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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2418810

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2418810

jeudi 24 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2418810
TypeOrdonnance
Avocat requérantDE SEZE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 10 juillet 2024, M. B A, représenté par Me de Sèze, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet de police a refusé de lui délivrer une carte de résident en qualité de réfugié ;

3°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de lui délivrer, à titre principal, une carte de résident ou, à titre subsidiaire, une attestation de prolongation d'instruction l'autorisant à travailler, dans un délai de dix jours et sous astreinte de cinquante euros par jour de retard ;

4°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet territorialement compétent de réexaminer sa situation dans un délai de dix jours et sous astreinte de cinquante euros par jour de retard ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 août 2024, le préfet de police conclut, d'une part, au non-lieu-à-statuer sur les conclusions de la requête a fin d'annulation dès lors qu'une carte de résident valable du 20 juillet 2024 au 19 juillet 2034, en cours de fabrication, a été octroyée au requérant et qu'il a été mis en possession d'une attestation de prolongation d'instruction valable du 11 juillet 2024 au 10 janvier 2025, d'autre part, au rejet des conclusions à fin d'injonction ainsi que celles relatives au frais de l'instance.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique,

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () et les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 3' Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ()5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; () ".

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. ".

3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer, en application des dispositions citées ci-dessus, l'admission de M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Sur les conclusions à fins d'annulation et d'injonction :

4. Il résulte de l'instruction et n'est pas contesté par M. A que, postérieurement à l'introduction de la requête, le préfet de police a décidé de lui délivrer une carte de résident valable du 20 juillet 2024 au 19 juillet 2034 et qu'il a été mis en possession d'une attestation de prolongation d'instruction valable du 11 juillet 2024 au 10 janvier 2025 dans l'attente de la fabrication et de la remise de la carte de résident. Dans ces conditions, M. A doit être regardé comme ayant obtenu satisfaction en cours d'instance. Par suite, les conclusions de M. A tendant à l'annulation de la décision implicite par laquelle le préfet de police a refusé de lui délivrer une carte de résident en qualité de réfugié ainsi que ses conclusions à fin d'injonction sont devenues sans objet.

Sur les frais liés à l'instance :

5. M. A a été admis à l'aide juridictionnelle à titre provisoire. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me De Sèze, avocat de M. A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à la mission de l'aide juridictionnelle qui lui a été confiée et de l'admission définitive de M. A au bénéfice de cette aide, de mettre à la charge de l'Etat le versement au profit de cet avocat de la somme de 1000 euros.

O R D O N N E :

Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête à fins d'annulation et d'injonction de M. A.

Article 3 : L'Etat versera la somme de 1000 euros à Me de Sèze, en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve de l'admission définitive de M. A à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me de Sèze renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, au préfet de police et à Me de Sèze.

Copie en sera adressée au bureau d'aide juridictionnelle.

Fait à Paris, le 24 octobre 2024.

Le président de la 2ème section,

J.-F. SIMONNOT

La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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