ce que son comportement a été signalé par les services de police judiciaire à la préfecture le 18 juin 2024 comme auteur possible de faits de trafic et usage de stupéfiants, il ressort des pièces du dossier que le préfet de police s'est fondé sur des éléments objectifs, précis et concordants et n'a pas commis, dans ces conditions, d'erreur de fait.
13. En cinquième lieu, alors même que M. F C bénéficie d'une déclaration de domiciliation, il ne ressort pas pour autant des pièces du dossier qu'il justifierait d'une résidence effective et permanente.
14. En sixième lieu, alors même que M. F C présenterait des garanties de représentation suffisantes, le préfet de police, qui pouvait se fonder sur les seuls éléments résultant des points 12 et 13 du présent jugement, n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en refusant de lui accorder un délai de départ volontaire.
En ce qui concerne la désignation d'un pays de destination :
15. Aux termes de l'article L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative fixe, par une décision distincte de la décision d'éloignement, le pays à destination duquel l'étranger peut être renvoyé en cas d'exécution d'office d'une décision portant obligation de quitter le territoire français () " Aux termes de l'article L. 721-4 du même code : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; 2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ; 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible. ".
16. En l'espèce, ainsi qu'il a été exposé au point 6 du présent jugement, il n'est pas établi au vu des pièces du dossier que M. F C serait légalement admissible en Italie. Dans ces conditions, en fixant l'Italie comme pays de destination, le préfet de police a méconnu les dispositions précitées. Par suite et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, la décision du préfet de police fixant l'Italie comme pays de destination doit être annulée.
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
17. En premier lieu, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté par adoption des motifs énoncés au point 3 du présent jugement.
18. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ". Il ressort de ces dispositions que l'autorité compétente, en l'absence de circonstance humanitaire, doit, pour fixer la durée de l'interdiction de retour qu'elle entend prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. La décision d'interdiction de retour doit, d'une part, comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs et, d'autre part, attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi. Il incombe ainsi à l'autorité compétente qui prend une décision d'interdiction de retour d'indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l'étranger et de faire état des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément.
19. En l'espèce, la décision attaquée vise les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont elle fait application et indique que M. F C, qui allègue être entré en décembre 2018 et ne peut se prévaloir de liens suffisamment anciens, forts et caractérisés avec la France, étant constaté qu'il se déclare marié sans enfant sans en rapporter la preuve, représente également une menace pour l'ordre public, son comportement ayant été signalé par les services de police le 18 juin 2024 pour trafic et usage de stupéfiants. Dans ces conditions, la décision attaquée est motivée de manière conforme aux dispositions citées et aux principes rappelés au point 18 du présent jugement.
20. En troisième lieu, l'illégalité des décisions faisant obligation à M. F C de quitter le territoire français sans délai n'étant pas établie, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de telles décisions, soulevé au soutien des conclusions susvisées, ne peut qu'être écarté.
21. En quatrième lieu, eu égard aux éléments cités au point 8 du présent jugement, le préfet de police n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en édictant à l'encontre de M. H une interdiction de retourner sur le territoire français pendant vingt-quatre mois.
Sur les conclusions à fin de suspension :
22. Aux termes de l'article L. 752-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français, notifiée antérieurement à la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, est devenue définitive, l'étranger qui fait l'objet, postérieurement à la décision de l'office, d'une assignation à résidence, ou d'un placement en rétention administrative dans les conditions prévues aux titres III et IV en vue de l'exécution de cette décision portant obligation de quitter le territoire français, peut, dans un délai de quarante-huit heures suivant la notification de la décision d'assignation à résidence ou de placement en rétention, demander au président du tribunal administratif de suspendre l'exécution de la décision portant obligation de quitter le territoire français. ".
23. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que la demande d'asile de M. F C a été rejetée par décision de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides du 7 septembre 2023 devenue définitive. Une seconde demande d'asile a été rejetée par l'office français de protection des réfugiés et apatrides le 9 janvier 2024 pour irrecevabilité, qui a été contestée devant la cour nationale du droit d'asile par un recours pendant à la date de la décision attaquée. M. F C, qui demande la suspension de la décision portant obligation de quitter le territoire français, ne présente cependant pas, au soutien de sa requête, d'éléments sérieux qui seraient de nature à justifier, au titre de sa demande d'asile, son maintien sur le territoire durant l'examen de son recours par la Cour nationale du droit d'asile. Il résulte de ce qui précède que ses conclusions à fin de suspension doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
24. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation dirigés contre les décisions faisant obligation de quitter le territoire français sans délai et d'interdiction de retourner sur ce territoire, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte de M. F C ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
25. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat de sommes en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E
Article 1er : M. F C est admis à l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : L'arrêté du préfet de police du 20 juin 2024 est annulé en tant qu'il mentionne l'Italie comme étant au nombre des pays à destination desquels M. F C sera susceptible d'être reconduit.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. F C est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B F C au préfet de police.
Lu en audience publique le 6 juillet 2024.
Le magistrat désigné,
A. E
Le greffier,
Y. Fadel
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/8
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2606789
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B... visant à annuler l'arrêté du préfet de police prolongeant son interdiction de retour sur le territoire français. La juridiction a jugé que la décision contestée était suffisamment motivée et ne méconnaissait pas les exigences légales, notamment celles du code de l'entrée et du séjour des étrangers (articles L. 612-6, L. 612-10 et L. 612-11). Elle a également estimé que cette mesure ne portait pas une atteinte disproportionnée aux droits de M. B... au regard de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2606780
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... visant à annuler son interdiction de retour sur le territoire français. La juridiction a estimé que l'arrêté préfectoral était légal, notamment car l'auteur de l'acte était compétent et que la motivation, examinant les critères de l'article L. 612-10 du CESEDA, était suffisante. Le tribunal a toutefois prononcé l'admission provisoire de l'intéressé au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2607042
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... visant à annuler un arrêté d'interdiction de retour sur le territoire français. La juridiction a jugé que le préfet de police était compétent pour prendre cette décision et que la motivation de l'arrêté, qui se fonde sur le maintien irrégulier de l'intéressé au-delà de son délai de départ volontaire, était suffisante au regard des articles L. 612-7 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le tribunal a toutefois prononcé l'admission provisoire de M. A... au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2606511
Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi d'un recours pour excès de pouvoir contre une décision de l'OFII mettant fin aux conditions matérielles d'accueil d'un demandeur d'asile yéménite. Le tribunal a rejeté la demande d'annulation, estimant que la décision de l'OFII, motivée par le défaut de déclaration d'une protection internationale antérieure en Grèce, était suffisamment motivée et respectait les exigences procédurales. La juridiction a appliqué les dispositions de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que la directive européenne 2013/33/UE.
03/04/2026