mercredi 17 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2418412 |
| Type | Décision |
| Formation | 8e Section - MESD |
| Avocat requérant | SCHWILDEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 juillet 2024, M. B A, alors retenu au centre de rétention administrative de Paris, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 5 juillet 2024 par lequel le préfet de police lui a fait interdiction de retourner sur le territoire français pour une durée de
12 mois.
M. A doit être regardé comme soutenant que :
- la décision contestée a été signée par une autorité incompétente,
- elle est insuffisamment motivée,
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation.
Le préfet de police a produit des pièces, qui ont été enregistrées le 16 juillet 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. D en application de l'article R. 776-15 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. D,
- et les observations de Me Barbu, avocate commise d'office pour M. A,
- les observations de M. A, assisté d'un interprète en soninké,
- et les observations de Me Camus pour le préfet de police, qui conclut au rejet de la requête en l'absence de tout moyen fondé.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant malien né le 11 novembre 1990 à Didime, a fait l'objet le 23 juin 2024 d'un arrêté l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, fixant son pays de destination et lui interdisant de retourner sur le territoire français pour une durée de deux ans.
M. A a demandé au tribunal d'annuler ces décisions par une requête enregistrée le 24 juin 2024 sous le n° 2416977. Par une décision du 4 juillet 2024, le magistrat désigné du présent tribunal a annulé la décision du préfet de police en date du 23 juin 2024 lui interdisant de retourner sur le territoire français pour une durée de deux ans et a rejeté le surplus de ses conclusions. Suite à ce jugement, le préfet de police a pris le 5 juillet 2024 un nouvel arrêté par lequel il a interdit à
M. A de retourner sur le territoire français pour une durée d'un an. Par la présente requête, ce dernier en demande l'annulation.
2. En premier lieu, par un arrêté n° 2024-00349 du 18 mars 2024 régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial, le préfet de police a donné délégation à M. C E, adjoint à la cheffe du bureau à la lutte contre l'immigration irrégulière, signataire de l'arrêté attaqué, pour signer tous les actes dans la limite de ses attributions, au nombre desquelles figure la police des étrangers. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée doit être écarté.
3. En deuxième lieu, la décision contestée comporte l'exposé des considérations de droit et de fait sur lesquelles s'est fondé le préfet de police pour interdire à M. A de retourner sur le territoire français pour une durée d'un an. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de sa motivation doit être écarté.
4. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et
L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. ".
5. En l'espèce, M. A ne conteste pas les énonciations de l'arrêté litigieux selon lesquelles il est célibataire et sans enfant. Par les pièces qu'il a produites à l'appui de la présente requête, il ne justifie résider en France que depuis octobre 2022, date à compter de laquelle il a commencé à travailler dans la restauration sous un nom d'emprunt. Il démontre ainsi résider sur le territoire national depuis seulement un peu plus d'un an et demi à la date de la décision contestée. Dans ces conditions, quand bien même il n'a pas fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement et n'a pas menacé l'ordre public, dès lors qu'il n'a été signalé qu'à une seule reprise, le 22 juin 2024, pour avoir cherché à obtenir, dans le cadre de son activité professionnelle, une accréditation requise pendant les Jeux Olympiques d'été pour se rendre dans certains secteurs de Paris en se prévalant d'une identité qui n'était pas la sienne, le préfet de police n'a pas méconnu les dispositions précitées en lui interdisant de retourner sur le territoire français pour une durée d'un an.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation du requérant doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de police.
Lu en audience publique le 17 juillet 2024.
Le magistrat désigné,
V. D
La greffière,
D. PERMALNAICKLa République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2418412/8
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2606789
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B... visant à annuler l'arrêté du préfet de police prolongeant son interdiction de retour sur le territoire français. La juridiction a jugé que la décision contestée était suffisamment motivée et ne méconnaissait pas les exigences légales, notamment celles du code de l'entrée et du séjour des étrangers (articles L. 612-6, L. 612-10 et L. 612-11). Elle a également estimé que cette mesure ne portait pas une atteinte disproportionnée aux droits de M. B... au regard de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2606780
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... visant à annuler son interdiction de retour sur le territoire français. La juridiction a estimé que l'arrêté préfectoral était légal, notamment car l'auteur de l'acte était compétent et que la motivation, examinant les critères de l'article L. 612-10 du CESEDA, était suffisante. Le tribunal a toutefois prononcé l'admission provisoire de l'intéressé au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2607042
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... visant à annuler un arrêté d'interdiction de retour sur le territoire français. La juridiction a jugé que le préfet de police était compétent pour prendre cette décision et que la motivation de l'arrêté, qui se fonde sur le maintien irrégulier de l'intéressé au-delà de son délai de départ volontaire, était suffisante au regard des articles L. 612-7 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le tribunal a toutefois prononcé l'admission provisoire de M. A... au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2606511
Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi d'un recours pour excès de pouvoir contre une décision de l'OFII mettant fin aux conditions matérielles d'accueil d'un demandeur d'asile yéménite. Le tribunal a rejeté la demande d'annulation, estimant que la décision de l'OFII, motivée par le défaut de déclaration d'une protection internationale antérieure en Grèce, était suffisamment motivée et respectait les exigences procédurales. La juridiction a appliqué les dispositions de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que la directive européenne 2013/33/UE.
03/04/2026