mardi 17 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2417657 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 4e Section - 3e Chambre - OQTF 6 sem. |
| Avocat requérant | GALINDO SOTO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 juin 2024 et un mémoire de production enregistré le 6 juillet 2024, M. C, représenté par Me Galindo Soto, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté pris par le préfet de Police le 26 juin 2024 portant obligation de quitter le territoire français sans délai, ordonnant sa reconduction à la frontière à destination du pays dont il a la nationalité et fixant le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer une carte de séjour temporaire d'un an portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard et, plus généralement de l'admettre au séjour et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour en vue de démarches auprès de l'autorité administrative compétente, dans le délai de deux jours et de réexaminer sa situation administrative dans le délai d'un mois ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à son conseil, au titre de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les décisions attaquées sont entachées d'une insuffisance de motivation ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire sans délai est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle et de qualification des faits qui lui sont reprochés ;
- la décision fixant le pays de destination méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B en application des dispositions de l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique, en présence de Mme Rajaobelison, greffière d'audience.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant de nationalité marocaine, né le 18 juillet 2025 est entré en France le 21 avril 2020. Par un arrêté du 26 juin 2024, pris sur le fondement du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet de police l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et a ordonné sa reconduite à la frontière à destination du pays dont il a la nationalité. Par la présente requête, M. C demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
2. En premier lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". L'arrêté attaqué comporte les considérations de droit, en visant notamment l'article L. 611-1 1° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sur le fondement desquelles il a été pris et, indique également avec suffisamment de précisions les circonstances de fait sur lesquelles il est fondé, tirées notamment de l'entrée irrégulière du requérant, de l'absence de sollicitation de délivrance de titre de séjour, de l'absence de documents d'identité et de voyage encours de validité, de l'atteinte à l'ordre public caractérisée par un signalement des services de police du 26 juin 2024 pour des faits de vols et de la circonstance que l'intéressé se déclare célibataire et sans charge de famille. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
3. En troisième lieu, si M. C, argue de ce que le préfet aurait méconnu sa situation personnelle en refusant de prendre en considération sa vulnérabilité liée à son état de santé et aurait commis une erreur de qualification des faits en retenant des faits de vols pour caractériser une atteinte à l'ordre public, il ressort des pièces du dossier que, d'une part le requérant ne produit aucun élément, notamment médical, de nature à justifier de la vulnérabilité alléguée et, que d'autre part, les infractions sur lesquels se fondent le préfet sont constatées par le procès-verbal d'audition du 26 juin corroborant les signalements pour vols avec violence, recel de vol et agressions sexuelles commis entre 2021 et 2024 et mentionnés sur le rapport de d'identification dactyloscopique du 26 juin 2024 produit au dossier par le requérant. Dans ces conditions, M. C n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et que le préfet se serait abstenu de procéder à un examen de sa situation personnelle.
5. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision () ". Aux termes de l'article L. 612-2 de ce même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1°) le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public / () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". L'article L. 612-3 dudit code dispose que " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, () / ". Pour refuser à M. C le bénéfice de l'octroi d'un délai de départ volontaire, le préfet s'est fondé sur le motif, que son comportement représente une menace pour l'ordre public, qu'il est entré irrégulièrement sur le territoire et n'a pas sollicité de titre de séjour et, qu'il ne présente pas de garanties de représentations suffisantes. Dans ces conditions, c'est sans erreur de droit, ni erreur manifeste d'appréciation que le préfet de police a estimé que le risque mentionné à l'article L. 612-2 précité était établi et a refusé d'accorder un délai de départ volontaire à M. C, qui, en tout état de cause et, contrairement à ce qu'il soutient, ne justifie pas en l'état du dossier des garanties dont il allègue et notamment d'une adresse stable. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision refusant de lui octroyer un délai de départ volontaire, serait entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation ne peut qu'être écarté.
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6. En quatrième lieu, aux termes des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ". Il ne ressort d'aucune des allégations de M. C et d'aucune des pièces du dossier que, le requérant de nationalité marocaine, serait soumis dans son pays d'origine à un risque de traitement inhumain ou dégradant. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être donc écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C, doit être rejetée en toutes ses conclusions y compris injonctives ainsi, par voie de conséquence, que celles tendant à l'application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à Me Galindo Soto et au préfet de police.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 septembre 2024.
Le magistrat désigné,
J.P. BLa greffière,
F. Rajaobelison
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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