mercredi 24 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2419593 |
| Type | Décision |
| Avocat requérant | GOEAU-BRISSONNIERE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 juillet 2024, Mme A B, représentée par Me Goeau-Brissonniere, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 15 juillet 2024 par laquelle le préfet de police aurait refusé de lui délivrer un récépissé de première demande de titre de séjour ;
3°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un récépissé de première demande de titre de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de sept jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros, à verser à son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, ou à lui verser directement dans le cas où l'aide juridictionnelle ne lui serait pas accordée.
Elle soutient que :
Sur l'urgence :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors que la décision de refus de délivrance d'un récépissé la maintient en situation irrégulière et la place donc dans une situation de grande précarité pendant une durée anormalement longue, alors qu'elle a déposé un dossier complet de demande de titre de séjour ;
Sur l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige :
- la décision en litige méconnaît l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 2419594, enregistrée le 18 juillet 2024, par laquelle Mme B demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Gualandi pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Henry, greffière d'audience, M. Gualandi a lu son rapport.
Mme B et le préfet de police, dûment convoqués, n'étaient ni présents ni représentés.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante philippine, née le 1er février 1985, a sollicité le 15 juillet 2024 son admission au séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le même jour, le préfet de police lui a remis un document portant confirmation de dépôt de sa demande, qui précise qu'il ne constitue pas une preuve de la régularité de son séjour ni ne permet l'ouverture des droits associés à un séjour régulier. Mme B doit être regardée comme demandant au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision, révélée par la délivrance de ce seul document, de refuser de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour.
Sur la demande d'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ". Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer, en application de ces dispositions, l'admission de Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur le surplus des conclusions de la requête :
3. Mme B soutient que la décision en litige la maintient en situation irrégulière et qu'elle risque à tout moment d'être éloignée du territoire français, alors qu'elle a sollicité son admission exceptionnelle au séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étranges et du droit d'asile. Toutefois, alors que le délai écoulé entre le dépôt de la demande de titre de séjour, le 15 juillet 2024, et l'introduction de la requête, le 18 juillet 2024, n'excède pas le délai normal de vérification de la complétude du dossier et alors que Mme B n'apporte aucun élément permettant de justifier de cette complétude, le document remis à l'intéressée le 15 juillet 2024 ne suffit pas par lui-même à révéler le refus du préfet de police de lui délivrer le récépissé de demande de titre de séjour prévu par l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En tout état de cause, il résulte de l'instruction que Mme B se maintenait jusqu'alors en situation irrégulière sur le territoire français et, alors que sa requête ne comporte aucun élément circonstancié sur sa situation personnelle, elle n'apporte pas de justifications suffisantes établissant l'existence d'une situation d'urgence. Dans ces conditions, la condition d'urgence prévue par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme satisfaite.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de Mme B tendant à la suspension de l'exécution de la décision par laquelle le préfet de police aurait refusé de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour doivent être rejetées. Doivent également être rejetées, par voie de conséquence, les conclusions de la requérante aux fins d'injonction et d'astreinte, ainsi que celles tendant à l'application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1 : Mme B est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C, à Me Goeau-Brissonniere et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de police et au bureau d'aide juridictionnelle.
Fait à Paris le 24 juillet 2024
Le juge des référés,
M. GUALANDI
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.