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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2417670

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2417670

mardi 2 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2417670
TypeOrdonnance
Avocat requérantKADOCH

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 1er juillet 2024, M. F et Mme E, représenté par Me Kadoch, demande au juge des référés :

1°) de les admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) de modifier, sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, l'article 2 de l'ordonnance n° 2416986 du 27 juin 2024, afin d'enjoindre à l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) de leur proposer un hébergement pouvant les accueillir et d'assurer leur accompagnement social sans délai et sous astreinte de 300 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'OFII la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à verser à leur conseil, en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Par un mémoire en défense, enregistré le 1er juillet 2024, accompagnée d'une pièce enregistrée le 2 juillet 2024 à 14 heures 24, le directeur général de l'office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Simonnot pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Par une ordonnance n° 2416986 du 27 juin 2024, le juge des référés du tribunal administratif de Paris a, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, enjoint à l'OFII de proposer à M. F et Mme E un hébergement d'urgence pouvant les accueillir et d'assurer leur accompagnement social au plus tard le 28 juin 2024. M. F et Mme E font valoir que l'OFII n'a pas exécuté cette ordonnance. Dès lors, M. F et Mme E demande, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, d'en modifier le dispositif afin d'enjoindre à l'OFII de leur proposer un hébergement d'urgence pouvant les accueillir et d'assurer leur accompagnement social sans délai et sous astreinte de 300 euros par jour de retard.

Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. ". Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'admettre M. F au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire

Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 521-4 du code de justice administrative :

3. Aux termes de l'article L. 521-4 du code de justice administrative : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin ".

4. En application de ces dispositions, la personne intéressée peut demander au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, d'assurer l'exécution des mesures ordonnées demeurées sans effet par de nouvelles injonctions et une astreinte.

5. M. F et Mme E font valoir que malgré le dépassement du délai imparti pour l'exécution de l'ordonnance objet de la demande modification, ils n'ont reçu aucune proposition d'hébergement. L'OFII, à qui la présente requête a été communiquée le 1er juillet 2024, a présenté ses observations et soutient que l'injonction prononcée par le juge des référés par l'ordonnance n° 2416986 du 27 juin 2024 a bien été exécutée. S'il ressort des pièces du dossier qu'une place pour personne à mobilité réduite, adaptée au handicap de M. F, a été identifié à Amiens (80) par le dispositif national d'hébergement de l'OFII, il n'en résulte pas, non plus que des débats à l'audience, que la proposition de cet hébergement ait été effectivement faite aux requérants à cette date, soit déjà plus de trois jours après l'expiration du délai imparti à l'office. Compte tenu de l'état de santé de M. F, qui a été admis à l'hôpital à raison de la dégradation de son état de santé, son hébergement et celui de Mme E présente une urgence toute particulière. La production par l'OFII, quelques minutes avant l'audience, d'une convocation des requérants au siège de l'office territorial de Paris le 3 juillet 2024 munis d'une liste des pièces - dont un justificatif d'hébergement - qu'ils ne sont pas en mesure de produire compte tenu de leur situation, n'atteste pas l'exécution de l'injonction objet de la présente instance. Dès lors, en application des dispositions précitées de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, il y a lieu de modifier l'article 2 de l'ordonnance n° 2416986 du 27 juin 2024 pour enjoindre à l'OFII de proposer aux requérants un hébergement d'urgence pouvant les accueillir et d'assurer leur accompagnement social sans délai et sous astreinte de 150 euros par jour de retard.

Sur les frais d'instance :

5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions combinées e l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

O R D O N N E :

Article 1er : M. F est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : L'article 2 de l'ordonnance n° 2416986 du 27 juin 2024 est modifié comme suit : " Il est enjoint à l'Office français de l'immigration et de l'intégration, sous réserve d'un changement dans les circonstances de droit ou de fait, de proposer à M. F et Mme E un hébergement d'urgence pouvant les accueillir et d'assurer leur accompagnement social sans délai et sous astreinte de 150 (cent-cinquante) euros par jour de retard, passé un délai de vingt-quatre heures à compter de la notification de l'ordonnance. ".

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B F, à Mme A E, au directeur général l'Office français de l'immigration et de l'intégration, et à Me Kadoch.

Fait à Paris, le 2 juillet 2024.

Le juge des référés,

J.-F. Simonnot

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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