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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2419601

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2419601

samedi 20 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2419601
TypeOrdonnance
Avocat requérantPIGOT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 18 juillet 2024, M. B, représenté par Me Pigot, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, au préfet de police, dans un délai de 48 heures à compter de la notification de l'ordonnance et sous astreinte de 200 euros par jour de retard, de lui remettre une attestation de prolongation d'instruction maintenant ses droits au séjour et au travail pendant la durée de cet examen ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'urgence est jussiée ne disposant plus depuis le 13 juin 2024 d'un document de nature à établir la régularité de son séjour en France alors qu'il a sollicité le renouvellement de son titre de séjour " passeport talent mention chercheur " expiré le 30 septembre 2022 ; il a signé une convention d'accueil d'un chercheur ou d'un enseignant étranger avec l'INRIA Saclay Ile-de-France le 9 juillet 2024 qui prendra effet le 1er septembre prochain et dont l'exécution est soumise à la condition qu'il présente un titre l'autorisant à séjourner et travailler en France ; en outre, il doit voyager au mois d'août en Allemagne pour visiter la famille de sa compagne ;

- l'abstention de la préfecture de police de répondre à ses demandes pour le déblocage de son compte ANEF constitue une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté " de travailler, la liberté d'aller et venir et la liberté de circulation.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Enfin, en vertu du premier alinéa de l'article R. 522-1 du code, la requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit justifier de l'urgence de l'affaire.

2. Il n'y a urgence à ordonner la suspension d'une décision administrative que s'il est établi qu'elle préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du demandeur ou aux intérêts qu'il entend défendre. En outre, lorsque le requérant fonde son intervention non sur la procédure de suspension régie par l'article L. 521-1 du code de justice administrative, mais sur la procédure de protection particulière instituée par l'article L. 521-2 de ce code, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par l'article L. 521-2 soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.

3. Si M. B fait valoir qu'il ne dispose plus depuis le 13 juin 2024 d'un titre autorisant son séjour en France et l'autorisant à travailler, du fait notamment du blocage de son compte ANEF, situation qui perdure en raison de l'abstention de toute réponse de la préfecture police en vue de remédier à cette situation nonobstant plusieurs demandes de sa part à cette fin. Il expose que sa situation au regard du séjour met en péril son projet de collaboration avec l'INRIA Ile-de-France à compter du 1er septembre prochain et ses projets de voyages en Allemagne le 18 août. Toutefois, il résulte de l'instruction que M. B, à la date de la présente ordonnance poursuit sa collaboration avec le laboratoire au sein duquel il effectue des recherches en vertu d'une convention conclue le 27 janvier 2023 pour la période du 1er mars 2023 au 31 août 2024. En outre il ne résulte d'aucune stipulation de cette convention ni de la suivante conclue le 9 juillet dernier, à une date à laquelle le requérant était déjà privé de tout titre, que la collaboration qui lui est offerte est soumise à la condition de disposer d'un titre de séjour l'autorisant à travailler, ce que confirme la poursuite des travaux de M. B depuis le 13 juin 2024. Ainsi, alors même que la situation de M. B est précaire au regard du séjour et qu'il doit y être remédié dans un délai court, il ne résulte pas de l'instruction, au vu des éléments qu'il apporte à l'instance, en particulier ceux relatifs à ses projets de voyage, que soit caractérisée une situation d'urgence telle que le juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, devrait ordonner les mesures qu'il demande dans le délai de quarante huit heures de sa saisine.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B ne peut qu'être rejetée.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A D B.

Fait à Paris, le 20 juillet 2024.

Le juge des référés,

J.-F. C

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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