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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2420877

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2420877

lundi 12 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2420877
TypeDécision
Avocat requérantBERTRAND

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Paris, statuant en référé, a enjoint au préfet de police de délivrer à M. C, ressortissant algérien, un récépissé de demande de titre de séjour l’autorisant à travailler, sous un délai de quinze jours. La condition d’urgence a été reconnue en raison de la précarité administrative du requérant et du risque d’éloignement. La mesure a été jugée utile et non susceptible de faire obstacle à une décision administrative. L’État a été condamné à verser 800 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, sur le fondement des articles L. 521-3 du même code et du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 1er août 2024, M. B C, représenté par

Me Bertrand, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un rendez-vous afin de se voir délivrer un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie en raison de la situation précaire dans laquelle il se trouve du fait de l'irrégularité de sa situation administrative et du risque d'éloignement qu'il encourt ;

- la mesure qu'elle sollicite est utile dans la mesure où elle constitue pour lui l'unique moyen d'obtenir un rendez-vous afin de se voir remettre un récépissé de demande de titre de séjour ;

- la mesure ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

La requête a été communiquée au préfet de police qui n'a produit aucune observation.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant algérien, né le 20 janvier 1989 à Azazga (Algérie), a sollicité la délivrance d'un titre de séjour le 30 juillet 2024. Par la présente requête, il demande au juge des référés d'enjoindre au préfet de police de lui donner un rendez-vous afin de se voir délivrer un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. "

3. Alors que le préfet de police, qui n'a pas produit de mémoire en défense, ne soutient pas que son dossier ne serait pas complet, M. C n'a pas été muni d'un récépissé de demande de titre de séjour. L'absence de récépissé contribue à sa précarité et l'expose à une mesure d'éloignement du territoire. Par suite, la condition d'urgence doit être regardée comme remplie. Enfin, la mesure tendant à ce qu'un récépissé lui soit remis est utile et ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

4. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'enjoindre au préfet de police de délivrer à M. C un récépissé dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre une somme de 800 euros à la charge de l'Etat sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il est enjoint au préfet de police de de délivrer à M. C un récépissé dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance.

Article 2 : L'Etat versera à Mme A une somme de 800 euros au titre de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie sera adressée au préfet de police.

Fait à Paris, le 12 août 2024.

La juge des référés,

K. Weidenfeld

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N° 2203204/9

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