lundi 15 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2419032 |
| Type | Ordonnance |
| Avocat requérant | GOEAU-BRISSONNIERE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 juillet 2024, M. A md B, représenté par Me Goeau-Brissonnière, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) de suspendre l'exécution de la décision du 10 juillet 2024 par laquelle le préfet de police a refusé d'enregistrer sa demande d'asile en procédure normale, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
3°) d'enjoindre au préfet de police d'enregistrer sa demande d'asile en procédure normale et de lui délivrer une attestation de demande d'asile dans un délai de 15 jours à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à son conseil au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative ou à lui verser si le bénéfice de l'aide juridictionnelle ne lui est pas accordé.
Il soutient que :
- la condition relative à l'urgence est remplie dès lors qu'il se trouve dans l'impossibilité de déposer une demande d'asile et peut être éloigné à tout moment ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée qui :
.méconnaît les articles 29 du règlement (UE) n° 604/2013 et 9 du règlement (CE) n° 1560/2003 en ce qu'il n'est pas établi que les autorité roumaines ont été informées de son placement en fuite,
.méconnaît le paragraphe 2 de l'article 29 du règlement (UE) n° 604/2013 et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation en ce qu'il a été déclaré en fuite.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le n° 2419031 tendant à l'annulation de la décision dont la suspension est demandée.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Dhiver, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. M. B, ressortissant bangladais né le 15 février 2000 ayant fait l'objet d'un arrêté de transfert pris par le préfet de police le 20 juin 2023, n'établit pas qu'il s'est présenté en préfecture le 10 juillet 2024 et qu'il se serait vu refuser l'enregistrement de sa demande d'asile. Il suit de là que sa requête tendant à la suspension d'une telle décision est manifestement irrecevable et qu'elle doit être rejetée en toutes ses conclusions par application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative. Par ailleurs, il n'y a pas lieu d'admettre provisoirement M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
O R D O N N E :
Article 1er : M. B n'est pas admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A md B et à Me Goeau-Brissonnière.
Copie en sera adressée au bureau d'aide juridictionnelle.
Fait à Paris, le 15 juillet 2024.
La juge des référés,
M. DHIVER
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.